Courrier de demande d'audience adressé par notre collectif à la secrétaire de M Bayrou. Courrier resté à ce jour lettre morte...
Le 11 mai 2025,
Monsieur le Premier Ministre,
Nous sollicitons une rencontre auprès de vous, afin que nous vous exposions les problématiques sévères actuelles du privé sous contrat, qui perdurent malgré l'évident focus sur les écoles, et de nombreuses tentatives vaines de les résoudre.
Alors que nous nous réjouissions d’être reçus aujourd’hui par Mme MEUNIER, à la demande de Mme BORNE, et que nous avions investi un temps considérable dans la préparation de cette rencontre et engagé des frais personnels pour organiser notre déplacement à Paris, l’audience a été annulée, du jour pour le lendemain.
Notre collectif StopSouffrancEC est né à Montrouge en 2021 après que les
nombreuses alertes d’un collectif de 156 parents, de plusieurs personnels, des
syndicats et de l’Inspection du travail, aient été balayées d’un revers de la main par
la direction de l’Institution Jeanne d’Arc de Montrouge, la maire de Montrouge, le
diocèse, la tutelle, le SGEC, le rectorat de Versailles et même le ministère. Toutes les
portes poussées sont restées fermées. Très souvent, aucune réponse n’a été
apportée ou une réponse pour faire taire. Malgré des témoignages de détresse en
nombre, des courriers et une mise en demeure de l’Inspection du travail, un rapport
accablant suite à une enquête RPS, la cheffe d’établissement est à ce jour toujours
en poste, avec chaque année, de nouvelles victimes.
Comme très souvent dans les situations de crise, la direction s’entoure de nombreux soutiens, persuadés de son innocence alors qu’ils n’ont aucune connaissance du dossier. Toutes ces personnes participent au système opaque, à l’omerta, quitte à laisser des élèves et des personnels en danger.
Le collectif de Montrouge a pu compter sur le soutien de Mme MEADEL, élue de l’opposition, qui s’est démenée pour que la situation soit prise au sérieux, en vain. Le Maire ainsi que son équipe, ont fait le choix d’apporter leur soutien à la direction pourtant accusée de maltraitance, peut-être parce que leurs enfants sont scolarisés dans l’établissement ?
Nous sommes désormais un collectif national de lanceurs d'alerte, enseignants, parents et même des élèves, qui vivons les échanges du moment avec intérêt et espoir, alors que perdurent aujourd'hui des situations dangereuses et délictuelles dans de nombreux établissements scolaires sous contrat, partout sur le territoire.
Pour chacun, ce sont des faits dénoncés en vain, laissant soit la situation perdurer, soit des attaques retournées contre le/la/les lanceurs d'alerte par les chefs d'établissement, jusque même inciter les services du rectorat à punir ces professeurs qui ont osé adresser un problème qui pourrait salir la vitrine : atteintes à la laïcité, harcèlement envers des personnels, détournements de fonds publics, perversion, pédophilie, quitte même à mettre en danger ces enseignants, parfois attaqués dans leur intégrité, jusque physiquement.
Nous nous étonnons ce jour de la situation de l'Immaculée Conception, dans la commune que vous dirigez aussi, mais aussi de tous les établissements qui défrayent la chronique, sans que rien ne soit énoncé avant que des lanceurs d'alerte se rapprochent des médias, puisque l'administration laisse faire ces dérives. Cette même administration, et les institutions confessionnelles, punissent les lanceurs d'alerte : refus de protection fonctionnelle, refus d'imputabilité au service alors que la menace devient physique, briser la carrière de collègues, interdire d'exercer dans le public sans avoir à repasser l'exact même concours, mutations compliquées parce que la réputation est détruite, la liste est incomplète.
Quand des parents s’inquiètent de dérives, l'invitation leur est faite de quitter l'établissement voire leurs enfants en subissent des représailles. En tant qu'agents de la fonction publique, sous contrat, avec l'État. le devoir est pourtant de dénoncer ces faits (article 40 du code de procédure pénale). Cependant, la fonction publique refuse de les entendre, même joue de son accointance avec les directions des établissements privés pour définir ces enseignants comme l'ennemi à abattre.
Comment espérer que les moyens de signalements soient efficaces si les différents interlocuteurs participent à l’omerta et empêchent la libre circulation de la parole ? Comment espérer que le personnel des établissements puisse être à l’écoute et disponible pour les élèves s’ils sont eux-mêmes en souffrance, celle-ci étouffée par les différentes instances de l’enseignement catholique ?
Nous espérons vivement que vous pourrez donner une suite favorable à notre demande de rencontre afin que nous partagions avec vous les nombreux témoignages recueillis via notre collectif et que nous vous exposions nos revendications du terrain, qui modifieraient enfin cet état de fait.
Nous vous souhaitons, Monsieur le Premier Ministre, de croire en l’expression de nos sentiments respectueux.
Le collectif StopSouffrancEC

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