« Nous sommes soumis à la même baisse démographique que le public » : comment l’école privée s’adapte à la baisse de ses effectifs à Roubaix

 L’enseignement privé roubaisien, qui a perdu 300 élèves par rapport à l’an dernier, poursuit ses rapprochements d’établissements tandis qu’un litige financier avec la ville reste en suspens.

Journaliste, chef-adjoint de la rédaction de Roubaix-Tourcoing

L’enseignement privé roubaisien, qui a perdu 300 élèves par rapport à l’an dernier, poursuit ses rapprochements d’établissements tandis qu’un litige financier avec la ville reste en suspens.

On fait le point sur le privé roubaisien avec Thierry Plateau, directeur diocésain adjoint de l’enseignement catholique.

La baisse des effectifs continue, le privé compte 7974 élèves à Roubaix

Tous niveaux confondus, l’enseignement privé « pèse » 7974 élèves à Roubaix pour cette année scolaire. C’est près de 300 de moins qu’en septembre 2025 (8256). Dans le détail, l’école catholique compte 2674 lycéens (-0,26 %), 2658 collégiens (-4,87 %), et 2642 élèves de primaire (-5 %). En volume, c’est la maternelle et l’élémentaire qui perdent le plus de troupes : 139 en un an. Mais si l’on compare à 2018, on observe que le privé a perdu près de 1000 élèves en huit ans dans le premier degré à Roubaix.

«  Nous sommes soumis à la même baisse démographique que l’enseignement public, il y a moins d’enfants », estime Thierry Plateau, le directeur diocésain adjoint de l’enseignement catholique. Si le privé accueille à Roubaix des élèves de tous horizons, et que le niveau socio-économique de ses élèves n’est pas beaucoup plus élevé que dans le public, la crise économique le fragilise particulièrement. Les frais de scolarité, ainsi que le prix de la cantine, beaucoup plus élevé que dans le public , ont certainement une incidence dans cette baisse des effectifs. C’est d’ailleurs ce qui avait conduit à un plan social dans le privé roubaisien en 2023 , avec la fermeture de trois établissements : Saint-Augustin, Saint-Éloi et Charles-de-Foucauld à Roubaix.

Malgré tout, avec dix écoles primaires, cinq collèges et quatre lycées, l’enseignement privé demeure puissant et incontournable à Roubaix.

Le rapprochement entre écoles et collèges se poursuit

Entamé à la rentrée 2025, le rapprochement entre les écoles et collèges de Roubaix se poursuit. Il y a un an, trois ensembles scolaires avaient été constitués : le collège Saint-Exupéry avec les écoles Sainte-Marie, Saint-Jean-Baptiste et Don-Bosco (Croix), le collège Saint-Michel avec Marie-Auxiliatrice et Notre-Dame de Lourdes, et enfin, le collège Sainte-Marie avec Mère-Térésa et Saint François-d’Assise.

Si chaque ensemble possède un seul organisme de gestion, le rapprochement n’est pas que financier entre ces différents établissements. Des projets éducatifs communs ont été travaillés. « Un travail de fond a été mené. La mayonnaise de construction des équipes a pris», indique Thierry Plateau. Des commissions thématiques (mutualisation, communication, projection des effectifs) ont été mises en place pour approfondir le sujet. Une douzaine d’établissements de Roubaix y participent, dont les lycées, réunis sous une seule bannière depuis 2013.

Le projet le plus avancé est celui de Saint-Exupéry, où des travaux sont en cours pour pouvoir intégrer l’ensemble des élèves de l’école Sainte-Marie dès la rentrée 2027. «  Les CM1 et CM2, qui étaient installés à Saint-Exupéry l’an dernier, sont repartis pour cette année dans leur école pour la durée du chantier, qui suppose l’aménagement d’un dortoir et d’une cantine  », poursuit le directeur diocésain adjoint. Après 2027, les locaux actuels de l’école Sainte-Marie seront mis en vente. L’ensemble scolaire Fraternité , qui regroupe Saint-Michel, Marie-Auxiliatrice et Notre-Dame de Lourdes, compte désormais deux chefs d’établissements contre trois auparavant : Cédric Beck vient de prendre la tête du collège, et Gaëtan Bouckenooghe celle des deux écoles primaires.

Enfin, le collège Sainte-Marie (lasallien) a toujours pour projet de bâtir un nouvel établissement dans les quartiers nord de la ville. « Il y a un besoin de recaler les choses avec la nouvelle municipalité pour lui présenter le projet », souligne Thierry Plateau.

Notons pour terminer sur ce chapitre que deux établissements restent isolés à Roubaix : le collège Pascal et l'école Saint-Louis, dont le rapprochement n’a pas été jugé viable économiquement. Des travaux de remise aux normes sont en cours à Pascal, tandis qu’à Saint-Louis, un redimensionnement des espaces est programmé pour « optimiser les espaces à disposition ».

Le conflit financier existe toujours entre le privé et la ville de Roubaix

Un recours est toujours d’actualité au tribunal administratif de Lille : depuis 2024, les écoles primaires privées de Roubaix réclament 1,25 million d’euros à la municipalité, estimant que le forfait que leur a versé la commune entre 2021 et 2023, en application de la loi, était sous-évalué. La juridiction a mis en place une médiation en lien avec la préfecture du Nord, mais elle n’a pas permis de régler le litige. Depuis, celui-ci est toujours au point mort. «  On est toujours dans la même situation, mais les discussions sont gelées, car nous sommes en attente d’un rendez-vous avec les nouveaux responsables de la mairie de Roubaix  », précise Thierry Plateau, le directeur diocésain adjoint de l’enseignement catholique.


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