Un « risque pour la sécurité psychologique » des élèves ? Un collège privé de Boulogne épinglé par l’inspection académique

Article La Voix du Nord 

Dans un rapport d’inspection dévoilé par « Mediacités », plusieurs irrégularités sont relevées au collège privé Godefroy-de-Bouillon à Boulogne-sur-Mer, notamment en matière de gestion des situations de harcèlement ou violences sexuelles. 


15/07/2026 @ 11h00

Dans un rapport d’inspection dévoilé par « Mediacités », plusieurs irrégularités sont relevées au collège privé  Godefroy-de-Bouillon à Boulogne-sur-Mer, notamment en matière de gestion des situations de harcèlement ou violences sexuelles.

En juin 2025, le collège privé sous contrat Godefroy de Bouillon, situé dans la rue Nationale à Boulogne-sur-Mer, a fait l’objet d’un contrôle inopiné par l’inspection académique. Le média Mediacités s’est procuré le rapport des inspecteurs et l’a publié en intégralité. Parmi les éléments relevés, on trouve notamment un manque d’accompagnement des élèves qui dénoncent du harcèlement.

Pourquoi un contrôle de l’établissement ?

Tous les établissements scolaires sont normalement soumis à des inspections régulières. Après un premier contrôle «  sur pièces », à partir de documents fournis par l’établissement, en janvier 2025, «  des observations relatives au fonctionnement de l’établissement ont conduit l’autorité académique à organiser un contrôle inopiné sur place, le 17 juin 2025 », précise l’académie de Lille , que nous avons contactée. Au cours du contrôle plusieurs éléments ont été vérifiés sur le plan financier, organisationnel, des enseignements, les infrastructures et les conditions de travail des personnels et des élèves. L’établissement accueillait cette année 200 élèves et 20 enseignants.

Pas de « stratégie cohérente » en cas de harcèlement

Lors de l’inspection, les représentants de l’académie ont interrogé des groupes d’élèves. Concernant l’ambiance dans l’établissement, certains ont fait état de situations problématiques. «  Des élèves rapportent avoir été victimes ou témoins de comportements inappropriés, allant d’insultes répétées à des attouchements à caractère sexuel, détaille le rapport. Ces situations, lorsqu’elles sont signalées, n’ont pas systématiquement donné lieu à des actions éducatives claires. Certains élèves affirment (…) que les victimes n’ont pas bénéficié d’un accompagnement adapté. » Selon l’inspection, il n’existe pas de «  stratégie cohérente » de lutte contre le harcèlement, ce qui «  représente un risque pour la sécurité psychologique des élèves ».

La principale de l’établissement, Anne-Sophie Roches, sans répondre précisément sur le fond, assure que «  toutes les situations sont prises en charge ». Elle estime que le rapport «  ne reflète pas le climat scolaire ». «  Il y a de l’accompagnement, la bienveillance est présente. » La situation fait l’objet d’un suivi par l’académie, qui précise que la «  mise en œuvre effective d’actions prévues (…) fera l’objet d’une vérification lors d’un contrôle sur place prévu au cours de l’année scolaire 2026-2027 ».

Interrogation sur les montants des frais d’inscription

Le rapport d’inspection rappelle qu’étant un établissement privé sous contrat, certains frais du collège sont pris en charge par l’État via une dotation annuelle. Parmi les frais supportés par l’État et les collectivités figurent notamment les charges de personnel (non enseignant) et de fonctionnement, ainsi que l’achat de manuels scolaires. Ces frais pris en charge par l’État ne doivent donc pas être facturés également aux familles. Or, selon le rapport de l’inspection, «  la contribution annuelle de l’établissement (675 €) est destinée à couvrir des charges de fonctionnement et de personnel normalement prises en charge (…) par l’État. (…) La facturation systématique aux familles de frais déjà couverts par des financements publics interroge ». Des irrégularités dans les comptes ont aussi été relevées.

Interrogée à ce sujet, Anne-Sophie Roches rejette tout dysfonctionnement. «  Tout ce qui n’est pas couvert par la dotation de l’État l’est par les familles », résume-t-elle. Elle ajoute qu’aucune sanction n’a été prononcée contre l’établissement à ce jour. «  S’il devait y avoir des sanctions, elles auraient déjà eu lieu », affirme-t-elle. Elle a renvoyé une «  réponse de 200 pages» à la rectrice de l’académie et est «  en attente d’une réponse  ».

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