"On dirait des opérations de police": l'enseignement catholique dénonce des contrôles abusifs "à charge"

  

 


Bérengère Bocquillon et Guillaume Descours

 BFM actualités

Le secrétaire général de l'enseignement catholique hausse le ton ce mardi matin sur RMC pour dénoncer les contrôles qu'il juge abusifs dans plusieurs établissements privés. 900 contrôles menés par l'Éducation nationale après le scandale des viols de Bétharram. Dont certains qui ont beaucoup choqué les équipes éducatives.

Le secrétaire général de l’enseignement catholique dénonce des abus lors de contrôles de l'Éducation nationale. Suite à l'affaire Bétharram, Élisabeth Borne, alors ministre de l'Éducation nationale, avait annoncé 1.000 contrôles dans les écoles privées avant la fin de l'année.

900 contrôles ont déjà été réalisés dans des écoles privées catholiques sous contrat. Mais le secrétaire général de l’enseignement catholique dénonce, comme RMC le révélait lundi, des abus d’autorité ou des atteintes à la liberté de l’enseignement privé lors de ces contrôles. Il réclame même une mission parlementaire sur les conditions dans lesquelles se déroulent ces inspections.

“De façon un peu systématique, parce qu’on voit que ça a lieu dans toutes les académies, il y a des formes d’abus d’autorité, une forme de non-respect des personnels assez préoccupante pour que nous choisissions de prendre la parole aujourd’hui. C'est-à-dire que ce sont des contrôles qui confinent parfois à des opérations de police”, assure Guillaume Prévost, ce mardi matin sur RMC.

Des contrôles "à charge"

Il s'appuie sur un document dans lequel le secrétariat général de l’enseignement privé catholique a compilé des témoignages de chefs d’établissement. “Ça veut dire que dans une petite école, rurale, avec moins d’une dizaine d’enseignants, quelques classes élémentaires, vous voyez débarquer des inspecteurs au pas de charge qui vérifient les casiers, qui fouillent les messageries avec un manque de respect au personnel, des phrases très comminatoires, des contrôles un peu à charge”, appuie-t-il.

Il dénonce également un travail de sape sur l’autorité des chefs d’établissement. “On sait que dans le privé sous contrat, c’est lui le chef, c’est lui qui gère les établissements… Et on voit parfois des inspecteurs qui cherchent à saper cette autorité du chef d’établissement”, indique-t-il.

Une situation qu’a vécue Stéphane, chef d’un établissement scolaire catholique en Vendée. Les drapeaux français et européens qui doivent se trouver sur la façade de son école se trouvaient dans l’entrée, il a reçu un avertissement. Une mise en demeure de régulariser rapidement la situation.

“J’ai eu une mise en demeure! Moi, chef d’établissement. Je travaille 7 jours sur 7. Je suis disponible à n’importe quel moment. J’ai l’impression d’être un suspect, un délinquant”, déplore-t-il.

Des questions pointilleuses, un climat de suspicion, et beaucoup de remarques sur les enseignements de culture chrétienne. Véronique dirige une école primaire dans le sud de la France, et une de ses enseignantes de maternelle s’est vue reprocher de parler de la fête religieuse du 15 août, l’Assomption: "Elle fait un petit calendrier et elle explique les jours, les saisons. Et pour le 15 août, on lui a dit qu'elle n’aurait pas dû dire que c’était l’Assomption, la fête de Marie", souffle Véronique. 

Un retour de la "querelle" public-privé?

Guillaume Prévost, secrétaire général de l'enseignement catholique, pointe du doigt ce genre de dérives et s’interroge sur les vraies motivations, liant cette situation à la baisse démographique.

"Il y a une forme de querelle scolaire qui est en train de reprendre sa place dans le paysage", estime-t-il.

"Le système éducatif français, c’était il y a 10 ans, 10 millions d’élèves dans le public et 2 millions d’élèves dans les établissements catholiques. À la fin de la décennie, il y aura 10 millions d’élèves au total. Donc est-ce qu’on rentre dans une forme de concurrence en essayant d’aller chercher des coûts variables là où on en a? Ou est-ce qu'au contraire, on profite de ce contexte pour améliorer les conditions d’encadrement, améliorer le dialogue avec les personnels, et améliorer les conditions de travail des enseignants?", appuie-t-il.

"On a besoin d'un dialogue pas de ces querelles d'un autre âge", conclut-il.


Le ministère a répondu lundi que des consignes fermes seraient rappelées aux recteurs ce jeudi, afin qu’ils les transmettent aux inspecteurs.

 

 

 

 

 

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