"L'argent public doit financer l'école publique"

 À l’occasion du conseil départemental de l’Éducation nationale, l’intersyndicale éducation 13, laFCPE et la Libre pensée ont dénoncé le financement par l’État et le Département du collège jésuite Loyola (15e). 

Article La ProvencePublié le 28/02/25 à 19:53 - Laurence MILDONIAN

La réunion, hier en conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN), des représentants syndicaux de l’éducation, des parents d’élèves et des représentants des collectivités territoriales était à leurs yeux une trop belle occasion de le rappeler : "L’argent public doit financer l’école publique." Un vœu que l’intersyndicale éducation 13 (FSU, Unsa éducation, Fnec-FP-FO, CGT éduc'action, Sud éducation) et la FCPE ont tenu à présenter au conseil, en dénonçant le financement par l’État et le Département du collège jésuite Loyola, dans le 15e arrondissement de Marseille.

"C’est un signal nécessaire pour demander plus de transparence dans la façon dont les collectivités financent le privé, en lui sous-traitant ce qui relève du service public, avance Nicolas Bernard-Hayrault, élu Snes-FSU au CDEN. Dans le secteur où est construit le collège Loyola, 14 000 logements sont livrés sans qu’aucun collège public ne voie le jour, à l’exception de la Cité scolaire internationale Jacques-Chirac, qui n’est pas inscrite dans la carte scolaire mais recrute sur sélection". Favoriser l’installation d’un établissement privé alors que le besoin en établissement public est patent, "va à l’encontre de la cohésion sociale et de la mixité sociale dont ces quartiers ont justement besoin", ajoute Valérie Bastien, élue Unsa éducation. 

Sortir de la loi Debré 

"Le rapport de la mission parlementaire Vannier-Weissberg sur le financement public de l’école privée, celui de laCour des comptes comme les fantaisies de l’ancienne ministre de l’Éducation Amélie Oudéa-Castera, ont propulsé dans l’actualité cette question sur laquelle on travaille depuis l’adoption de la loi Debré en 1959", ajoute Henri Huille, président de la fédération 13 de la Libre pensée, à l’initiative de cette mobilisation. Un collectif national, impulsé par la FSU et réunissant Ligue des droits de l’homme, Ligue de l’enseignement et Libre pensée, étudie un plan de sortie de la loi Debré sur cinq ans dans l’espoir que des parlementaires se saisissent de ce travail. 

Porté par l’association Ignace de Loyola éducation, la compagnie de Jésus (jésuites) et l’École de Provence, le collège Loyola ouvrira avec l’aide du Département "qui a approuvé une garantie d’emprunt couvrant 100% du prêt de 10 000 000 € contracté par l’École de Provence et une subvention d’investissement de 1 950 000 € pour laconstruction", précisent les représentants syndicaux. L’État a également promis "de réduire de trois à un an le délai pour la signature du contrat d’association" qui ouvre les subventions de fonctionnement prévues par la loi Debré.

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