Déménagement du Pôle espoir régional de basket à Dax : la FCPE s’offusque qu’une filière d’élite parte dans le privé

 

Déménagement du Pôle espoir régional de basket à Dax : la FCPE s’offusque qu’une filière d’élite parte dans le privé

L’annonce faite fin mai du déménagement, à la rentrée prochaine, du Pôle espoir régional de basket-ball de Mont-de-Marsan à Dax, a fait réagir la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) des Landes. En effet, dans un souci «d’unité de lieu» et de diminution de temps de transport entre le collège Lubet-Barbon de Saint-Pierre-du-Mont, où les24élèves deU14 etU15 concernés étudiaient, l’internat du lycée Despiau de Mont-de-Marsan où ils étaient hébergés, et le Centre d’entraînement de basket-ball au Carboué, où ils se rendaient pour douze heures d’entraînement par semaine, la Ligue de basket de Nouvelle-Aquitaine a fait le choix de scolariser à la rentrée prochaine, pour cinq ans par convention, les élèves au collège-lycée privé Saint-Jacques-de-Compostelle de Dax.

«Le choix d’un établissement privé et catholique soulève des préoccupations concernant l’accessibilité financière et la laïcité», écrit la FCPE des Landes dans un communiqué. «Il aurait fallu mettre tous les acteurs autour de la table, regrette Virginie Pantanella, la coprésidente landaise et présidente du conseil local du Grand Dax et Borda. Personne n’était au courant. Ni l’établissement d’où on va enlever des élèves, ni le Dasen (Directeur académique des services de l’Éducation nationale, NDLR), ni nous. LaFCPE ne peut que s’offusquer qu’un Pôle espoir, une filière d’élite, passe du public au privé. Pour moi, de futurs grands champions de la France doivent aller dans l’école de la République», appuie-t-elle.

«Demain, ça ne coûtera pas plus cher, ni à la Ligue ni aux parents», répond Pierre Dufau, le président de la Ligue. C’est un fonctionnement particulier et tout le monde parle sans savoir. Les familles contribuent à une partie des frais, qui correspondent à une scolarité en internat, et le reste est assumé par les licenciés de la Ligue. Ce déménagement n’a aucun impact pour les parents, que ce soit à Mont-de-Marsan ou Dax, ou que ce soit un établissement public ou privé.

Pierre Dufau précise: «Si on ne parle que de scolarité, oui, c’est plus cher dans du privé, mais il faut regarder l’ensemble des coûts, en comptant notamment le transport, par exemple plus de20000euros par année pour faire l’ensemble des déplacements à Mont-de-Marsan, parce qu’il n’y a pas l’unité de lieu. On serait allés au Creps de Bordeaux si le directeur technique national avait voulu, et ça aurait été encore plus cher que ce qu’on paiera à Dax.»

Quant au principe de laïcité à préserver, le président relève qu’ «aujourd’hui tous les établissements privés ont des enfants de toutes les confessions, la seule chose c’est qu’il faut que les principes de laïcité soient respectés, dans l’établissement comme au Pôle espoir».

«Nous craignons également les conséquences de cette délocalisation sur le collège Lubet-Barbon, qui risque de voir ses effectifs diminuer, entraînant potentiellement une fermeture de classe. L’accueil du Pôle espoir au sein d’un collège public, relevant d’une politique de la Ville, permet une mixité sociale à laquelle la FCPE est attachée. Serait-ce cela le problème?», interrogent les parents d’élèves.

«Aujourd’hui, j’ai 64jeunes en Nouvelle-Aquitaine, de deux générations, sur trois pôles à Limoges, Poitiers et dans les Landes. La seule chose qui nous est demandée par la Fédération et le ministère des Sports, c’est de travailler avec ces enfants-là sur la performance, replace le président de la Ligue. On ne nous demande pas si territorialement on contribue à la mixité sociale. En revanche, à côté, j’ai62000licenciés, avec qui on fait tout notre travail d’inclusion, d’insertion. Si la FCPE se renseigne et vient voir les actions menées, elle pourrait se rendre compte qu’on n’a de leçon à recevoir de personne de ce côté-là, s’agace Pierre Dufau. Je regrette que ça prenne cette ampleur-là, on parle de24jeunes et il ne faut pas tout mélanger.»

Il le rappelle: le problème à surmonter était l’unité de lieu, pour gagner du temps de repos pour les jeunes. «Une cité scolaire publique dans laquelle on a tout, collège, lycée plus internat et si possible de l’équipement sportif, je n’en ai pas trouvé, ou on n’y a pas eu accès. On aurait peut-être dû se rapprocher plus tôt de l’inspection d’académie, on a fait un travail avec le collège et le lycée depuis deux ans sur les difficultés qu’on pouvait rencontrer. On a eu des problèmes d’aménagements horaires pour un enfant qui a eu un an d’avance en niveau scolaire et qui n’a pu rester au pôle montois les deux années. Je pense que ça a été le déclencheur auprès de la direction technique nationale. Désormais, on aura un collège, lycée, internat sur place et, à terme, la partie sportive, c’est ce que recherche la Fédération», conclut-il.

«Sur le Grand Dax, il y avait un collège public avec un internat, Danielle-Mitterrand, et un lycée, Haroun-Tazieff, à1kilomètre, avec un gymnase entre les deux. Si on nous avait alertés, des cités scolaires, on en aurait trouvé, répond Virginie Pantanella. La Ligue se serait rapprochée du Dasen, des cités scolaires ailleurs.» Avec de la concertation et de l’écoute, en somme, qui a, semble-t-il, fait défaut dans le money time, mais aussi ces dernières années.




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