Les rectorats surfent sur le « pas de vagues », et pas que l’été…
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Les rectorats surfent sur le « pas de vagues », et pas que l’été…
Les agents de droit public dans les murs du privé sous contrat se retrouvent abandonnés
Alors que l’enseignement
catholique est friand du « pas vu, pas entendu », le
rectorat surfe sur le « pas de vagues ». Un cocktail
puissant à base d’omerta.
Le service dédié à l’enseignement privé des rectorats d'académie, division des établissements d’enseignement privé (DEEP) ou Direction des Personnels de l'Enseignement Privé (DPEP) selon les régions, est à la botte des directions diocésaines et travaille main dans la main avec elles. Certains chefs de ces directions sont même parfois d'anciens salariés des diocèses !
Un duo de choc enseignement catholique/ DEEP qui consiste à ne pas bouger, surtout pour ne pas désavouer un chef d’établissement pourtant décrit comme maltraitant ou délictuel, peu importe l’état de santé des victimes, quitte à en perdre des élèves comme des enseignants, pourtant centraux dans le concept d'une école.
Les agents salariés de droit public qui travaillent dans les murs du privé sont doublement abandonnés : lorsqu’ils appellent à l’aide leur employeur, l’État, attendant de lui d’être protégés, ils se heurtent au « pas de vagues ». Quand ils s’adressent aux autorités catholiques, employeur du chef d’établissement, ils découvrent une mécanique du silence bien rodée.
L’enseignement catholique est lié à l’État par un contrat. Cela signifie que l’enseignement catholique a des droits mais également des devoirs, encore faudrait-il qu’il ait des comptes à rendre ! Et, au rythme d’un contrôle tous les 1500 ans sans sanctions, il se sait tranquille, ce qui ouvre la porte à des dérives de plus en plus nombreuses.
Seuls des contrôles financiers, administratifs et pédagogiques sont prévus par l’État.
Mais qui contrôle les compétences des chefs d’établissement ? Aucun diplôme ou certification n'est requis pour ce poste de direction d'institutions accueillant des mineurs.
Qui intervient lorsqu’un chef d’établissement maltraite ses équipes et use de méthodes peu catholiques (pressions, intimidations, divisions, délation, harcèlement…) ? PERSONNE.
Parfois un contrôle est effectué. Mais voilà... les équipes n'ont jamais l'honneur d'être récipiendaires de ces conclusions.
Chacun se renvoie la balle : les DEEP des rectorats se défaussent en mettant en avant le fait que, comme l’État n’est pas l’employeur du chef d’établissement, il ne peut rien contre lui. Elles renvoient alors vers l’autorité de tutelle qui…renvoie les enseignants vers les DEEP des rectorats, en leur rappelant que leur employeur est l’État. Ce statut bancal des enseignants du privé permet aux autorités, publiques comme diocésaines, de ne pas se mouiller et d’être responsables de tout mais surtout de rien.
Les rectorats, garants de la santé physique et mentale de leurs agents, proposent quelques leviers, à défaut de veiller à ce que toute violence à leur encontre cesse. Leviers qui semblent plus être du vent que des mesures fermes. A titre d’exemple, l’invitation à consulter les services de la médecine de prévention et la psychologue. Il s’agit là d’une offre d’écoute professionnelle mais les délais sont très longs et ne permettent pas de gérer une situation en urgence. Par ailleurs, l’absence de porosité entre les services ne permet pas de faire le lien entre la médecine de prévention et les directions du privé au rectorat.
Autre levier, l’enquête administrative, le fameux contrôle d'établissement, généralement proposée après de nombreuses alertes, parfois médiatiques. Elle n’est pas souvent satisfaisante puisque ne sont invités à témoigner que ceux qui le souhaitent. Se précipitent les soutiens des directions maltraitantes, qui seront ensuite généreusement récompensés par celles-ci (nouvelles responsabilités, heures supplémentaires, emploi du temps sympa...), et les personnels en souffrance peinent à se manifester, de peur de payer cher leur audace. Une enquête administrative pourrait être intéressante si tous les personnels de l’établissement étaient entendus , mais cela nécessite une volonté que le rectorat ne possède pas. Au final, les enquêtes sont rarement représentatives des situations vécues et, quand bien même elles le seraient, aucune suite concrète n’est donnée pour mettre fin au calvaire subi par de trop nombreux agents des établissements privés. Ces enquêtes se retournent même parfois contre ceux qui ont alerté les instances, puisque seule la direction reçoit les conclusions dans l'établissement.
Autre levier, quand un agent est la cible d’un chef d’établissement maltraitant, les DEEP des rectorats prennent la décision de suspendre l’agent, suspension annoncée non pas comme une sanction mais comme une mesure de protection ! Une suspension protection ? Une suspension sanction plutôt, celle qui déshonore l'enseignant(e) visé(e), sans remédier au problème premier : une direction d'école maltraitante et diffamante.
Sans oublier parfois les interventions des DEEP des rectorats contre leurs propres agents, en se basant sur les seules sources des chefs d’établissement, certains pourtant connus comme étant dysfonctionnels. Puis renvoyer le problème à la victime, forcément souffrante d'une pathologie mentale ou dont la souffrance n’aurait pas d'origine dans son emploi. Une complicité glaçante. Quand un arrêt maladie s'impose pour les enseignants lanceurs d'alerte, la loi impose un passage devant un "expert psychiatre", qui lui reçoit les écrits diffamants des directeurs avant de rencontrer la personne, perdante d'avance.
Rien n’est prévu pour sanctionner un chef d’établissement qui s'en prend à un agent public travaillant dans les murs du privé.
Des témoignages reçus de collègues de la France entière, nos conclusions sont formelles : des agents publics sont abandonnés voire broyés plutôt que d’être protégés. Pas de bouée de sauvetage pour ceux qui appellent au secours.
STOP à l’OMERTA systémique et au #PASDEVAGUES institutionnel.
Les agents de droit public qui travaillent dans les murs du privé sous contrat réclament d’être protégés contre des chefs d’établissement nommés par évêques, directeurs trop souvent incompétents, maltraitants, sans limites et en toute impunité.


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