Trois mois après l'agression d'une professeur, ce collège de Loire-Atlantique tente de se rétablir

Mi-décembre, une enseignante recevait une pierre pendant un cours de physique-chimie au collège Notre-Dame du Bon accueil à Gorges. Les tensions restent vives.

Publié le  - Actu -  Laurent Fortin


Les sourires sont de convenance en cette mi-mars 2024. A la direction du collège de Notre-Dame du Bon accueil, à Gorges, encore appelé Angreviers pour la plupart des gens en raison du village où il est implanté et de son histoire (créé dans l’ancienne usine désaffectée des bords de Sèvre pour recevoir à partir de 1941 les enfants du secteur de Saint-Nazaire alors bombardé), on continue de faire face à une situation de crise qui a atteint son paroxysme en décembre 2023.

« Mais ils collaborent aux groupes de travail qui ont été mis en place, positive Sandra Dufour, qui note aussi que 35 des 64 professionnels restants ont répondu aux questions. L’un porte sur l’implication et l’initiative des élèves dans des projets. Un autre concerne l’amélioration du fonctionnement interne (entre la vie scolaire, les éducateurs, les professeurs et l’internat, où 90 % de nos élèves sont inscrits). Un troisième se penche sur la montée en compétence avec des propositions de formation. Enfin, un dernier cherche à développer la co-intervention pendant les cours : c’est une expérience qui va à tout le monde suite à l’expérience testée en janvier, il s’agit de la présence d’un binôme éducateur-professeur pendant les cours (deux adultes au lieu d’un). D’une manière ou d’une autre, il faut qu’on avance et qu’on efface les failles entre corporations dans lesquelles les adolescents s’engouffrent ».

Des sanctions régulières

D’ailleurs, sur le plan de la discipline, la Fondation d’Auteuil ajoute qu’elle n’est pas restée inactive suite aux faits de décembre. Une période qu’elle note « chaque année, propice aux débordements, compte tenu de l’énervement des élèves à l’approche de Noël ».

Nous restons fermes par rapport à tous les types de violence et d’incivilités. Certes, l’élève, suspecté d’avoir lancé la pierre, est revenu en cours après une semaine de suspension, car nous n’avons pas la certitude ni la professeure d’ailleurs, qui était de dos qu’il soit l’auteur des faits. Mais pour d’autres actes, un collégien a été renvoyé définitivement et un autre est maintenu à son domicile pour travailler un projet professionnel avec obligation de stages.

La directrice, parfois accusée de laxisme

Une direction qui veut aussi noter, sans minimiser ce qui s’est passé à Gorges, que « la violence augmente globalement dans tous les collèges et lycées ». C’est pourquoi une conférence sur l’évolution des comportements des élèves est programmée à la suite de l’audit.

Depuis 7 ans à Notre-Dame du Bon Accueil, Sandra Dufour rappelle aussi que les sanctions du conseil de discipline sont « régulières » au sein d’un établissement « parfois surnommé école de la dernière chance, car on ne refuse personne ».

On sait tous que ce n’est pas un lieu d’éducation comme les autres. C’est ce qui motive beaucoup de membres du personnel, y compris certains professeurs qui ont choisi d’être nommés ici. Les plus belles récompenses, ce sont les messages des parents qui remercient d’avoir redonné des repères scolaires, voire professionnels, à leurs enfants. Après avoir été informées des événements de décembre, des familles nous ont apporté leur soutien.

Des signes positifs

Reste qu’à un peu plus de trois mois des vacances d’été, trois enseignants sont arrêtés pour burn-out.

On a eu des remplacements en anglais et en maths jusqu’aux vacances d’hiver. Mais ne sachant pas si les arrêts-maladie allaient se poursuivre, ce qui sera le cas, ils sont allés vers d’autres collèges.

Sandra Dufour

Cette directrice est toutefois ravie d’avoir récupéré un responsable de vie scolaire en janvier, après un trimestre où le poste était vacant.

« Ce sont des petites avancées », déclare celle qui veut s’inscrire dans la durée. « Comme le sera la stabilité dans l’équipe de direction », ajoute la Fondation d’Auteuil. En 5 ans, il y a eu 4 chefs d’établissement différents« Cela ne participe pas à la stabilité de Notre-Dame du Bon accueil ». Ni au maintien des effectifs. Ils sont 156 élèves à fréquenter le collège et l’école primaire. Ils étaient plus de 200, il y a encore peu. 

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