École publique à l'os, enseignement privé catholique à la fête ! Loir-et-Cher
Post Facebook du 11 octobre 2026 - Anne Cantegreil
Partout en France des lycéens, des enseignants et des parents manifestent pour dénoncer les difficultés de l'enseignement public. Manque de moyens, manque de personnels, conditions d'études dégradées : une jeunesse qui réclame simplement les moyens d'apprendre et de préparer son avenir.
Partout en France des lycéens, des enseignants et des parents manifestent pour dénoncer les difficultés de l'enseignement public. Manque de moyens, manque de personnels, conditions d'études dégradées : une jeunesse qui réclame simplement les moyens d'apprendre et de préparer son avenir.
Le préfet de Loir-et-Cher recevait mardi 6 octobre, en préfecture, des représentants de cinq établissements blésois pour entendre leurs préoccupations.
Quelques jours plus tard, à Montoire-sur-le-Loir, changement de décor.
Le lycée privé catholique Sainte-Cécile célébrait ses 90 ans, avec des festivités organisées du 9 octobre 8 h au dimanche 11 octobre 12 h. Des représentants de l'État, M. Le Duff sous-préfet, des parlementaires et des élus des collectivités territoriales étaient présents pour entourer cet établissement.
Des moyens matériels importants étaient déployés pour cette célébration, avec notamment des animations et l'utilisation d'espaces publics du quartier Marescot, un samedi de marché.
Le contraste est saisissant. Et le symbole, particulièrement malheureux.
Qu'un établissement privé célèbre son anniversaire, personne ne saurait le contester. Que des élus entretiennent des relations avec les établissements d'enseignement de leur territoire, rien de plus normal.
Mais que la puissance publique affiche une telle sollicitude institutionnelle à l'égard d'un établissement privé confessionnel, au moment même où l'enseignement public traverse une crise profonde, voilà qui mérite une véritable interrogation républicaine.
Il ne s'agit pas d'opposer les élèves du public à ceux du privé. Ils méritent tous notre respect.
Il s'agit de rappeler que l'École publique, gratuite, laïque et ouverte à tous est une responsabilité fondamentale de la République. Elle ne peut devenir le parent pauvre des politiques publiques pendant que les responsables institutionnels multiplient les marques d'attention à l'enseignement privé, religieux qui plus est.
La laïcité n'interdit ni l'existence ni la reconnaissance des établissements privés confessionnels. Elle impose en revanche aux pouvoirs publics une exigence de neutralité et d'exemplarité.
On ne peut pas, d'un côté, recevoir les doléances d'une jeunesse inquiète pour son avenir et, de l'autre, donner le sentiment que les moyens et les honneurs institutionnels se mobilisent plus facilement pour célébrer l'enseignement privé confessionnel que pour soutenir l'École publique.
Les symboles comptent. Les priorités aussi.
Et dans le contexte actuel, celui-ci est désastreux.
La République ne se mesure pas seulement aux discours de ses représentants. Elle se juge aussi à leurs choix, à leurs actes et aux signes qu'ils adressent à la population.
L'École publique n'a pas besoin de compassion protocolaire. Elle a besoin de moyens, de considération et d'un engagement républicain à la hauteur de ses missions.

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