L’ex-principal du collège privé de Somain coupable de détournement, il invitait sa maîtresse avec la carte bleue
La Voix du Nord (site web)
Douai, dimanche 19 juillet 2026
Cecile Marchant
Didier Blottiaux, ancien principal du collège privé Notre-Dame de la Renaissance à Somain, comparaissait le 30 juin devant la chambre correctionnelle du tribunal de Douai. Il a été reconnu coupable d’avoir détourné 17 495 € pour financer, entre autres, une relation adultère.
« J’avoue avoir commis une erreur. (…) Je ne peux pas justifier(ces dépenses) aujourd’hui devant vous. » Didier Blottiaux, ancien principal du collège privé Notre-Dame de la Renaissance à Somain, comparaissait le 30 juin devant la chambre correctionnelle du tribunal de Douai. Il était poursuivi pour abus de confiance au préjudice de l’établissement dont il a utilisé la carte bleue à des fins personnelles.
La question n’était pas « A-t-il puisé dans les caisses ? », mais plutôt « Combien a-t-il dépensé ? ». Alors que le collège Notre-Dame de la Renaissance, qui s’était constitué partie civile, déplorait 30 710 € de dépenses non justifiées, Didier Blottiaux, lui, reconnaissait avoir déboursé 7 621 €. Sa fille fréquentait également le collège gratuitement, sans que l’OGEC n’en ait été formellement notifié. « J’avais prévu, assure le prévenu, d’équilibrer(les comptes) à la fin de l’année comptable . » S’il en a eu l’intention, il n’en a pas eu le temps.
Désinvolture et adultère
À la barre, le prévenu a reconnu, d’une voix contrite, avoir « manqué de rigueur ». Quand il n’avait pas de facture à transmettre au gestionnaire comptable, l’ancien principal rédigeait une simple note signée de sa main. Cela n’a jamais posé de problème, insistait-il – ce que son avocate M e Bazela n’a pas manqué d’imputer à la charge de l’expert-comptable. D’après lui, les 23 089 € manquants correspondraient donc à des dépenses « absolument liées à l’établissement » ; mais sa signature est la seule à en attester. Didier Blottiaux aurait par ailleurs décidé de se verser « une autocompensation » pour des frais de déplacements avancés de sa poche – là encore, sans justificatif.
L’ancien principal n’en menait pas large, face à la cour, au moment de rendre des comptes. D’autant que sa trahison ne se limite pas au cadre professionnel : au milieu des transactions libellées « Fnac » ou « Amazon », des sorties au restaurant, des séjours au Touquet et des billets de train racontent l’adultère financée par les parents d’élèves de Notre-Dame de la Renaissance. Une « relation toxique », a-t-il dit, qui l’aurait poussé à multiplier les dépenses avec la carte bleue du collège pour se cacher de son épouse.
La procureure de la République, Cécile Villoutreix, n’a pas été convaincue par cette « tendance à se déresponsabiliser ». Elle a requis dix ans de détention avec sursis et trois ans d’interdiction d’exercer la fonction de direction dans l’enseignement. La cour l’a suivie et a fixé le préjudice à 17 495 €. Didier Blottiaux devra rembourser 1 200 € au collège Notre-Dame au titre de l’article 475-1 du code de procédure pénale.
Cet article est paru dans La Voix du Nord (site web)
Illustration(s) :
Didier Blottiaux avait été licencié de la direction du collège Notre-Dame de la Renaissance pour faute grave en 2022. - PHOTO ARCHIVES LA VOIX

Commentaires