Bétharram: les syndicats de l’enseignement catholique dénoncent un amalgame
Fanny Narvarte
Dimanche 27 avril 2025 à 17:25 Article France Bleu
Les syndicats de
l'enseignement catholique appellent ce samedi à ne pas "faire d'amalgame
entre le passé et le présent" au sujet de l'affaire Bétharram. Ils
veulent montrer que le Beau Rameau, nom actuel de l'établissement des
Pyrénées-Atlantiques, n'a plus rien à voir avec les violences passées.
Les syndicats de l'enseignement catholique se mobilisent pour soutenir leurs collègues du Beau Rameau, le nouveau nom de Notre-Dame de Bétharram depuis 2009. Dans un communiqué commun diffusé ce samedi, les trois organisations "condamnent avec force les maltraitances subies" dans l'établissement situé dans les Pyrénées-Atlantiques et saluent "le courage des victimes qui ont osé libérer la parole", mais appellent aussi "à ne pas faire d'amalgame avec le fonctionnement passé".
"Ça crée du stress chez les collègues"
L'affaire Bétharram et les révélations sur les violences physiques et sexuelles perpétrées dans cette institution catholique ont en effet des répercussions sur l'équipe pédagogique actuelle. "Les enseignants sont sous une pression médiatique quotidienne depuis 18 mois. Des drones survolent l'établissement pendant qu'ils sont en cours. Ça crée du stress chez les collègues qui ont besoin de sérénité. Pour certains, il s'agit de leur première affectation, et ils vivent mal la situation", explique Rudolf Cassaro, secrétaire académique du syndicat de l'enseignement chrétien (Snec-CFTC).
Il a lui-même été enseignant au Beau Rameau entre 2009 et 2014, et veut expliquer que l'établissement n'a plus rien à voir avec Notre-Dame de Bétharram. "Quand je lis les témoignages, qui sont vrais puisque ça s'est produit, je me dis que l'on n'a pas travaillé dans le même établissement. Il y a un projet d'enseignement solide, et les professeurs respectent le contrat avec l'État", poursuit Rudolf Cassaro.
L'établissement toujours dans le viseur du ministère de l'Éducation
Pourtant, dans le dernier rapport d'inspection rendu public le 10 avril dernier, des "manquements" sont pointés du doigt. Mais pour Rudolf Cassaro, il s'agit plutôt de points de détails administratifs. "Les inspecteurs ont mesuré la taille des classes. L'une d'entre elle était trop petite par rapport aux normes. Les élèves vont être installés dans une autre classe. Les recommandations sont déjà appliquées par l'établissement", souligne l'enseignant.
Deux professeurs encore en poste ont par ailleurs été mis en causes par des élèves qui évoquent des propos déplacés. "Ils vont être entendu par l'inspection générale, ils vont pouvoir s'expliquer. C'est la procédure normale. Il faut écouter les élèves, mais aussi confronter leur parole à la réalité. Ensuite, l'inspection décidera de poursuivre ou pas en commission de discipline par exemple", détaille Rudolf Cassaro.
À l'inverse, il regrette que les points "bénéfiques comme la qualité de l'enseignement, et de l'accompagnement", n'aient pas été évoqués dans les médias. "Aujourd'hui, ce qui est réconfortant, c'est le soutien des familles qui n'ont pas retiré leurs enfants, et qui les ont même réinscrits. Ce n'est plus un établissement de redressement. 80% des familles viennent de la plaine de Nay." Il fait part aussi de "l'inquiétude des enseignants" qui redoutent une éventuelle fermeture. "Ils ne savent pas ce qu'ils vont devenir, car nous sommes un des départements des plus demandés, et il n'y a pas assez de postes vacants pour être recasés quelque part."

Commentaires