À Brest, colère inédite des élèves du lycée privé Fénelon, qui dénoncent des agressions sexuelles
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Jean-Luc Padellec Le 30 septembre 2026 à 14h03
D'ordinaire épargné par les poussées de colère, le lycée privé Fénelon, à Brest, a rejoint la mobilisation nationale en cours ce mercredi. Au cœur de cette fronde inédite : la dénonciation de violences sexistes et sexuelles (VSS) au sein de l'établissement.
Le malaise couvait, il a fini par éclater au grand jour. Si quelques revendications rejoignent la mobilisation nationale du moment pour de meilleures conditions d'enseignement, c'est un sujet beaucoup plus lourd qui a poussé les élèves du lycée privé Fenelon dans la rue ce mercredi 30 septembre 2026.
Avant 9 h, des manifestants qui pourraient être extérieurs au lycée, ont mis le feu à quelques poubelles sur la route qui conduit à l'établissement. (Photo Le Télégramme/Jean-Luc Padellec)
À 9 h, à l'entrée du pont du Forestou, une bonne centaine d'élèves sont réunis. Quelques poubelles ont été enflammées devant l'accès à la grille principale. « On n'a rien à voir avec ça, ce sont des jeunes extérieurs au lycée qui ont mis le feu. Nous sommes ici pour dénoncer des situations d'agressions sexuelles », clament plusieurs jeunes filles, alors que les pompiers et les forces de l'ordre veillent au grain.
Les agresseurs présumés toujours en classe
Face à la presse, les manifestantes témoignent d'au moins deux victimes d'un même élève, citant un baiser forcé et une main imposée sur la poitrine. Il y aurait eu également une autre tentative d'agression. Alors que les premiers faits remontent à il y a deux ans, elles se disent écoeurées par une forme d'impunité, assurant que les agresseurs présumés ne sont pas sanctionnés et continuent de côtoyer leurs victimes en classe.
Le lycée a dit que l'affaire avait été réglée en interne, sauf que ces affaires doivent être réglées par la police.
Une lycéenne fulmine : « Le lycée a dit que l'affaire avait été réglée en interne, sauf que ces affaires doivent être réglées par la police ». L'absence de prévention sur les violences sexistes et sexuelles est également critiquée : « On n'a jamais aucune intervention sur ces questions », regrette une élève.
La direction de l'établissement dément toute inaction
Face à ce tumulte inhabituel, l'établissement a verrouillé ses accès, un membre du personnel invoquant la nécessité de mettre les élèves « en sécurité ». Les internes n'ont pas pu rejoindre leurs camarades à l'extérieur. Vers 11 h, Ronan Walter, le chef d'établissement qui dirige l'ensemble du groupe scolaire de l'Estran associant Charles-de Foucault, a accordé un bref échange au Télégramme.
On accueille toute parole sans distinction.
Il dément toute inaction face aux phénomènes de violences à caractère sexuel ou sexiste. Selon lui, les procédures légales sont appliquées à la lettre : « On accueille toute parole sans distinction. On invite et on incite grandement la famille et l'enfant à porter plainte, mais parfois, ce n'est pas souhaité ». Ronan Walter affirme accompagner les familles au commissariat si besoin, et recourir systématiquement aux signalements au procureur via l'article 40. « On a encore transmis une procédure à la brigade des mineurs il y a quinze jours », assure-t-il.
Deux élues insoumises en soutien
Présentes aux côtés des jeunes, les élues de Brest Insoumise, Cécile Beaudouin et Julie Le Goïc, ont tenu à saluer le courage des manifestants. « Ce que vous avez fait a permis d'alerter », ont-elles souligné, les incitant à ne pas céder aux éventuelles menaces de sanctions disciplinaires. Les élues ont vivement encouragé les victimes à déposer plainte pour que l'affaire sorte des murs de l'école et ont proposé de les mettre en lien avec des associations locales spécialisées dans les violences sexuelles et sexistes.
À midi, une cinquantaine de lycéens a convergé vers la place de la Liberté en espérant trouver des élèves d'autres établissements. (Photo Le Télégramme/Jean-Luc Padellec)
À midi, une cinquantaine d'élèves ont rejoint le rassemblement place de la Liberté, dans l'espoir de rallier d'autres lycéens... avant d'annoncer le blocus de Fénelon à partir de 13 h 30.

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