Loire-Atlantique : tensions entre l’enseignement catholique et le Département après la suspension d’une subvention pour le privé
- Obtenir le lien
- X
- Autres applications
Par Laurène Trillard, Le Figaro Nantes
Soutien de la droite
«Priver la moitié des élèves de Loire-Atlantique est, je crois, un très mauvais signal envoyé à notre jeunesse», avait souligné Julie Voleau, conseillère départementale d’opposition (centre droit), le 5 février, lors de la session départementale. «Je pense que vous avez une vision très urbaine de ces collèges car aujourd’hui en 2025, un établissement privé accueille tous les enfants, de toutes catégories socioprofessionnelles», avait-elle ajouté.
«Le conseil départemental, qui prêche l’équité, ne la vit pas. C’est dommage car les crédits éducatifs étaient pondérés par l’indice de position social (IPS)», reprend Frédéric Delemazure. En d’autres termes, plus l’IPS - qui mesure le statut social des élèves - était bas, plus l’établissement bénéficiait d’aides. Désormais, il n’y aura plus rien pour les 30.000 collégiens du privé. «Le Département nous reproche de pas être assez mixtes socialement mais ne nous donne par les moyens de cette mixité», critique le directeur diocésain, arguant que le privé se trouve défavorisé dans d’autres domaines, comme les aides à la restauration.
«Fausse polémique»
«C’est une fausse polémique», répond Vincent Danis, vice-président départemental à l’Éducation, sollicité par Le Figaro. Selon ses calculs, la suppression des 230.000 euros de subvention serait quasi indolore. La somme retranchée représenterait «7 euros par élève par an», soit «50 centimes par mois». «Des efforts d’économies sont demandés à tout le monde», assure-t-il, citant en exemple le report de la construction de collèges publics, et plus largement de routes, ou d’arrêt de subventions pour des associations. «On n’est pas dans un désengagement [vis-à-vis du privé]», insiste l’élu. En plus de l’offre «Mon parcours collège», qui propose des actions éducatives à tous les collégiens et reste accessible au privé, «nous prêtons des ordinateurs à tous les élèves boursiers, qu’ils soient dans le privé ou le public». Aussi, «le Département verse plus de 600.000 euros tous les ans au privé pour la location de gymnases et équipements sportifs».
Vincent Danis assure que la baisse des crédits pédagogiques touche aussi le public. «Dans certains établissements publics, on a constaté des réserves qui avaient été faites sur ces crédits. Dans ce cas, ces collèges n’ont plus d’autres crédits. Ils doivent consommer ce qu’on leur a donné», indique-t-il. En revanche, ceux dont les crédits ont été épuisés peuvent encore en recevoir. «Le privé prend sa part aux efforts comme tout le monde doit le faire dans le contexte», résume l’élu qui justifie la coupe de la sorte. «Dans l’enseignement privé, le forfait d’externat a augmenté de 41 euros par élève. Pour financer cette dépense obligatoire, on a suspendu une dépense non obligatoire». Ce forfait d’externat, qui couvre une partie des frais de fonctionnement d’un établissement et dont le mode de calcul reste critiqué par l’enseignement catholique de Loire-Atlantique, avait déjà fait l’objet d’une querelle l’an passé. Comme prévu, le montant a évolué cette année, contrairement aux relations entre le Département et l’enseignement catholique, qui ne sont toujours pas au beau fixe.
- Obtenir le lien
- X
- Autres applications

Commentaires