Témoignage - A Ste Clotilde D'amboise : avoir dénoncé… et voir son enfant détruit : la vengeance d’une école catholique sous la loi du silence
Témoignage d'une maman d'élève, plus scolarisé à Ste Clotilde D'Amboise
Quand une école punit une mère en brisant son enfant
Je témoigne pour que cela ne reste pas caché. Parce qu’aucun enfant ne devrait être pris en otage pour des désaccords entre adultes. Parce qu’aucune famille ne devrait subir ce que nous vivons.
Je suis maman de cinq enfants âgé de 20 ans à 7 ans. Tous mes enfants ont été scolarisés dans l’établissement Sainte Clotilde à Amboise où ils ont pu avoir une belle scolarité. Mes enfants n’ont jamais posé de problème tant sur le plan scolaire que sur le plan du comportement. J’ai été pendant plusieurs années engagée aussi auprès de l’association de parents d’élèves (APEL) et au sein de mon école.
Depuis deux ans, j’ai vu l’ambiance de l’établissement se dégrader progressivement. De nombreux enseignants, notamment au collège, semblaient en grande difficulté professionnelle : absences fréquentes, turn-over inhabituel… Autant de signes qui ne trompent pas. En parallèle, le climat scolaire s’est détérioré. Les enfants comme les adultes ne retrouvaient plus la sérénité qui faisait autrefois la force de l’établissement.
Face à ces constats, plusieurs parents, dont moi, avons simplement voulu comprendre et chercher des solutions. Nous avons créé un petit groupe d’échange, avec une intention constructive : dialoguer et aider notre collège à aller mieux, ne pas accuser.
Nous avons d’abord sollicité l’association de parents d’élèves. Il nous a été répondu que les difficultés viendraient essentiellement de membres du personnel qui refusaient la nouvelle méthode de gestion mise en place par la cheffe d’établissement. Pourtant, les problèmes persistaient. Nous avons donc décidé d’alerter des instances supérieures, notamment la direction diocésaine de Tours, rattachée au diocèse de Tours, ainsi que des interlocuteurs de l’Éducation nationale. Par crainte de représailles, notre groupe souhaitait d’abord rester anonyme. Mais il nous a été clairement indiqué qu’aucun échange ne serait possible sans identité déclarée. J’ai alors pris mes responsabilités. J’ai donné mon nom et accepté de rencontrer la direction seule.
C’est à partir de ce moment-là que tout a basculé.
Suite à cela, j’ai reçu au mois de mai de cette année, un mail indiquant que mes enfants n’étaient pas réinscrits automatiquement à la prochaine rentrée scolaire et un rendez-vous m’a été fixé plus d’un mois après avec la direction de l’établissement. Lors de cet entretien, on nous a signifié sans aucune bienveillance, aucune empathie qu’aucun de mes enfants ne serait repris au sein de l’établissement. Aucune raison valable n’avait alors été invoquée, mais il s’avère que même notre petit garçon scolarisé en primaire a été exclu de l’établissement sans aucune considération. Notre fils a extrêmement mal vécu ce départ forcé de l’école dans laquelle il se sentait bien. Par ailleurs à aucun moment il n’a été question de problème au sein du primaire mais uniquement au sein du collège.
Depuis, notre petit garçon doit
être suivi par un psychologue. Il refuse d’aller à l’école et a développé une
véritable phobie scolaire. Lui qui était si vif, si joyeux, curieux de tout, qui se levait chaque matin
avec l’envie d’apprendre et retrouvait ses camarades avec enthousiasme, semble
aujourd’hui éteint. Intégrer un nouvel établissement est devenu un combat
quotidien. Il ne comprend pas. Il ne comprend toujours pas pourquoi il a été
contraint de quitter son école, ses repères, ses amis, du jour au lendemain,
sans explication. J’ai tout tenté pour l’aider, pour trouver une solution,
parce qu’un enfant ne devrait jamais payer le prix de désaccords entre adultes.
J’ai supplié les chefs d’établissement, le directeur diocésain, ainsi que
l’évêque, de revenir sur leur décision, en pensant avant tout au bien-être de
mon fils.
Mais mes appels sont restés sans réponse. Aucun de ces recours n’a abouti.
Aucune main ne s’est tendue. Aujourd’hui mon petit garçon ne veut plus aller à
l’école et je me retrouve complètement désemparée.
J’ai pu échanger avec d’autres familles en France qui ont vécu les mêmes choses que moi. Certaines ont décidé de porter l’affaire en justice. Pour ma part, j’attends un rendez-vous avec un avocat car quand je vois la dégradation de l’état de mon enfant, je ne souhaiterais à aucune famille de vivre cela. Et sur Amboise, une autre famille a vu aussi son enfant exclu de l’établissement dans les mêmes conditions que les miennes.
J’ai tout tenté : chefs d’établissement, direction diocésaine, évêché, médiateur de l’Éducation nationale, médiateur des droits de l’enfant. Toutes les réponses ont été négatives ou inexistantes. Je me suis retrouvée seule. Abandonnée. Tous ceux à qui je me suis adressée ont soit gardé le silence, soit refusé d’intervenir.
J’ai même sollicité le nouveau secrétaire général de Secrétariat général de l’Enseignement catholique, M. Guillaume Prévost. Il m’a d’abord répondu qu’il prendrait connaissance de ma situation… puis je n’ai plus jamais eu la moindre nouvelle.
On retrouve une vraie volonté de vouloir faire payer aux parents le fait d’avoir dénoncé des choses en passant par mes enfants; Je trouve cela inhumain et profondément injuste, surtout de la part d’un établissement qui se réclame de valeurs chrétiennes.
Aujourd’hui, je suis convaincue qu’il s’agit de représailles. Une volonté claire de me faire payer le fait d’avoir osé pointer des dysfonctionnements. On ne s’attaque pas aux adultes, on s’attaque aux enfants. Cette école n’a de catholique que le nom lorsqu’elle est capable de briser un enfant pour faire taire une mère.
Je trouve important de témoigner car les enfants ne peuvent pas être pris en otage par des chefs d’établissement privé qui reçoivent des sommes importantes de l’État pour la scolarité de nos enfants.

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