Enquête préliminaire pour escroquerie, révocation du conseil d'administration : la prestigieuse école du Caousou frappée par un nouveau scandale
INFO FRANCE 3. Le prestigieux lycée privé catholique Le Caousou, à Toulouse (Haute-Garonne) est en pleine tourmente. Révocation du bureau de son association, enquête de la justice, et tensions idéologiques exacerbées : l'institution centenaire fait face à de nombreuses difficultés.
Publié leLa photo de famille et la composition de l'ancien Conseil d'administration du prestigieux établissement d'enseignement privé catholique Le Caousou est toujours en ligne ce vendredi 11 avril. Pourtant, L'école traverse une véritable crise interne depuis l'éviction surprise du bureau de son Conseil d'administration.
C'est dans un courrier, daté du 8 avril 2025 et adressé aux professeurs et salariés du Caousou, que le père Pascal Gauderon, supérieur de la communauté Jésuite de Toulouse, a annoncé la nouvelle.
"Tensions et défiances"
"Nous tenons à vous informer que le Conseil d'administration a voté à la majorité absolue la révocation Ad nutum du bureau de l'association". La présidente, le trésorier et la secrétaire de l'association de l'établissement d'enseignement privé catholique sous contrat ont été évincés le lundi 7 avril de leurs postes et remplacés par une nouvelle équipe.
Ce vote est la conséquence de problèmes de gouvernance répétés depuis de nombreux mois (et ce malgré de nombreuses tentatives de revenir à un fonctionnement normal entre l'Association, la tutelle jésuite et les chefs d'établissement) et d'une aggravation des tensions et défiances ces dernières semaines conduisant à une impasse, aux conséquences graves pour le Caousou.
Père Pascal GauderonLettre du 8 avril 2025
Les "tensions et défiances" évoquées ont éclaté au grand jour, au début de l'année 2024 avec la parution d'un article du site Médiacités consacré à cet établissement privé particulièrement réputé dans la Ville rose. L'enquête met en avant ce qu'elle nomme "les dérives conservatrices" de cette école privée catholique sous‐contrat qui scolarise des élèves de la maternelle au BTS. Son directeur, Sébastien Goulut, y est directement mis en cause pour avoir refusé la venue de SOS Homophobie, du Planning familial ou de l'association "Contact de parents d'enfants LGBTQI+" et de son interventionnisme en matière pédagogique.
Des achats personnels à plusieurs milliers d'euros
Mais selon nos informations, l'aggravation des crispations de ces derniers mois a d'autres causes. Comme l'indique à France 3 Occitanie le parquet de Toulouse, une enquête préliminaire est ouverte, depuis la mi-mars 2025, suite à une plainte et à un signalement sur la base de l'article 40 pour des faits d'escroquerie contre Sébastien Goulut. Le directeur y est accusé d'avoir utilisé l'argent du Caousou pour des achats personnels à plusieurs milliers d'euros. Dénonciation calomnieuse ou faits avérés ? La justice prend l'affaire assez au sérieux pour en vérifier la véracité.
Trois semaines après ce dépôt de plainte, le bureau de l'association Le Caousou était évincé par la tutelle des Jésuites. Contactée, l'ancienne présidente Fabienne Catusse, qui s'est retrouvée dans l'obligation de quitter ses fonctions le 7 avril, a refusé de répondre aux sollicitations de France 3 Occitanie et d'apporter des éléments de réponse.
Pas de commentaires des différents acteurs de l'affaire
Sébastien Goulut n'a pas répondu à nos demandes. Le nouveau président du Conseil d'administration, Arnaud de la Serve et le représentant de la tutelle, Pascal Gauderon se contentent d'indiquer dans un mail adressé à notre rédaction, qu'ils "collaboreront à cette enquête" sans pour autant souhaiter "à ce stade commenter la procédure en cours". "Nous respectons la présomption d'innocence comme il se doit," soulignent-ils avant de préciser : "Lorsque la Justice aura rendu ses conclusions, nous pourrons les prendre en compte et les commenter."
L'affaire risque de faire grand bruit et, d'une manière ou d'une autre, écorner l'image de l'établissement toulousain dans un contexte où les écoles catholiques sous contrat sont percutées de plein fouet par les conséquences de l'affaire Bétharram.

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