L’enseignement privé catholique organise sa riposte

 

L’enseignement privé catholique organise sa riposte

GUERRE SCOLAIRE. Quelques jours avant la publication d’un rapport parlementaire à charge, le patron des écoles privées catholiques désamorce les critiques.

Élisabeth Caillemer
Opération déminage. Après les polémiques sur l’établissement parisien Stanislas et face à la menace d’un rapport parlementaire à charge sur le financement public des écoles privées, le secrétaire général de l’enseignement catholique, Philippe Delorme, a tenu ce mercredi une conférence de presse. « Ce débat public sur notre prétendue opacité m’interloque », a-t-il déclaré en préambule, faisant allusion aux accusations du député LFI Paul Vannier, corapporteur du texte.
 
 Dans une vidéo postée sur X annonçant les trois axes du texte qu’il présentera mardi prochain, le parlementaire a en effet déclaré que personne n’était en mesure de donner le montant total de la dépense publique consacrée chaque année aux établissements privés sous contrat. D’après lui, ces derniers seraient en outre « hors de contrôle ». Plus grave encore, dit-il, ce financement public subventionnerait « massivement un processus de ségrégation socio-scolaire qui conduit à l’aggravation des inégalités scolaires et sociales entre les établissements privés qui s'affirment de plus en plus comme des établissements réservés aux plus riches et les établissements publics pour tous les autres".

"Des questions se posent, certaines sont légitimes, d'autres moins."
a estimé Philippe Delorme tout en dénonçant un "soupçon généralisé à des fins idéologiques" fondé sur "des fantasmes, des inexactitudes et des contre-vérités" qu'il s'est employé à réfuter point par point. S'agissant des contrôles financiers et pédagogique des écoles privées dont la rareté a été pointée dans un rapport de la Cour des comptes publié en juin 2023, le secrétaire de l'enseignement privé catholique a reconnu qu'il étaient en effet pas toujours mis en oeuvre. "Mais nous y sommes disposés, voire nous les réclamons" a-t-il jugé nécessaire de justifier, alors que ces contrôles incombent aux directions départementales et régionales des finances publiques et aux inspecteurs d'académie.

Quant au manque de mixité sociale et scolaire au sein des établissements privés : "L'ouverture à tous fait partie de notre projet chrétien éducatif, et c'est un défi que nous relevons", a-t-il assuré. Soulignant le nombre important d'élèves boursiers accueillis dans le privé, il a également fait valoir que la gentrification de certains établissements était étroitement liée à celle des quartiers et des villes où les prix de l'immobilier augmentent. Philippe Delorme a tenu également à dissiper le fantasme au sujet d'une école privée catholique "très riche" qui serait subventionnée par de généreux donateurs. "La majorité des nos établissements sont pauvres, a-t-il affirmé, 30% d'entre eux ont une cotation d'aptitude financière (CAF) inférieure à 5%. En outre, le bâti scolaire est un vrai souci, notamment en ce qui concerne la mise en conformité aux normes". Il a tenu à rappeler aussi qu'un élève du privé coûtait deux fois moins cher à l'État qu'un élève du public.

Alors que des journalistes présents sur place évoquaient de manière récurrente l'établissement Stanislas, Philippe Delorme a rappelé d'une part, que le rapport académique avait conclu au caractère infondé des accusations portées à son encontre et, d'autre part, que "Stan" ne résumait pas à lui seul l'enseignement privé catholique qui regroupait à la rentrée 2022 plus de deux millions d'élèves, soit 17.6% des effectifs scolarisés, dans un peu plus de 7500 établissements.

"Si nous avons du succès, c'est parce que nous fonctionnons bien et que les familles nous font confiance",
a-t-il conclu.

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