Entre baisse des effectifs et arbitrages budgétaires, une année sous contraintes pour le système éducatif calédonien
Les établissements scolaires n'ont pas été épargnés par les violences de 2024. Dans le Grand Nouméa, ils ont continué à en payer le prix toute l'année. Mais les bons résultats du Bac sont de meilleur augure pour la suite.
Par Marion Thellier , Théo Rouby
Publié le 23 décembre 2025 à 21h00 Article La 1ère- France Info
7 février 2025 : coup d'envoi de la rentrée scolaire en Nouvelle-Calédonie. Plus de 62 600 élèves reprennent le chemin de l’école, établissements publics et privés confondus. Un évènement marqué par le départ du pays de 1 000 élèves du secondaire et par de nombreux changements de scolarisation, conséquence des bouleversements de l'année précédente.
Une rentrée mouvementée
Entre mai et septembre 2024, 685 élèves du secondaire changeaient d’établissement. Il s'agissait de déplacements au sein de la province Sud, vers la province des Îles, mais aussi des transferts contraints après la fermeture de quatre écoles, en raison des émeutes.
Face à cette situation, les établissements s’adaptent, des classes sont recomposées. Certains élèves manquent la rentrée scolaire. Ils n'ont pas eu confirmation de leur inscription en province Sud.
"Nous avons plusieurs écoles qui ont été partiellement dégradées ou complètement détruites l'année dernière. Ça concerne particulièrement la commune de Nouméa, il y a aussi la commune de Dumbéa, donc c'est un gros travail qui a été fait pour répartir les effectifs, expliquait Isabelle Champoreau, membre du gouvernement en charge de l'éducation. Ce qui est rassurant, malgré peut-être certaines contraintes pour certaines familles dans des quartiers, c'est que chaque élève, que ce soit dans le primaire ou dans le secondaire, aura une place en classe."
La province Sud cherche des économies
Quatre jours avant la reprise des cours, un autre tournant s’opère, cette fois sur le plan budgétaire. La province Sud tranche dans le vif. Elle annonce la suppression de l’aide à la rentrée scolaire, la suppression également de l’aide au transport, et la réduction de 100 francs sur la prise en charge des repas pour les boursiers. 12 000 élèves sont concernés par ces mesures. Ces mesures doivent permettre à l’institution de réaliser 365 millions de francs d’économies en 2025.
"Moins de recettes fiscales pour l'ensemble de la Nouvelle-Calédonie et ses collectivités, c'est moins 30% pour la province Sud, donc on a fait un budget en diminution de 8 milliards", justifiait alors Gil Brial, 2e vice-président de la collectivité. "On doit faire des économies partout, et on a baissé de 30% une partie des bourses scolaires, notamment les aides à la cantine."
Face à ces mesures, l'UGPE dénonçait une "atteinte au droit à l'éducation."
La DDEC en faillite
Cette année 2025 a aussi été marquée par les difficultés financières de l'enseignement catholique. En novembre, la DDEC suspend son service de cantine, confrontée à une tension de trésorerie de 630 millions de francs. 9 000 élèves sont alors directement concernés et les parents s'organisent comme ils peuvent.
Je travaille à Nouméa, donc je monte jusqu'à Païta, je lui donne à manger, et je le ramène et ensuite je retourne à Nouméa, racontait cette mre de famille à NC la 1ère.
Dix jours plus tard, le gouvernement débloque une aide exceptionnelle de 300 millions de francs au titre de l'exercice 2025. Un soutien ponctuel, qui relance la question d’un modèle de financement durable pour l’enseignement privé sous contrat.
"On est sur des sommes qui représentent 400 à 500 millions de francs de déficit des collectivités publiques", réagissait Philippe Dunoyer, élu du Congrès. En réalité, tant qu'on n'aura pas décidé que comme l'enseignement public, l'enseignement privé en Nouvelle-Calédonie, qui représente 12 000 élèves, c'est gigantesque, est aussi un service public, et qu'il doit être financé de la même manière, on va se retrouver devant ces difficultés récurrentes."
Pour l’heure, la fermeture de deux établissements privés a été annoncée pour la rentrée 2026.
Malgré toutes ces difficultés, une nouvelle encourageante a marqué cette fin d'année : les résultats du baccalauréat affichent un taux de réussite supérieur à 80 %, avec des chiffres en progression toute filière confondue.
Par Marion Thellier , Théo Rouby

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