Le combat des victimes de Bétharram vire au pugilat
09/07/2025 - Article Le Canard Enchaîné
Louise Calvert & Emmanuel Savoye
Une commission d'enquête peut en cacher une autre ! Parallèlement à celle de l'Assemblée qui, le 2 juillet, a rendu public son rapport sur les violences en milieu scolaire, une deuxième instance, lancée par l'Institut francophone pour la justice et la démocratie (IFJD) et mandatée par la congrégation ("Le Canard", 14/5) poursuit ses travaux sur Bétharram... dans la douleur.
Présidée par l'universitaire Jean-Pierre Massias, elle comptait 20 membres... jusque la semaine dernière. Le 3 juillet, en effet, quatre commissaires ont quitté le navire. Laurent Bacho, porte-parole de la congrégation est parti, car il était jugé trop proche de Benat Segur, l'ancien directeur de l'établissement, décédé en 2010 et soupçonné de multiples viols sur mineurs en France et en Côte d'Ivoire. Les trois autres sont des victimes de Bétharram : Alain Esquerre - le très médiatique lanceur d'alerte -, Alexandre Perez, adjoint de François Bayrou à la mairie de Pau, récemment mis en cause par Mediapart (7/6) pour des messages racistes publiés sur X sous pseudonyme (ce que l'intéressé dément), et Olivier Bunel, l'un de ses proches.
Autre grief fait à Esquerre : bien que n'ayant jamais été interne à Bétharram, il a été missionné par la direction de l'enseignement catholique pour participer à un audit des internats. A ses côtés, Hélène Laubignat, présidente de la très controversée Association de parents d'élèves de l'enseignement libre. Difficile de porter sa croix en voulant être à la fois proche des curés et des victimes !
L'IFDJ a aussi critiqué Esquerre pour son manque de respect de la confidentialité des témoignages écrits des victimes de Bétharram, qui lui avaient fait confiance. Le 7 juillet, un signalement a été déposé par la nouvelle association dissidente à la Commission nationale de l'Informatique et des libertés pour divulgation de données personnelles. A Cnil profite le crime ?
En dépit de ce maelström, la commission a auditionné une dizaine de victimes. Des prêtres de la congrégation doivent être entendus prochainement. Il apparait déjà que certains prédateurs de l'internat livraient les enfants qu'ils violaient à des relations au seint de camps scouts ou lors de séjours scolaires. L'IFDH a aussi entendu deux victimes détailler les agressions commises sur au moins dix autres enfants par le père Benat Segur en Côte d'Ivoire.
Dans son rapport de 2021, la Commission Indépendante sur les abus sexuels dans l'Eglise (Ciase) avait déjà dénombré 13 plaintes au sujet de ce prélat. La congrégation vient d'allouer une rallonge de 60 000 euros à la commission de l'IFJD afin qu'elle poursuive l'enquête jusqu'en Afrique.
La preuve que l'affaire ne règlera pas en deux coups de cuillère à Pau...
Louise Calvert & Emmanuel Savoye

Louise Calvert & Emmanuel Savoye
Une commission d'enquête peut en cacher une autre ! Parallèlement à celle de l'Assemblée qui, le 2 juillet, a rendu public son rapport sur les violences en milieu scolaire, une deuxième instance, lancée par l'Institut francophone pour la justice et la démocratie (IFJD) et mandatée par la congrégation ("Le Canard", 14/5) poursuit ses travaux sur Bétharram... dans la douleur.
Présidée par l'universitaire Jean-Pierre Massias, elle comptait 20 membres... jusque la semaine dernière. Le 3 juillet, en effet, quatre commissaires ont quitté le navire. Laurent Bacho, porte-parole de la congrégation est parti, car il était jugé trop proche de Benat Segur, l'ancien directeur de l'établissement, décédé en 2010 et soupçonné de multiples viols sur mineurs en France et en Côte d'Ivoire. Les trois autres sont des victimes de Bétharram : Alain Esquerre - le très médiatique lanceur d'alerte -, Alexandre Perez, adjoint de François Bayrou à la mairie de Pau, récemment mis en cause par Mediapart (7/6) pour des messages racistes publiés sur X sous pseudonyme (ce que l'intéressé dément), et Olivier Bunel, l'un de ses proches.
Sanctifie-toi à moi
Leur présence a été remise en question par les adhérents de la tout jeune Association des victimes de Notre-Dame de Bétharram, qui voient en eux des "personnages aux intérêts douteux". Dans un communiqué, les trois bannis ont justifié leur retrait forcé par l'impossibilité d' "accéder aux archives de l'établissement", mais aussi par "le désir de l'IFJD de faire entrer de nouvelles "sensibilités" ". Traduction ? L'institut a compris que le porte-parolat des victimes ne pouvait plus être monopolisé par Esquerre... lequel s'est fâché tout rouge en excommuniant les membres de l'IFJD de son groupe Facebook. Tremblez, suppôts de Satan !Autre grief fait à Esquerre : bien que n'ayant jamais été interne à Bétharram, il a été missionné par la direction de l'enseignement catholique pour participer à un audit des internats. A ses côtés, Hélène Laubignat, présidente de la très controversée Association de parents d'élèves de l'enseignement libre. Difficile de porter sa croix en voulant être à la fois proche des curés et des victimes !
L'IFDJ a aussi critiqué Esquerre pour son manque de respect de la confidentialité des témoignages écrits des victimes de Bétharram, qui lui avaient fait confiance. Le 7 juillet, un signalement a été déposé par la nouvelle association dissidente à la Commission nationale de l'Informatique et des libertés pour divulgation de données personnelles. A Cnil profite le crime ?
En dépit de ce maelström, la commission a auditionné une dizaine de victimes. Des prêtres de la congrégation doivent être entendus prochainement. Il apparait déjà que certains prédateurs de l'internat livraient les enfants qu'ils violaient à des relations au seint de camps scouts ou lors de séjours scolaires. L'IFDH a aussi entendu deux victimes détailler les agressions commises sur au moins dix autres enfants par le père Benat Segur en Côte d'Ivoire.
Dans son rapport de 2021, la Commission Indépendante sur les abus sexuels dans l'Eglise (Ciase) avait déjà dénombré 13 plaintes au sujet de ce prélat. La congrégation vient d'allouer une rallonge de 60 000 euros à la commission de l'IFJD afin qu'elle poursuive l'enquête jusqu'en Afrique.
La preuve que l'affaire ne règlera pas en deux coups de cuillère à Pau...
Louise Calvert & Emmanuel Savoye

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