Le transport devient payant, le groupe scolaire de Voiteur en péril ?
Depuis que la Région Bourgogne Franche-Comté a modifié son règlement de transport scolaire, les nouveaux élèves du groupe scolaire privé Notre-Dame de la Salette de Voiteur sont sommés de payer le bus. Les parents et les enseignants estiment que cette décision met en péril l’établissement.
Article Le Progrès
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22 oct. 2025 à 19:00
« Sans la Salette, je ne serais pas là où j’en suis aujourd’hui. » Pierre Colas est un ancien élève du groupe scolaire privé Notre-Dame de la Salette de Voiteur. « J’étais un élève en difficulté, j’ai trouvé à la Salette des groupes de besoins. Cela m’a permis de reprendre confiance en moi. » Aujourd’hui, il préside l’association des Amis de la Salette, propriétaire de l’établissement. « Je veux défendre ce modèle éducatif. Est-ce que nos élus veulent tuer ça ? »
Pierre Colas a en travers de la gorge une décision prise par la Région Bourgogne Franche-Comté en 2024. La Région a modifié son règlement de transport scolaire : si l’établissement privé n’est pas situé à côté d’un établissement public, les élèves deviennent des non ayant-droit et doivent payer le transport. Dans le Jura, le groupe scolaire de la Salette à Voiteur est particulièrement affecté. « Afin de laisser le temps aux négociations avec les établissements d'enseignement catholique de se dérouler dans les meilleures conditions », la Région a décalé la mise en application d’un an. À en croire les parents d’élèves, rien n’aurait changé. Dès septembre 2025, les nouveaux élèves ont dû payer le transport.
Deux lignes dédiées
Quatre lignes de bus affrétées par la Région desservent le groupe scolaire : deux lignes spécifiquement dédiées à La Salette et deux extensions de ligne. « J’ai participé à une réunion avec la Région début 2025, raconte Aurélie Chevalier, présidente de l’association des parents d’élèves. La Région avait dit que les lignes dédiées resteraient gratuites. On était prêts à signer la convention pour que le groupe scolaire prenne en charge les extensions de ligne. » Soit un reste à charge de 11 000 euros pour Voiteur.
« Il avait été négocié que les lignes dédiées seraient prises en charge par la Région et non par les Ogec (organisme de gestion de l'enseignement catholique), rappelle Mireille Besseyre, directrice interdiocésaine de l’enseignement catholique de Franche-Comté. Mais nous ne sommes pas arrivés à faire bouger le règlement édicté par la Région , qui se base sur la carte scolaire. Elle n’a pas de sens pour les établissements privés. Ce n’est pas équitable. » Aucun collège public n’existant à Voiteur, les élèves se retrouvent forcément hors secteur.
« Une taxe transport »
À la rentrée, les parents sont tombés des nues. « Avec cette décision, une injustice est créée », lance une professeure. « La Région condamne les familles rurales à payer une taxe transport, avec un abonnement de 50 euros par mois, et sous réserve de place disponible dans le bus, dénonce Pierre Colas. Cela crée un déséquilibre entre le privé et le public. Il faut se mettre autour d’une table pour trouver une solution juste et acceptable. »
Si la Région a modifié le règlement, c’est justement pour une question « d’équité », assure Michel Neugnot, vice-président de la Région en charge des transports. « On applique ce que l’on fait pour les élèves qui se rendent dans un établissement public qui n’est pas de leur secteur, assure-t-il. Ils deviennent non ayant droit s’il n’y a pas de dérogation du Rectorat qui casse la carte scolaire. Si l’établissement privé est situé à côté de l’établissement public, les jeunes ont leur carte de transport. » Au début des négociations, le coût de la prise en charge par les établissements privés de la région avait été estimé à 1,6 million d’euros. « Nous avons eu un accord avec l’enseignement privé sous contrat, précise Michel Neugnot. Globalement, la facture payée par les Ogec se réduit à 600 000 euros. »

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