Mobilisation dans les lycées : pourquoi le privé semble moins touché par les blocages
Alors que les tensions gagnent de nombreux lycées en Bretagne, les établissements privés catholiques sont eux aussi concernés. Mais les mobilisations y restent moins importantes que dans le public. Dialogue avec les élèves, place des familles, fermetures préventives : les responsables de l’enseignement catholique expliquent leur méthode.
"Nous avons des élèves qui manifestent, mais en proportion beaucoup moins que dans le public." Christophe Geffard, directeur de l’enseignement catholique de Bretagne et du Finistère, le constate : la mobilisation lycéenne touche également les établissements privés, mais dans une moindre mesure.
Ces derniers jours, des tensions ont pourtant été signalées dans plusieurs lycées à Brest, Quimper, Rennes ou encore à Morlaix.
Le but est que la parole soit écoutée"
Pour Christophe Geffard, cette mobilisation, moins importante, peut notamment s’expliquer par l'organisation des établissements et la place donnée au dialogue avec les élèves.
"Nous avons un fonctionnement avec des conseils de vie lycéenne. Ce sont des espaces de dialogue dans chaque établissement et qui existent également au niveau départemental."
Ces instances doivent permettre de faire remonter les difficultés avant qu'elles ne prennent trop d'ampleur. "Cela permet d’écouter les élèves en local, au niveau des établissements, puis de faire remonter au niveau supérieur pour éviter que des frustrations s’enveniment. Le but de ces instances est que la parole soit écoutée."
Autre différence avancée par le responsable : la place des familles. "La place des familles et des parents est plus importante également dans notre fonctionnement. Le dialogue y est ainsi plus fourni. Nous écoutons les remontées des parents d’élèves."
"On fait beaucoup avec peu"
Sur l’état des établissements, qui peut faire partie des motifs de mécontentement des lycéens, Christophe Geffard reconnaît des moyens limités.
"On dit souvent que l’on fait beaucoup avec peu. On utilise nos budgets au mieux, on rationalise."
Il estime toutefois que l’enseignement privé dispose de davantage de souplesse pour réaliser certains travaux : "Nous n’avons pas les mêmes contraintes que dans le public et ce sont les élèves qui en bénéficient. Les prix montent toujours après les appels que le public est obligé de faire."
En revanche, sur les absences de professeurs, privé et public rencontrent selon lui la même difficulté. "Nous sommes sur la même ligne que le public. Il faut savoir qu’un enseignant malade ne sera pas remplacé avant ses 15 premiers jours d’arrêt. Cela fait donc des absences."
Des établissements fermés dès les premières tensions
Dans ce contexte, la priorité affichée est d'éviter les débordements. Plusieurs établissements ont fermé leurs portes. À Morlaix, le lycée resté ouvert a connu des incidents, selon Christophe Geffard. "Des jeunes extérieurs à l’établissement s’en sont pris au portail, feu de poubelles et autres. Mais le portail a tenu."
Des tensions avaient déjà été constatées la semaine précédente dans deux établissements à Brest, dans un lycée à Quimper et à Rennes, notamment au lycée Saint-Martin, proche de la place Sainte-Anne.
"À chaque fois, les directeurs des établissements sont en lien direct avec la direction départementale et nous fermons aux premiers signes de tensions. Le but est la mise en sécurité des élèves, des enseignants et des locaux."
Une stratégie que Christophe Geffard présente comme préventive : "Notre but est d’ouvrir au plus vite pour reprendre la continuité de l’enseignement."
"Chaque matin, nous recensons les informations"
En Ille-et-Vilaine, la direction de l’enseignement catholique dit suivre la situation établissement par établissement.
"Chaque matin, nous recensons les informations de nos lycées afin de savoir où il y a des risques de débordements."
Trois possibilités sont alors envisagées : maintenir l'établissement ouvert, le fermer ou solliciter les forces de l'ordre. Cela a notamment été le cas à Montauban-de-Bretagne. "Il a fallu faire retirer des objets et des attroupements hostiles devant l’établissement. Cela a été fait et tout est rentré dans l’ordre."
La consigne reste la même : anticiper plutôt que laisser la situation se dégrader. "Nous essayons de travailler au plus près de nos directeurs. S’il y a des risques, nous fermons l’établissement. Mais nous avons hâte que tous les voyants reviennent au vert."
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