Affaire Bétharram : un ancien surveillant mis en examen, ce que l’on sait
Une information judiciaire a été ouverte pour viol et agression sexuelle à l’encontre d’un seul des trois hommes placés en garde à vue dans le cadre de l’affaire.
JUSTICE - L’enquête s’accélère dans le cadre de l’affaire Bétharram. Un homme a été mis en examen, ce vendredi 21 février, pour viol et agression sexuelle. Il s’agit d’un des trois hommes qui avaient été placés en garde à vue mercredi.
Selon le parquet de Pau, le suspect, qui a été placé en détention provisoire, est un ancien surveillant de l’établissement catholique du Béarn, né en 1965. Celui-ci était encore en fonction l’année dernière, avant d’être écarté après l’ouverture de l’enquête judiciaire en février 2024.
Les deux autres hommes placés en garde à vue cette semaine – un ex-prêtre né en 1931 et un ancien surveillant né en 1955 – ont été laissés libres en raison de la prescription de la totalité des faits qui leur étaient reprochés par d’anciens élèves, a indiqué le procureur Rodolphe Jarry dans un communiqué. Les accusations portaient sur des faits commis entre 1978 et 1989 pour le premier et entre 1957 et 1962 pour le second, par une seule victime dans ce dernier cas.
Le procureur a précisé que les 112 lettres de dénonciation enregistrées au 31 janvier dernier, au terme d’une procédure menée depuis un an, mettaient en cause 11 personnes au total pour des faits de viols et d’agressions sexuelles s’étalant entre 1955 et 2004. Huit des mis en cause sont décédés, les trois autres sont ceux qui avaient été interpellées mercredi.
L’information judiciaire ouverte ce vendredi par le parquet concerne des faits de « viol par personne ayant autorité commis entre 1991 et 1994 », et « agression sexuelle sur mineur de quinze ans en 2004 ». D’autres faits reprochés au mis en cause « apparaissent prescrits », souligne le parquet.
Les victimes appellent d’autres à témoigner
Quatre anciens personnels laïcs de l’institution, mis en cause pour des « violences graves et répétées » entre 1979 et 1996 sur plusieurs victimes, ont par ailleurs été entendus par les gendarmes de la section de recherches de Pau, chargés de l’enquête.
Trois d’entre eux ont admis les faits, deux reconnaissant avoir asséné des gifles, le troisième « concédant avoir également pu tirer les cheveux des enfants ou leur donner des coups avec le poing fermé », relève le parquet. Ils ont été laissés libres, « l’ensemble de ces délits étant intégralement prescrits ».
Le collectif des victimes de violences au sein de Notre-Dame-de-Bétharram s’est félicité, ce vendredi, « d’être enfin entendu par la justice ». « J’appelle toutes ses victimes à se manifester auprès de la justice pour tous les faits criminels qu’il [l’ancien surveillant mis en examen] a pu commettre au sein de l’établissement de Bétharram ou lors des sorties scouts entre 1984 et février 2024, date de sa suspension », a indiqué lors d’une conférence de presse à Pau son porte-parole, Alain Esquerre, lui-même ancien pensionnaire de l’établissement.
Sur BFMTV ce vendredi matin, la ministre de l’éducation nationale, Élisabeth Borne, a reconnu que « l’État n’a pas été au rendez-vous » dans cette affaire qui éclabousse François Bayrou. Elle a également jugé difficile de « comprendre pourquoi on n’a pas agi plus tôt », comme le rapporte Le Monde.

Commentaires