À Saint-Brieuc, l’école a décidément beaucoup de succès. Surtout quand elle est privée.

Par Le Gris Fond, St Brieuc

Publié le 10 octobre 2026 à 13h00   Post Facebook
 

 
À Saint-Brieuc, l’école a décidément beaucoup de succès. Surtout quand elle est privée.
Il y a des coïncidences qui ont quand même un petit goût de choco BN oublié au fond du cartable depuis 3 semaines.
On apprend que la mairie envisage un projet qui ferait disparaître cinq écoles publiques à Saint-Brieuc.
Cinq.
Pas cinq classes.
Cinq écoles.
Les enfants seraient regroupés ailleurs, parce que les effectifs baissent et qu’il faut rationaliser, regrouper, optimiser, mutualiser…
On connaît la chanson.
À la fin, il y aura probablement un PowerPoint très joli avec des flèches, des couleurs (bleu, jaune?) et les mots "efficience", "réveil" "revitalisation " et "fierté" qui clignotent quelque part.
Et pendant ce temps-là, les lycéens descendent dans la rue.
À Saint-Brieuc, ils étaient nombreux à se mobiliser pour parler de leurs conditions d’étude : classes trop chargées, professeurs non remplacés, bâtiments vétustes, poursuite d’études…
En gros, les enfants du primaire apprennent qu’on va peut-être fermer leur école.
Les lycéens expliquent qu’ils aimeraient simplement avoir des profs et des salles dans lesquelles il ne pleut pas, et pouvoir le dire sans avoir peur de se retrouver en garde à vue.
Heureusement, il y a un élément rassurant.
Pour sa rentrée, le nouveau maire a choisi de commencer ses visites dans les écoles privées.
Alors évidemment, soyons sérieux deux minutes : le maire est le maire de tous les enfants.
Et une école privée reste une école de la ville.
Mais quand on vient d’arriver aux affaires et qu’on choisit ses premiers établissements à visiter, ça raconte quand même quelque chose.
Surtout quand, quelque temps plus tard, on annonce cinq regroupements dans le public.
C’est peut-être un hasard.
C’est peut-être une stratégie.
C’est peut-être simplement le calendrier.
Le Gris Fond n’a pas encore trouvé le manuel officiel pour interpréter les visites de rentrée.
Mais disons que, graphiquement, ça fait une drôle de page.
Parce qu'une école, ce n’est pas seulement un bâtiment qu’on entretient quand on peut.
C’est une classe, une cour, des parents qui se croisent, des enfants qui vont à pied ou à vélo des enseignants qui connaissent les familles.
C’est un bout de quartier.
Et quand on regroupe cinq écoles, on ne déplace pas uniquement des tables et des chaises.
On déplace aussi un peu de vie.
Alors évidemment, il faudra regarder les chiffres.
Les effectifs.
Les bâtiments.
Les coûts.
Les travaux nécessaires.
Tout ça est sérieux.
Mais il faudrait peut-être aussi regarder quelque chose d'un peu moins facile à comptabiliser : le lien social et l'apprentissage dans l'acceptation des différences, quelle que soit sa religion ou son revenu. Et ça, ça n'a pas de prix, mais trop l'oublier, ça aura un coût.

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43 ans au service de l'enseignement catholique. Suspendue par le rectorat de Versailles à un mois de la retraite, à la demande du directeur du Sacré Coeur