Compiègne - les documents de la colère
Voici les documents explosifs de cette crise, qui a déchiré une équipe éducative, stigmatisé des enseignants, amené au licenciement d'un adjoint, à la démission/prise de retraite du "Chef coordinateur de l'institution", au transfert de la directrice du collège en Normandie "pour rapprochement familial", une enquête mandatée par le Rectorat d'Amiens, à un dépôt de plainte, puis d'autres dépôts de plainte pour harcèlement moral, délit d'entrave et propos aggravés, mais aussi à un rendez-vous auprès du Ministère de l'Éducation Nationale.
1. Une assemblée générale a été convoquée dans l'établissement le 22 mai 2023.
Voici le récit d'enseignants présents lors de cette tentative de manœuvre de dissuasion, des plus cavalières, anti-républicaines, pleinement de "subsidiarité" (cf. conf. de rentrée SGEC 2023) :
2. Le rapport d'inspection, plus bas.
3. Le droit de réponse d'un membre du CSE du 22 mai 2023.
Témoignage anonyme d’enseignants qui ont assisté à la réunion d’information générale du 22 mai 2023 organisé par Pascal Leroy, directeur diocésain dans l’auditorium du Lycée Jean-Paul II en présence de Monseigneur Jacques Benoit-Gonnin. Tout le personnel de l’Institution était convié, soit plus de 350 personnes.
Nous souhaitons témoigner après avoir pris connaissance du rapport d’inspection.
« L’analyse de la situation par la directrice du collège comme par le directeur de l’Institution est peu pertinente. L’hypothèse d’un complot fomenté par un petit noyau d’enseignants n’est pas crédible » peut-on lire page 8.
Nous tenons à préciser que cette hypothèse d’un complot a été reprise lors de la soirée du 22 mai où la direction diocésaine a organisé cette réunion d’ « information générale » devant les salariés de l’établissement en présence de Mgr Benoit-Gonin, de la présidence de l’APEL ainsi que les six chefs d’établissement de l’institution Jean-Paul II. Cette réunion s’est caractérisée par une défense vigoureuse des orientations éducatives prises et une dénonciation du climat de « désinformation » et de « destruction » mené par « quelques personnes qui calomnient et veulent détruire tout ce qui existe » et qui « pratiquent des jeux qui ne sont pas dignes de chacun et chacune d’entre nous. » Cette soirée a discrédité aux yeux de tous des collègues qui avaient été dénoncés quelques jours plus tôt par un professeur sur la messagerie professionnelle comme étant responsables de l’inspection académique et des articles dans la presse.
Lors de cette soirée, l’enseignement catholique a instrumentalisé l’inspection a son avantage : « Notre inspection est favorable et c’est surtout une bonne nouvelle pour l’institution toute entière. »
A cette date du 22 mai, le rapport de l’inspection n’avait pas été remis.
A aucun moment les faits n’ont été présentés lors de cette soirée du 22 mai. Toute la réunion s’est déroulée comme si chacun savait précisément les faits. Donc, il n’y a eu aucun démenti car aucune des accusations n’a été abordée.
Il a également été dit que l’établissement fonctionne bien, que les résultats sont bons, que le travail de chacun est bon, et au premier chef le travail de la direction (ce qui explique les bons résultats), donc que les attaques ne reflètent pas la réalité de ce qui se vit au quotidien dans l’établissement. Autrement dit, le directeur diocésain, le président de l’OGEC, le directeur de l’établissement, et l’évêque de l’Oise font comme s’ils avaient été attaqués sur tous les aspects de ce qui est vécu dans l’établissement… alors que les accusations n’ont porté que sur la dénonciation de faits précis et circonscrits. Cette stratégie de communication a renforcé l’isolement de ces collègues.
Le 22 mai, voilà en substance ce qui a été dit :
Ils ont été attaqués gravement. Ces accusations sont violentes et injustes.
Ils l’ont découvert par la presse.
Cela a conduit à une inspection.
Ceux qui ont été attaqués sont meurtris.
Mais l’inspection a donné son avis => il y a bien respect du contrat avec l’état. L’inspection est favorable.
Ils ont fait face à de la calomnie car certains ont eu des actions négatives qui visent à détruire ce qui existe. Ce sont des pratiques qui ne sont pas dignes.
Confiance renouvelée dans la direction de l’établissement de JP 2.
Prière
Or, ce qui n’a pas été nommé ce 22 mai par la direction devant l’ensemble du personnel se résument pourtant à :
Des réunions et des discussions avec la direction et la pastorale
Plusieurs mails personnels envoyés à un membre du diocèse pour lui demander son écoute, son aide et ses conseils
Un arrêt maladie d’une collègue et plusieurs mails
Une tentative de médiation avec une collègue désignée par le chef d’établissement
Des réunions et discussions avec les syndicats
Des entretiens individuels ou en petit groupe avec les membres de la direction
Des discussions entre des inspecteurs et la direction de JP 2 (notamment le 10 février)
Des courriers envoyés au rectorat
Des articles de presse fin mars.
