Lot - La directrice d'un lycée privé aurait détourné plus de 100 000€ en 10 ans, une enquête ouverte

 L’ancienne directrice d’un lycée catholique privé de Cahors dans le Lot aurait détourné plus de 100 000 € de fonds publics en déclarant des heures de cours fictives pendant 10 ans. Le rectorat a déposé plainte et une enquête préliminaire est en cours depuis fin 2019.

Une ancienne directrice d’un lycée catholique privé de Cahors dans le Lot est soupçonnée d’avoir détourné plus de 100 000 € de fonds publics pour des cours fictifs. Photo d’illustration.
Une ancienne directrice d’un lycée catholique privé de Cahors dans le Lot est soupçonnée d’avoir détourné plus de 100 000 € de fonds publics pour des cours fictifs. Photo d’illustration. | EDDY LEMAISTRE / ARCHIVES OUEST-FRANCE

L’ancienne directrice d’un lycée catholique privé de Cahors dans le Lot, également enseignante, est suspectée d’avoir détourné plus de 100 000 € de fonds publics en se faisant payer neuf heures de cours fictifs par semaine pendant 10 ans, a révélé France 3 Occitanie lundi 5 septembre 2022. Une enquête préliminaire est en cours.

Ces faits avaient été révélés en 2016 par un adjoint de direction de l’établissement qui avait observé des irrégularités en établissant les emplois du temps. Après avoir informé la direction sur ce problème, il a contacté divers organismes, dont le diocèse du Lot-Aveyron qui s’occupe de cet établissement, explique la chaîne d’information.

Un système répandu ?

Craignant une fraude plus large, l’homme avait finalement contacté le rectorat de Toulouse en novembre 2019, qui avait ouvert une enquête et déposé plainte contre la directrice. Suspendue par le rectorat en août 2021, la mise en cause ne fait plus partie de l’équipe dirigeante du lycée, note France 3.

Elle a été entendue par la justice. Alexandre Rossi, procureur de la République de Cahors, a estimé qu’il était « trop tôt » pour s’exprimer avec certitude sur la possibilité d’éventuelles poursuites.

De son côté, l’enseignant qui a révélé l’affaire a démissionné de ses fonctions de direction en juin 2020. Il continue cependant d’enseigner. « Depuis que j’ai brisé le silence, je suis isolé », a-t-il notamment déclaré.

Ce dernier souhaiterait aujourd’hui des explications de la congrégation de Gramat qui a le lycée sous tutelle. Pour alerter l’opinion publique sur l’existence potentielle d’un système plus répandu, il a récemment publié des documents en ce sens sur un blog.

Commentaires

Anonyme a dit…
Finalement l’enquête préliminaire a été classée sans suite par le procureur de Cahors. Mais france2 (complément d’enquête) m’a contacté et ils travaillent dessus.
Merci pour ce billet sur le blogs.mediapart,
Patrice Portemann
Anonyme a dit…
L’enquête préliminaire déclenchée par la plainte du rectorat est classée sans suite par le procureur. Et pourtant j’avais fournis toutes les preuves pour démontrer que les cours n’étaient pas effectués depuis +10 ans. Comment c’est possible ? Le Rectorat a radié la DDFPT quand même. Lorsque je faisais les EDT, ayant constaté la fraude, je m’y suis opposé en 2016 et les coups bas, les menaces et le harcèlement n’ont cessé depuis.
Dear Patrice,
Sache que tu n'es pas tout seul, et à la découverte de l'affaire du Lot, ce collectif a bien tenté de te joindre : ravie que tu nous aies trouvé !

MERCI : pour avoir littéralement donné de ta personne pour dénoncer un fait en réalité ultra courant. Combien de chefs d'établissement ne donnent jamais... JAMAIS... les chiffres de la dotation !? Et qu'il faille les demander au rectorat, qui renvoie... aux directeurs ! Argent public, bien obscur dans sa répartition. Des fois, ça se voit ostensiblement sur les EDT. L'improbable heure hebdo de plongée sous-marine, genre. Les déclinaisons de la chose sont originales : 3h de devoirs faits sur DGH, ou des heures fixes de missions inexistantes... et ce sont celles visibles non-réalisées. Alors qu'en planquant la dotation, ça se prend des heures incognito. Où sont passées les heures de DGH de l'an passé, accordées aux collègues chouchous dont il « fallait protéger le poste » en faisant du « bien-être », jardinage, belote et tricot ? -promis, véridique, ça se passe en Bretagne – étrangement, disparues à la rentrée suivante et le/la seule bénéficiaire de ce relicat providentiel (pun intended) ne laisse que peu de doutes.

Ce scandale est national. N'hésite pas à revenir à nous pour échanger, par mail si ça te dit et nous pouvons nous appeler aussi.
- Laëtitia

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