Tribune : Des directeurs de l'enseignement privé sous-contrat favorables à plus de contrôle ... de la longueur des jupes
Des directeurs de l’enseignement privé sous-contrat favorables à plus de contrôle … de la longueur des jupes
Nombre de polémiques entachent l’enseignement catholique privé sous-contrat depuis quelques mois, ce qui a alerté l’opinion publique et motivé la classe politique à se saisir de cet épidermique sujet, jusqu’à commander un rapport sur le financement public de l’enseignement privé.
Le Secrétaire Général de l’Enseignement Catholique et ses acolytes se défendent d’un rapport à charge et réaffirment leur entière collaboration avec l’État : l’enseignement catholique sous-contrat veut, lui aussi, plus de contrôles !
Force est de concéder que l’enseignement privé est favorable à davantage de contrôles … dans le domaine financier, comme cela est vigoureusement affirmé en public, mais aussi dans nombre de domaines plus précis, comme on peut l’observer dans le secret des murs.
C’est ainsi que l’on rencontre des directeurs favorables à plus de contrôle … de la longueur des jupes.
Que les jeunes élèves féminines soient épiées sur leur tenue vestimentaire, cela est malheureusement connu dans l’enseignement privé aussi bien que dans l’enseignement public. Toutefois, l’enseignement privé est force d’innovation … Pourquoi se limiter à contrôler la longueur des jupes des élèves, quand on peut également contrôler celle des enseignantes ?
C’est ainsi que de jeunes professeures de l’enseignement privé se sont vues convoquer par leur directeur (le chef d’établissement du privé) sans aucun motif officiel, mais avec une bonne raison officieuse : « Mademoiselle, votre jupe est trop courte », « Mademoiselle, votre short est trop court ».
Pour certaines de ces jeunes femmes, ces remarques proférées dans l’enceinte d’impunité du bureau du directeur se sont réitérées, souvent accompagnées d’injonctions à changer de tenue sous peine de répercussions.
L’une d’entre elles a essuyé nombre de ces réflexions intimidantes alors qu’elle payait de sa propre poche le matériel pour les élèves de ses classes, le directeur ne fournissant pour sa matière qu’une enveloppe dont la somme dérisoire frôlait le ridicule. Bien sûr, le fait qu’une professeur certifiée de l’Éducation Nationale paie de ses deniers personnels le matériel scolaire pour les élèves de ce collège privé ne gênait pas ce directeur. La collègue a fini par muter.
Une autre jeune collègue s’est vue convoquer plusieurs jours de suite afin de se faire reprocher sa tenue vestimentaire, alors même que l’établissement, en journées pédagogiques de pré-rentrée, n’accueillait aucun élève. Lassée de cette mise sous pression dès les premiers jours de son arrivée dans l’établissement, cette professeure certifiée a démissionné afin de voguer vers des horizons moins sexistes … et les élèves se sont retrouvés sans professeur. Bravo M. le Directeur !

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