Si les débats ont été rares, le sujet
des écoles privées n’y a pas échappé. Vendredi, le conseil municipal de
Toulon a voté la participation de la Ville aux frais de fonctionnement
des écoles privées sous contrat pour l’année 2024, ainsi que
l’attribution d’une subvention de fonctionnement de 3.000 euros à
l’association des parents d’élèves de l’enseignement libre du Var.
Le montant de 522€ pour un élève de classe élémentaire a été
maintenu, de même que celui de 963€ euros pour un élève de maternelle.
Par ailleurs, l’attribution pour financer l’achat des livres (500 € par
école), la participation aux frais de gestion de la cantine (2€ par
élève et par repas) et la contribution à la scolarité dans un
établissement privé d’une autre commune (300€) demeurent inchangés.
"Défendre l’école publique"
Pas grand-chose de nouveau sous le soleil, donc, avec la reconduction
du dispositif. Pourtant, la délibération a suscité un vif débat d’idées
au sein de la salle. André de Ubeda, élu du groupe d’opposition Toulon
en commun, s’est d’abord insurgé: "Il s’agit avant tout de défendre
l’école publique. L’enseignement et la formation, sont des fondements de
la République, du futur de notre nation, de l’ascenseur social au sens
de l’intérêt général. Or, non seulement l’école publique est en grande
souffrance, mais l’enseignement privé montre ses limites dans le domaine
du vivre-ensemble et, de surcroît, il favorise la ségrégation sociale."
Et de marteler: "Dans le Var, la situation est caricaturale. Loin
des dénégations de certaines de vos collaboratrices, Madame le maire,
la réalité, c’est le tri social. (...) Les dix premiers établissements
classés par l’indice de position sociale sont des établissements privés.
Quelle surprise!"
"La loi nous oblige", répond Josée Massi
Pour lui, cette délibération va au-delà des obligations légales, "en finançant par exemple l’association des écoles catholiques", alors que "l’école publique a besoin de beaucoup plus encore". "Vous savez tout mon attachement à l’école publique, mais la loi nous oblige", a rétorqué la maire, Josée Massi.
Le conseiller municipal d’opposition Amaury Navarranne (RN), lui, s’est vivement opposé à André de Ubeda: "J’ai
étudié et enseigné dans les deux écoles. Nulle part, je n’ai vu
ségrégation ou sélection à la bourse. Le lycée Marie-France, à Toulon,
ne choisit pas ses élèves en fonction des critères économiques. (...)
Posons-nous plutôt la question de ce qui pousse des parents aux revenus
parfois modestes à mettre leurs enfants en école privée sous contrat.
Monsieur de Ubeda, ce n’est pas en appelant à bouffer du curé que vous
changerez les choses!"
En fin de séance, le conseil a délibéré sur la création d’un local à l’école élémentaire la Tauriac. "Vous voyez, on ne lésine pas sur l’éducation", a glissé Josée Massi avec un petit sourire.
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