Affaire Bétharram : "une formation pour les prêtres", de la "prévention"... Des victimes reçues à Matignon pour remettre des "propositions"

 L'Indépendant, jeudi 1 mai 2025  Article L'Indépendant

Selon le porte-parole de l'association des victimes de Bétharram, les échanges "ont été riches". 

Ils ont vécu l’enfer et veulent y mettre fin. Mercredi 30 avril, des victimes de Bétharram (Pyrénées-Atlantique) et de Saint-Dominique à Neuilly-sur-Seine ont été reçues par François Bayrou à Matignon afin de remettre leurs "propositions". Le but : lutter contre les violences sexuelles sur mineurs en milieu scolaire, a indiqué le collectif des victimes de Bétharram.

"Nos échanges ont été riches"

Des propositions ont été faites mais "rien n’est acté", a déclaré auprès de l’AFP Alain Esquerre, porte-parole du collectif et ancien élève de l’établissement béarnais, à la suite de sa rencontre avec le Premier ministre François Bayrou, mercredi, accompagnés d’autres victimes de Bétharram et de l’institut Saint-Dominique. "On a fait nos propositions, c’est désormais entre les mains de Matignon, a-t-il ajouté. Je pense que c’est en bonne voie, les échanges ont été riches."

Un fonds d’indemnisation et une "formation pour les prêtres"

Parmi les demandes émises , les victimes de violences et d’abus sexuels d’ampleur commises sur des enfants à Notre-Dame de Bétharram mais aussi dans d’autres établissements scolaires en France, les victimes ont réclamé la création d’une entité qui "réunirait autour de la table l’État, l’église, les Congrégations, des privés" a détaillé Alain Lesquerre, dont le rôle serait de mener des contrôles dans les établissements scolaires et les internats, qu’ils soient privés ou publics.

Cette instance devrait inclure la création d’un "fonds d’indemnisation des victimes", un "rôle de prévention", "un pont entre la justice et l’Éducation nationale" ainsi qu’une "formation pour les prêtres".

"Ce dossier ne doit pas traîner"

Pour l’heure, aucun calendrier n’a été évoqué et Matignon n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP. Mais le lanceur d’alerte assure avoir "insisté pour que ce dossier ne traîne pas". "On ne sait pas combien de temps durera ce gouvernement et il faut acter des mesures avec ce Premier ministre là", a-t-il encore ajouté, alors que François Bayrou doit être entendu par la commission d’enquête le 14 mai prochain , née du scandale Bétharram, sur les modalités du contrôle par l’État des violences dans les établissements scolaires.

Le numéro 2 du gouvernement est accusé par la gauche d’avoir été au courant, dans le passé, des agissements dénoncés aujourd’hui par d’anciens élèves et d’être intervenu dans une affaire judiciaire impliquant un religieux de l’institution béarnaise, fréquentée par plusieurs de ses enfants.

Depuis la révélation du scandale, François Bayrou a démenti fermement, évoquant des "polémiques artificielles".

 

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