La Région Bretagne vient en aide au réseau d’enseignement en langue bretonne Diwan.

 

Source: Ouest-France

Olivier MÉLENNEC.

Publié le

 Le réseau Diwan d’enseignement en langue bretonne fait face à d’importantes difficultés financières. Mercredi 9 octobre 2024, les élus régionaux ont voté un abondement exceptionnel de 200 000 € de l’aide accordée pour 2024 afin de lui permettre de clôturer son budget.

La Région Bretagne vient en aide au réseau Diwan d’enseignement en langue bretonne, qui fait face à d’importantes difficultés financières. Mercredi 9 octobre 2024, les élus régionaux réunis en session plénière ont voté un abondement exceptionnel de 200 000 € de l’aide accordée pour 2024 afin de lui permettre de clôturer son budget.

Au nom du groupe Breizh a Gleiz (autonomistes), Nil Caouissin s’est félicité de ce soutien apporté à Diwan. « Nous ne pouvons pas laisser le réseau Diwan disparaître. Diwan a ouvert le chemin de l’enseignement du breton. Il doit continuer. » L’élu régional défend le modèle de l’enseignement immersif revendiqué par Diwan. « Y renoncer serait absurde. L’apprentissage du français n’en souffre pas. »

Quelle solution pérenne peut-on proposer pour remédier aux difficultés financières chroniques de Diwan ? Nil Caouissin estime « illusoire » de solliciter une intégration dans l’Éducation nationale. Il soutient l’idée d’un « statut public régional », qui sera débattue jeudi par les élus régionaux à l’initiative du groupe Nous la Bretagne (macronistes).

« Il faut embarquer l’État »

Loïg Chesnais-Girard lui répond. Le président du conseil régional de Bretagne est favorable à un statut public de Diwan « mais pas sous l’égide seule de la Région. Il faut embarquer l’État. »

Le soutien à Diwan ne suscite pas d’opposition. Stéphane de Sallier Dupin, au nom du groupe Hissons haut la Bretagne (droite, centre et régionalistes), vote « sans aucune difficulté » cette aide qui va permettre à Diwan de « mettre la tête hors de l’eau ». Il s’interroge cependant sur la « culture de la gratuité » du réseau d’enseignement en langue bretonne.

Stéphane de Sallier Dupin rappelle que les écoles privées catholiques bénéficient d’une contribution financière des familles. « C’est un rappel, pas un jugement », prend-il soin de préciser.

Stéphanie Stoll, élue Nous la Bretagne (macronistes) et ancienne présidente de Diwan, estime que cette gratuité est au cœur du projet de Diwan. « Le but, c’est de faire de la langue bretonne un droit pour tous », souligne-t-elle.

Stéphanie Stoll se réjouit de la « solidarité bretonne » qui s’est manifestée pour venir en aide à Diwan, qu’elle soit celle des collectivités, des donateurs privés ou des entreprises. « La crise est résolue, c’est heureux. La question est maintenant de savoir comment accompagner le réseau vers un statut public. »

Une aide supplémentaire pour les lycées catholiques

Les élus régionaux ont également voté, mercredi 9 octobre, une participation au fonctionnement des établissements privés. À l’issue d’une négociation avec le comité académique de l’enseignement catholique (Caec), un « compromis » a été trouvé sur le sujet des dépenses d’énergie.

Les lycées catholiques privés bénéficient d’un complément exceptionnel de dotation de 4,5 millions d’euros, sur la base de 89 € par élève, en parallèle des dotations complémentaires « énergie » qu’ont perçues les lycées publics.

Lire aussi : En 2024, la Région Bretagne investit 1 165 € pour chaque lycéen inscrit dans le privé

Conformément à ses obligations légales, la Région Bretagne participe aux dépenses de fonctionnement des lycées privés catholiques sous contrat. Dépenses de viabilisation, d’entretien et de maintenance, d’une part. Dépenses liées à la rémunération des personnels non enseignants, d’autre part.

« Il nous sera difficile de faire plus avec moins »

Pour Stéphane de Sallier Dupin (Hissons haut la Bretagne), il faudrait aller plus loin. Par exemple, en atténuant le coût des repas pour les familles des élèves scolarisés dans l’enseignement privé sous contrat.

« Nous accompagnons les réseaux privés dans leurs investissements alors que nous n’y sommes pas obligés, lui répond Stéphane Perrin-Sarzier, le vice-président du conseil régional chargé des finances. Mais il nous sera difficile de faire plus avec moins… » Une allusion, sans doute, à la baisse des recettes de la Région Bretagne qu’entraînera, en 2025, la cure d’austérité décidée par le gouvernement Barnier que soutient Stéphane de Sallier Dupin.


 

 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

«On ne sait pas ce que va devenir l’École» : une guerre de succession plonge l’École alsacienne dans la crise

43 ans au service de l'enseignement catholique. Suspendue par le rectorat de Versailles à un mois de la retraite, à la demande du directeur du Sacré Coeur

A Madame Laubignat, présidente de l'APEL seule association de parents d'élèves autorisée par l'enseignement catholique - cas Montrouge