Morbihan : enquête sur le virage identitaire du diocèse de Vannes
À l’image du Vatican, le diocèse de Vannes vit-il un moment de fracture entre les deux courants de l’Église ? Avec, d’un côté, le courant « catho de gauche » qui s’efface à mesure que disparaissent ses militants. De l’autre, cette « tentation radicale » qui viserait à instrumentaliser la religion au profit d’un projet politique.
Le diocèse de Vannes au défi d’un « catholicisme intransigeant »
Fin juin, Léon XIV a dû faire face à l’ordination de quatre évêques par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X. Du nom de ce courant intégriste fondé par Mgr Lefebvre, en réaction à la réforme progressiste du concile Vatican II, effective à Rome depuis 1965.
Fin septembre, le nouveau souverain pontife se rendra à Paris, Lourdes et Metz. Dans un contexte de renouveau du catholicisme hexagonal qui s’appuie fortement sur la montée d’un « catholicisme intransigeant ».
En Bretagne, cette « tentation radicale », telle qu’analysée par l’historien Denis Pelletier, trouve notamment ses racines dans le Morbihan.
Mouvement de balancier
Comme à Sainte-Anne-d’Auray où, depuis maintenant neuf ans, s’élance le Feiz e Breizh. Pèlerinage au départ familial, devenu aujourd’hui l’un des points de rendez-vous de différents groupuscules de l’extrême droite française.
Ou à Lorient qui a vu l’aumônerie des étudiants servir de lieu de socialisation à une poignée d’identitaires, à la poigne résolument vindicative, parfois même violente.
Face à cet état des lieux, l’évêché répond « qu’une vision large et complète du diocèse est plus conforme à la réalité : sur un territoire aussi vaste et varié que celui du Morbihan, la vie diocésaine mobilise des chrétiens de tous horizons et s’adresse au plus grand nombre, que Dieu enveloppe de son amour infini ».
Cette enquête de Pierre-Yves Bulteau et Julien Meffre, illustrée par Placide, n’a qu’un objectif : comprendre si cet « accueil » s’est fait sous le sceau de « la réconciliation entre courants » ou si l’évêque de Vannes se serait « laissé doubler sur sa droite ».
Consultez notre enquête en accès libre.
Feiz e Breizh, un pèlerinage de conquête
Feiz e Breizh, un pèlerinage de conquête © Placide
Pour sa 9e édition, le pèlerinage breton s’élancera de Sainte-Anne-d’Auray, le samedi 19 septembre 2026. Derrière un événement se voulant familial et enraciné, de multiples profils issus de l’extrême droite la plus traditionaliste et radicale semblent grossir les rangs de Feiz e Breizh.
Dans le Morbihan, un évêque « doublé sur sa droite » et un « curé CNews » ouvrent grand les vannes du diocèse aux « tradis »
Depuis sa nomination par le pape, en 2005, le très discret Monseigneur Centène a laissé son évêché devenir un lieu où s’épanouissent certaines des figures les plus conservatrices du catholicisme breton. Au détriment de la branche la plus progressiste de son Église.
À Vannes et Lorient, ces identitaires qui bousculent certaines institutions diocésaines
De la création des Vénètes, dernier-né des groupuscules identitaires bretons, à la fréquentation de services diocésains par quelques militants radicaux… Dans le Morbihan, l’extrême droite tente d’instrumentaliser la société et la religion.
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Cette enquête a été réalisée entre mai à septembre 2026 par Pierre-Yves Bulteau et Julien Meffre. Placide signe les dessins. Elle a bénéficié d’une aide du Fonds pour une presse libre, organisme à but non lucratif qui défend le pluralisme de l’information et l’indépendance du journalisme, dans le cadre de l’appel à projets « extrême droite : enquêter, révéler, résister ».
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