Le tribunal administratif de Pau annule la sanction du directeur de l'Immaculée Conception
Sud Ouest (site web) Article Sud Ouest
vendredi 20 juin 2025
Etienne Czernecka
Par Etienne Czernecka
« Je suis soulagé pour mes élèves », réagit Christian Espeso, le directeur de l'Immaculée Conception que le tribunal administratif de Pau a réintégré dans ses fonctions, vendredi 20 juin, après la décision du rectorat de l'écarter, en septembre 2024
Le tribunal administratif de Pau a tranché vendredi 20 juin : Christian Espeso, le directeur de l'établissement privé catholique l'Immaculée Conception, est réintégré dans ses fonctions, annulant de fait la décision du rectorat de l'interdire d'exercer pendant trois ans, prise en septembre 2024.
À l'époque, la rectrice avait fondé sa décision à la suite d'une série de signalements évoquant, pêle-mêle, un catéchisme obligatoire, une atteinte à la liberté pédagogique des enseignants, un management toxique… Le dossier comportait notamment un courriel dans lequel Christian Espeso confiait « prier Dieu de lui donner la force de ne pas écraser contre un mur » les professeurs qui « disent n'importe quoi » sur lui.
Vendredi, donc, le tribunal administratif a « jugé que les manquements reprochés au directeur n'étaient matériellement pas établis, à l'exception de l'organisation d'une marche Pau-Lourdes durant le temps scolaire et que la sanction d'interdiction […] était disproportionnée ».
« C'est une vision de l'école qui a gagné »
La juridiction administrative a retenu que cette marche, qui devait se dérouler le 7 mai 2024 durant le temps scolaire sans que les heures de cours prévues ce jour-là ne soient systématiquement reportées, constituait une faute de la part du directeur. L'application du contrat d'association avec l'État impose en effet « de rattraper les cours non assurés en raison d'une activité organisée au titre du caractère propre de l'établissement ».
Mais, argue le tribunal, « si ce manquement est fautif, il n'est pas, à lui seul, d'une gravité suffisante pour justifier le prononcé d'une interdiction d'exercice des fonctions d'une durée de trois ans ». Contacté, Christian Espeso explique être « surtout soulagé pour les élèves de cette école, qui vont pouvoir être tirés par le haut, et pour les professeurs qui ont un peu d'ambition pour leurs élèves ».
Selon lui, « c'est une vision de l'école qui a été attaquée et une vision de l'école qui a gagné. C'est une victoire de la liberté d'enseignement ». Contacté, le rectorat n'a pas indiqué s'il entendait faire appel de cette décision.
Cet article est paru dans Sud Ouest (site web)

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