Une réunion des syndicats avec le directeur diocésain
Une inspection
Des échanges de courriels via École Directe entre professeurs (une pétition numérique et un mail de délation suivi d’un droit de réponse – suite à « ce droit de réponse » - aucun dialogue n’a été engagé sur le fond du problème. Pourtant les exagérations, les instrumentalisations, les tensions, les divisons viennent de tous ceux qui n’ont pas voulu poser clairement, avec précision, aux yeux de tous, c’est à dire du Rectorat, de l’ensemble de la communauté éducative, des parents actuels et futurs et des élèves le problème de fond posé dans ce droit de réponse.)
Une journée du 17 mai, avec des affiches arrachées par la directrice dans des classes du collège et une exposition censurée au CDI du lycée, puis un courriel dénonçant cela et une réponse d’une collègue envoyé à tous rappelant le mot d’ordre de JP2 : la fraternité…Donc affiches arrachées, exposition censurée au nom de la fraternité ?
Nous sommes
aujourd’hui profondément révoltés par cette stratégie de
communication choisie par le directeur diocésain et l’évêque.
2. RAPPORT d'inspection-contrôle par l'Académie d'Amiens :
Rapport Inspection Contrôle JP II
3. Droit de réponse membre du CSE du 22 mai 2023 :
Courrier membre du CSE 22.5.234. "Oh capitaine, mon capitaine" : la lettre à la directrice du collège déplacée, selon le principe de Peter, en Normandie.
Lettre signée des supporters de la direction5. "L'appel à l'apaisement"... en refusant d'admettre que la censure des deux films est proprement contraire aux valeurs républicaines.
6. Le tract de l'intersyndicale, critiqué par ceux clamant "l'apaisement" :
7. Réunion en AG du 20 février 2024
Bilan réunion


Commentaires
"Non seulement, la direction se voit clairement reprocher son incompétence, son incapacité à communiquer convenablement et sa lâcheté à l’endroit des familles qu’elle laisse faire pression sur l’établissement (clientélisme), mais surtout, il est très heureux que la pastorale soit remise à sa place à de nombreuses reprises dans ce rapport.
La référente pastorale n’a aucun mandat lui permettant d’influencer la bonne marche des enseignements au programme. C’est surtout elle qu’il aurait fallu virer, puisqu’elle a considéré qu’elle était chargée de la direction morale des enseignants. Tartuffe !
Le rapport est parfait et pourra servir au besoin de rappel pour empêcher toute velléité de manipulation des personnels. La thèse de la direction est balayée et ses personnels se voient régulièrement rappeler la loi à laquelle ils sont tenus, quoiqu’il en soit de leur position administrative dominante."
Le courrier de ces trois collègues, co-écrit avec une adjointe de direction qui n’a pas pu le signer de son nom est inadmissible quand on sait qu’elles étaient au courant des faits. L’autrice principale est agrégée d’histoire mais c’est surtout la championne des amalgames. Peut-être faudrait-il lui rappeler le principe de la laïcité qu’elle aurait pu défendre : quand des œuvres sont censurées sous ses yeux au nom de convictions religieuses et du projet éducatif de l’établissement, celle-ci n’est pas choquée…Ça promet pour le cours d’EMC ! Par contre, elle excelle pour déployer « la théorie du complot ».
Dans le pdf joint à leur courriel adressés à tous les salariés de l’Institution, les autrices parlent d’un « procédé à charge mené sur la seule foi de propos décontextualisés [...] ». Quel procédé à charge ? Quels propos ont été décontextualisés ? De quoi parlent-elles ? De la précision ! Elles accusent des journaux, qui au courant de ces faits les ont publiés, d’être « une presse peu scrupuleuse ». Pourquoi ?
Là encore, sur quoi se basent-elles ? Voici les liens des articles parus au moment où elles ont écrit leur courrier, qu’y a-t-il de faux dans ces articles ? https://www.mediapart.fr/journal/france/310323/ivg-homosexualite-un-lycee-prive-de-compiegne-accuse-de-censure-par-ses-propres-enseignants
https://www.aefinfo.fr/depeche/689704-oise-des-enseignants-alertent-sur-des-cas-de-censure-au-sein-d-un-etablissement-catholique-la-direction-repond
Elles « s’opposent à la méthode utilisée », « dénoncent les arguments brandis qui jettent l’opprobre sur nos pratiques pédagogiques », etc. Mais, de quoi parlent-elles ?
Elles invitent à croire que des personnes, dont l’intersyndicale, s’attaquent à l’établissement et suspectent « chacun d’entre nous [...] de racisme, d’homophobie, de sectarisme, de créationnisme, d’antisémitisme ou même de révisionnisme ». Notez bien le « chacun d’entre nous » qui serait « suspecté », et cet énumération de « isme », quel amalgame ! C’est du délire ! Un non-sens ! Une absurdité ! Elle aurait pu ajouter « platisme » pour le côté sensationnel.
Que cherchent-elles à travers ce courriel ? Certainement pas l’apaisement.
Quand on sait que ce courrier a récolté plus d’une centaine de signatures, ça fait peur sur la capacité de cette même communauté à s’intéresser au problème de fond. D’ailleurs à ce jour aucune réflexion sérieuse n’a eu lieu alors que le rapport d’inspection pourrait être un document de travail. On continue à mettre tout sous le tapis, notamment le licenciement abusif du directeur adjoint. Le seul faisant partie de l’équipe de direction à ne pas avoir soutenu les décisions de ses supérieurs hiérarchiques… tandis que toutes les adjointes de direction ont défendu les décisions prises « pour le bien de tous ».