"Cela s'appelle la fermeture des écoles": l'enseignement catholique dénonce "une déclaration de guerre" après la suppression par les députés des crédits accordés à l'école privée
Article BFM publié le 30 octobre 2026 à 17h01
La commission des finances de l'Assemblée nationale a retiré près de 9 milliards d'euros au programme dédié à l'enseignement privé dans le budget 2027. Si ces coupes étaient confirmées, les 130.000 enseignants des écoles catholiques sous contrat, qui représentent 96% des écoles privées sous contrat, ne pourraient plus être rémunérés, prévient la fédération qui représente ces établissements.
"Le 29 octobre, la commission des finances de l'Assemblée nationale a retiré 8,99 milliards d'euros au programme qui finance l'enseignement privé sous contrat. Ce programme en compte 8,94. Il ne reste rien; il manque même 53 millions", affirme dans un communiqué la fédération des organismes de gestion de l'enseignement catholique (Fnogec).
Pour les 2,1 millions d'élèves scolarisés dans les 7.500 établissements catholiques sous contrat, qui représentent 96% du secteur privé sous contrat, "cela s'appelle la fermeture des écoles", poursuit le texte. Selon la Fnogec, si ces suppressions de crédits étaient confirmées, les quelque 130.000 enseignants des 7.500 écoles catholiques sous contrat, qui représentent 96% des écoles privées sous contrat, ne pourraient plus être rémunérés.
"Soit les familles acceptent de payer de leur poche les enseignants, soit on prend les 2,1 millions d'enfants des écoles privées catholiques et on les ramène à l'école publique en leur disant de se débrouiller", fustige auprès de l'AFP le président de la Fnogec, Pierre-Vincent Guéret.
"Déclaration de guerre"
Le responsable estime également que cette perspective est "absolument contraire à l'organisation de l'enseignement sous contrat, à la liberté d'enseignement qui est constitutionnelle". "On voyait bien monter un certain nombre de discours, mais jamais à ce point-là. Ce qui était un slogan est devenu un vote", poursuit-il "Pour moi, ça s'appelle une déclaration de guerre", ajoute-t-il.
Adopté par les députés, l'amendement de la France insoumise pour augmenter de 20% la rémunération des enseignants retire à lui seul 8,3 milliards d'euros des crédits de l'enseignement privé. "On ne construit pas l'école publique en s'essuyant les pieds sur l'école privée qui participe au service public de l'éducation. Que le gouvernement le dise aujourd'hui: aucun de ces prélèvements ne figurera dans le budget de la Nation", exhorte Pierre-Vincent Guéret. "Nous ne nous laisserons pas faire", assure-t-il.
La mesure n'est évidemment pas définitive puisqu'il ne s'agit que de l'examen en commission. Le texte doit encore être examiné en séance publique à l'Assemblée nationale, mais de toute façon, le projet de budget a peu de chances d'être adopté par un vote des députés en l'absence de majorité. Si la première partie du texte, consacrée aux recettes, était rejetée, les députés ne débattraient en effet pas du volet dépenses. Et le chemin législatif pourrait se finir par une adoption de la copie du gouvernement par 49.3 ou par par ordonnances budgétaires.
NDLR StopSouff :
- Prélèvement à la source : les DDEC fixent un montant de cotisation par élève (calculé sous forme de pourcentage ou de forfait fixe par tête).
- Le coût de l'appareil politique : environ 10 à 15% de la contribution de base payée par les parents sert exclusivement à financer le salaire des cadres de la DDEC, la communication du diocèse et les instances nationales de l'Enseignement catholique à Paris, sans aucun lien direct avec l'enseignement reçu par l'enfant en classe.

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