Une déclaration de guerre à l'école privée
Gauthier Vaillant @gauthvaillant X
« REPRENDRE LE CONTRÔLE sur les écoles privées sous contrat qui doivent sur le long terme être incorporées au sein du service public de l'Education nationale ». Le programme a au moins le mérite d'être clair. Dans la version de travail de son programme pour l'élection présidentielle de 2027, que l'Opinion révèle en exclusivité, le parti à la rose propose une reprise en main de l'enseignement privé si radicale qu'elle équivaudrait quasiment à sa suppression.
Dans un chapitre intitulé « Lutter contre la ghettoïsation territoriale, scolaire et urbaine », le Parti socialiste brocarde ainsi « le tri social opéré par l'enseignement privé sous contrat, fnancé à hauteur de 75% par des fonds publics sans contrepartie ni contrôle ».
Tant pis si, dans le sillage de l'afaire Bétharram, les établissements privés catholiques ont subi un millier de contrôles en 2025. Tant pis aussi si, selon le rapport parlementaire publié en 2024 par le député Renaissance Christopher Weissberg et son collègue LFI Paul Vannier – peu suspect de complaisance à l'égard de l'Enseignement catholique –, un élève de l'enseignement privé coûte à l'Etat 5300 euros par an, contre 7 800 euros pour un élève du public.
Laïcité. Pour reprendre la main sur cet adversaire désigné de l'égalité, le projet socialiste propose notamment de « moduler les dotations des établissements en fonction de leur respect de la mixité, y compris celle des établissements privés », « conditionner les contrats d'association entre l'Etat et les établissements privés à des objectifs de mixité scolaire », « interdire les subventions supplémentaires pour financement des écoles privées » ou encore de « redéfnir progressivement et de manière concertée la carte scolaire, intégrant la mixité sociale comme critère, y compris pour l'enseignement privé sous contrat ».
Cette attaque en règle contre la liberté scolaire et éducative, le programme « Vivre libres » le mène aussi au nom de la laïcité. Dans un chapitre intitulé « Défendre la laïcité, pour la liberté », c'est en effet le caractère confessionnel des établissements privés – et donc de l'Enseignement catholique, puisqu'il pèse pour 96% des élèves du privé – qui est ciblé. Les propositions du PS: « Assurer une transparence totale dans l'enseignement privé, avec un renforcement du contrôle administratif et pédagogique par des visites d'inspection régulières et une évaluation du bien-être des élèves », « s'assurer de l'absence totale d'obligation ou de pression sur les élèves et les familles pour participer à des manifestations religieuses et aux enseignements religieux », « afcher et faire respecter la charte de la laïcité dans les écoles privées sous contrat ».
Cette dernière proposition apparaît en particulier comme une attaque directe contre le caractère propre des établissements privés, puisque le contrat d'association avec l'Etat concerne les classes, et non le reste de la vie de l'établissement.
Les propositions du PS ne manqueront sans doute pas de faire réagir l'Enseignement catholique, dont le nouveau secrétaire général, Guillaume Prévost, fait justement de la réaffirmation du caractère propre sa première priorité.
Pour reprendre la main sur cet adversaire désigné de l'égalité, le projet socialiste propose notamment de « moduler les dotations des établissements en fonction de leur respect de la mixité, y compris celle des établissements privés »

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