Comme d’autres parents, Charlotte et son mari ont reçu une drôle de lettre : elle a complètement gâché leurs vacances, « 600 euros, ce n’est pas rien quand même »
Les parents d’élèves ont reçu au beau milieu des vacances un courrier du chef d’établissement.
Publié le 31/10/2024 à 11:36 Article SudInfo
Alors que les vacances de Toussaint arrivent à leur fin, il est déjà
presque temps de repenser à la rentrée. Devoirs, contrôles… Les élèves
vont devoir se remettre au travail. Mais pour certains parents comme
Charlotte (nom d’emprunt), les vacances de Toussaint ont surtout été
synonymes de mauvaise nouvelle.
Comme bon nombre d’autres parents de l’établissement, cette maman
d’élève et son mari ont reçu un drôle de courrier de la part de la
direction.
« Je suis encore sous le coup de la surprise et de l’incompréhension », explique-t-elle. Se disant « navrée », la direction annonce que les « options dites hors-contrat », proposées « au collège comme au lycée », coûteront désormais 150 euros par enfant et par an. Soit 600 euros au total pour ce couple, originaire de Reims. « Et ce sera encore pire pour les familles qui ont trois, quatre ou cinq enfants », ajoute-t-elle auprès du journal l’Union.
Une longue liste d’options désormais payantes
Le
directeur de l’école ne l’ignore pas. S’il n’a pu être contacté
(l’établissement écrit mais ne répond pas pendant les vacances), Olivier
Hautier s’en explique dans son courrier. Il y dresse une liste non
exhaustive de ces options qui « font la richesse de notre offre » : seconde langue vivante en 6e, chinois en LV3, préparation des diplômes de Cambridge, projet sport en 6e, devoirs faits, accompagnement personnalisé, etc.
« Il m’était impossible d’anticiper une telle baisse de moyens, aussi brutale »
Surtout, le chef d’établissement explique le revirement de situation. Jusqu’ici, ces options n’étaient pas financées par « les moyens habituels du ministère », mais par des « moyens dits « complémentaires » (…) selon une enveloppe variable attribuée courant octobre par le Rectorat ». Dans le détail, les professeurs enseignant ces options étaient rémunérés par les « Parts fonctionnelles » et les « Heures supplémentaires effectives » (HSE).
« Seule solution » : faire payer les parents
Mais patatras : « Sans avoir été prévenu et sans aucun signe annonciateur », selon Olivier Hautier, la dotation a fondu de plus de 50 %. « Il m’était impossible d’anticiper une telle baisse de moyens, aussi brutale », se justifie-t-il, en évoquant des « mesures de restriction budgétaires décidées au niveau national ».
La conséquence est connue. La « seule solution » est de demander en urgence, dès novembre, « un effort financier supplémentaire » aux familles. Sauf si, le directeur le « comprendrait évidemment », elles renoncent à ces options.
« La nouvelle arrive deux mois après la rentrée… »
Que vont faire les parents ? « On hésite encore, cette dépense n’était vraiment pas prévue… », confie Charlotte, agacée aussi que « cette nouvelle arrive deux mois après la rentrée. Les enfants ont déjà commencé. Est-ce qu’on peut les retirer alors que ces options sont le point fort de l’établissement ? »
Contactés, les rectorats de Reims et d’Amiens, dont dépendent la Marne, les Ardennes et l’Aisne, ont un regard radicalement différent : ils expliquent en particulier que l’argent utilisé jusqu’ici à Saint-Joseph pour financer ses options n’est pas destiné à cet usage… Ce que confirme Frédérique Manil, qui a longtemps dirigé l’établissement Notre-Dame, à Charleville.
Pour mémoire, les établissements
privés sous contrat sont financés à plus de 75 % par de l’argent public
(État et collectivités locales).
Article L'Union

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