Professeurs absents non remplacés dans le privé en Bretagne : le rectorat s’explique

[Explication préliminaire StopSouff : que des crédits soient gelés à travers l'ensemble des ministères est une réalité du moment. Que ça finisse par accabler le privé sous contrat, une fatalité dont ils n'avaient pas encore conscience de toute évidence. Remplacer coûte que coûte, pour éviter "le paquet d'heures pas remplacées dans le public", dixit une ex-ministre, c'est forcément confortable. Du recrutement des suppléants dans l'enseignement sous contrat : complètement géré par les DDEC, sans vérification des compétences, même que ça joue du népotisme éhonté, avec la DPEP du rectorat de Rennes qui valide sans se poser de questions. Et rémunère ces suppléants, enfin, plus trop maintenant. Personne qui ne s'interroge sur les arrêts maladie dus à du management par directeurs toxiques... encore du chemin à parcourir pour réguler tout ça.]

Par Romain Roux

Le comité académique de l’enseignement catholique de Bretagne et la CFDT, syndicat majoritaire, s’en alarment de concert. Depuis la rentrée scolaire du mardi 22 avril, les professeurs absents ne sont plus remplacés dans l’académie, dans le premier comme dans le second degré. D’après la CFDT, certains remplaçants auraient même appris le jour de la rentrée qu’ils étaient finalement priés de rentrer chez eux, leur nomination étant annulée par le rectorat. Des milliers d’heures de cours risquent ainsi de passer à la trappe d’ici la fin de l’année scolaire.

Contacté, le rectorat confirme, ce vendredi, qu’il est « contraint de réguler très fortement les remplacements des enseignants, compte tenu de l’importance des demandes ». À un peu plus de deux mois des grandes vacances, l’enveloppe emplois accordée au privé a déjà été dépassée, justifie-t-il. L’institution rappelle aussi que le remplacement des profs « s’inscrit dans le cadre du respect de la loi de finances et des autorisations de recrutement accordées à l’académie ». Manière de rappeler les 50 milliards d’économies dans le budget de l’État décidées par le gouvernement Bayrou. 

Des critères en place pour prioriser les remplacements

Pour autant, assure l’administration, le remplacement des enseignants « reste une priorité pour les réseaux d’enseignement public et privé, dans le premier comme dans le second degré ». D’ici à juillet, les postes de suppléants seront accordés au cas par cas, en croisant plusieurs critères : impact sur les classes devant passer des examens, taille et situation des établissements, ruralité et Indice de position sociale. « L’académie de Rennes reste attentive à la situation des élèves et des établissements. »

Une situation intenable, d’après la CFDT, d’abord pour les élèves qui risquent de ne pas remplir « leur volume horaire obligatoire, pourtant gravé dans le marbre du bulletin officiel ». Mais aussi pour les profs remplaçants « qui se voient encore plus précarisés par cette situation ». De son côté, le comité académique de l’enseignement catholique s’en émouvait aussi dans une lettre envoyée aux chefs d’établissements, jeudi. Il y assurait avoir manifesté à la nouvelle rectrice son « incompréhension » et son « mécontentement sur le fond et la forme ».

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