Retour sur l'affaire des violences à Saint-Pol-de-Léon
Jeudi 10 septembre Article France Inter
Charline Vanhoenacker fait étape à Saint-Pol-de-Léon, dans le Finistère, lieu où ont eu lieu des affaires de violences dans des établissements catholiques.
Saint-Pol-de-Léon avec vous, une ville très agréable, et dès qu'on se balade, on sent le poids de l'église, il y a la cathédrale, le Kreisker, qui est le plus haut clocher parmi une dizaine d'autres. Saint-Pol était surnommé, paraît-il, la Petite Rome, et il s'y est passé un gros Bétharram. Mon défi cette année, c'est de trouver une région de France qui ne soit pas concernée par un scandale pédocriminel, je ne suis pas sûr d'y arriver, je vous tiens au courant !
Alors ici, le scandale concerne deux établissements catholiques, Saint-Ursule et Le Kreisker, avec des faits de violence physique et d'agression sexuelle commis sur les enfants. C'est Olivier qui prend la parole : "Durant 50 ans à peu près, on parle des années 1950 jusqu'à début 2000. Il y avait aussi bien des prêtres que des civils qui agissaient, et tout ça s'est tu. On a eu beau le raconter à nos parents, on a eu beau le raconter autour de nous, ça ne sortait pas de là. De toute façon on ne nous donnait pas crédit, nous étions des enfants".
C'est fou ça, dans l'église on croit en la parole de type imaginaire, mais pas en celle des enfants.
L'affaire Bétharram qui a permis de libérer la parole
C'est grâce aussi au travail d'enquête d'un journaliste qui a permis la formation d'un collectif de 80 victimes dont Olivier Simon est porte-parole. Il a obtenu une première avancée : "On a un évêque actuellement au diocèse de Quimper très à l'écoute. Et on a eu demande de pardon de l'Église. De ce côté-là, il y a une reconnaissance de la part de l'Église catholique qu'il s'est passé des choses. Il y a même des dénominations... Par exemple, un prêtre agresseur sexuel, lui l'évêque, le traite de pédophile." Pourquoi c'est pas l'évêque de Quimper qui est pape ? Venez, on fait un mini-conclave et on vote.
Alors une procédure de justice a permis aussi d'entendre la parole de toutes les victimes qui ont été prises en compte : "Il y a une reconnaissance de la part de l'État, parce qu'il ne faut jamais oublier qu'il y a aussi l'absence de l'État dans cette histoire. Je pense que les chiffres nationaux qu'on a eus il y a encore quelques temps disent bien qu'en fait les écoles catholiques n'étaient pas contrôlées. On les contrôlait au niveau du budget, par contre le côté éducatif, il n'y avait rien".
C'est là qu'on voit les limites de la séparation des pouvoirs. À mon avis, on a trop fait confiance à Dieu pour surveiller ces établissements et on n'est pas au bout du chemin : "Maintenant nous, on voudrait en fait une reconnaissance de la part de l'établissement lui-même. C'est là que ça coince, parce qu'en fait notre demande aujourd'hui, elle est liée à une plaque commémorative que l'on voudrait faire apposer dans le CDI du lycée pour que tout le monde la voie et qui donc stipule les dates, les faits et surtout avec un message aussi pour l'avenir, pour tous ces enfants qui sont là aujourd'hui, plus jamais ça."
La suite est à écouter... ici
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