Humiliations d'un élève au collège Champagnat : les auteurs sanctionnés
Article L'Alsace
« C’est laisser entrer le loup dans la bergerie ». Cette maman d’un élève du collège de l’institution mariste Champagnat ne décolère pas. Il y a quelques jours, son fils a été victime d’un mauvais traitement de ses camarades de classe, qui ont mis le jeune garçon dans une situation humiliante dans la cour de l’école.
Alertée, la maman découvre que le collégien est, depuis le début de l’année, victime de moqueries de la part de ses camarades de classe. Elle alerte la direction de l’établissement, et dépose plainte contre les collégiens auteurs des mauvais traitements qu’a subis le jeune garçon. Mais surtout, elle pointe du doigt l’organisation des heures d’étude de l’institution, qui fait surveiller les plus jeunes élèves par les plus âgés. « L’un des élèves ayant harcelé mon fils le gardait en étude certains soirs. Tous les volontaires sont acceptés sans vérification préalable de leur comportement ou de leur dossier scolaire », affirme-t-elle. « Les enfants ne sont pas formés pour ça, et ce dispositif ouvre la porte aux abus, intimidations, et dérives ».
« Ce n’est pas faute de dire aux jeunes qu’ils doivent nous alerter quand ils ont des problèmes »
La direction de l’établissement reconnaît l’incident et le déplore, mais établit une distinction avec les heures d’études tutorées par les élèves plus âgés. « À notre sens, il ne s’agit pas de harcèlement, mais d’un simple incident qui n’a rien à voir avec le dispositif de tutorat durant l’étude. Les grands surveillent les plus jeunes en étude depuis des années, et du personnel éducatif surveille en passant dans les couloirs, les enfants ne sont pas livrés à eux-mêmes », explique Laurent Miesch, directeur de l’établissement.
« Quant à l’incident survenu dans la cour, les élèves en cause ont été sanctionnés. La famille nous a informés des moqueries subies dès qu’elle en a eu connaissance. Et je comprends qu’elle soit bouleversée, mais nous avons réagi en moins de 24 heures. C’est dommage qu’on n’ait pas su avant ce qui se passait, on aurait été en mesure d’anticiper. Ce n’est pas faute de dire aux jeunes qu’ils doivent nous alerter quand ils ont des problèmes », déplore le directeur.
Au sein de l’institution, les questions de harcèlement sont traitées par un groupe nommé « Entraide », mené par la référente "harcèlement" et constitué de personnel de la vie scolaire de l’école et du collège, de l’infirmière scolaire, du directeur adjoint. Lors de leur réunion hebdomadaire, les membres d’Entraide évoquent les cas de harcèlement ou d’échanges problématiques entre les élèves, de la conduite à tenir, discutent parfois avec les élèves, et tentent de trouver des solutions.
[NDLR StopSouffrancEC : peut-être que le groupe "entraide" pourrait surveiller l'étude au lieu de mettre des élèves à surveiller des... élèves ?]

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