L'affaire Bétharram rebondit à Saint-Dominique

92|Neuilly  Un des trois surveillants placés en garde à vue pour violences physiques et sexuelles dans les Pyrénées-Atlantiques a officié dans cette institution de 1989 à 1997. Le diocèse alerte les anciens élèves.

4 mars 2025 à 19h50  Marjorie Lenhardt; Laurence Allezy   Article Le Parisien

INFO LE PARISIEN. Un des trois surveillants placés en garde à vue dans cette affaire de violences physiques et sexuelles a officié à Neuilly, où il était surnommé Cheval. Le diocèse des Hauts-de-Seine alerte les anciens élèves.

De nouvelles révélations vont-elles surgir de l'institution catholique Saint-Dominique de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), dans le sillage de la tentaculaire affaire Bétharram ? C'est en tout cas ce que tente de découvrir le diocèse de Nanterre qui a adressé un courrier, lundi, à la communauté éducative et aux anciens élèves de cet établissement privé de renom.

Le 25 février, la direction de l'enseignement catholique des Hauts-de-Seine a en effet appris qu'un des trois anciens surveillants de Notre-Dame de Bétharram, la congrégation religieuse des Pyrénées-Atlantiques, placés en garde à vue le 21 février, puis relâché pour prescription des faits, dans le cadre de l'enquête pour viols, agressions sexuelles et violences aggravées, avait officié à Neuilly de 1989 à 1997. Ce dernier a occupé le poste de censeur du collège et du lycée de l'Institution Saint-Dominique avant de rejoindre Orléans (Loiret) et Châteauroux (Indre), précise le courrier.

Né en 1955, Damien S. a fini sa carrière en 2018 comme directeur adjoint du collège Léon XIII de Châteauroux, dépendant de l'enseignement catholique du diocèse de Bourges (Cher). Surnommé « Cheval », il est accusé par d'anciens élèves de Bétharram d'épisodes particulièrement violents, avec des coups portés, entre autres, en plus de châtiments corporels et humiliations.

« Un surveillant chelou, strict et autoritaire »

Plus précisément, Cheval serait visé par 74 plaintes d'anciens élèves de Bétharram. Cinquante-cinq pour violences aggravées, dix-huit pour agression sexuelle et une pour viol. Néanmoins, lors de sa garde à vue, il n'a reconnu que des « gifles » et pas les faits de nature sexuelle. Un ancien élève, qui a fait toutes ses années en tant qu'externe au collège de l'institution de Neuilly, se souvient de ce fameux Cheval. Il le décrit comme un surveillant « chelou, strict et autoritaire, mais pas si injuste que ça ». « Au pire, il mettait quelques claques », raconte-t-il. À ce jour, le diocèse des Hauts-de-Seine n'a connaissance d'aucune plainte concernant d'éventuels faits pendant les années de cet homme à Saint-Dominique.

Libérer la parole d'éventuelles victimes

Chantal Desbarrières, directrice diocésaine des Hauts-de-Seine, n'a pas connaissance du moindre signalement. « Mais nous ouvrons les portes de l'écoute sans limite, explique-t-elle. J'ai écrit ce courrier pour montrer notre détermination absolue à dire les choses, pour rassurer sur notre transparence et dire que nous sommes aux côtés des familles des jeunes. C'est notre devoir et une façon d'assurer l'avenir de l'enseignement catholique. »

Dans cette lettre adressée à toutes les familles concernées, elle rappelle ainsi la possibilité de faire un signalement auprès du procureur de la République. Et comme le secrétaire général de l'enseignement catholique, elle réaffirme au nom du diocèse de Nanterre que « tout doit être mis en oeuvre et avec détermination pour que la parole soit libérée, que la lumière soit faite, dans une coopération sans réserve, sans restriction, avec les autorités publiques compétentes ».

Le président de l'Association des parents d'élèves de Saint-Dominique, Frédérique de Guitaut, assure que l'information du diocèse « circule bien » entre les anciens élèves. Ce qui pourrait libérer la parole d'éventuelles victimes.

 

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