Insultes, menaces, incivilités... sont le quotidien des profs dans ce collège de Loire-Atlantique

 A Notre-Dame-de-Bon accueil à Gorges, les témoignages se multiplient pour dénoncer le climat délétère. Les enseignants sont à bout.

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Cinq sont toujours absents. Soit quasiment un tiers de l’effectif global« Moins si vous comptez les trois enseignants du primaire qui portent l’équipe à 19. Et n’oubliez pas que deux de ces absences sont des congés maternité, » nuance Nacera Arnauld des Lions, responsable régionale de la communication au sein des Apprentis d’Auteuil.

Pour autant, même ceux qui sont encore en place dans le collège Notre-Dame-de-Bon accueil à Gorges, l’exténuation les a gagnés. Certains disent même « être à bout ». Cette année, les jeunes ont pris le pouvoir.

Comme le résume l’un d’eux qui, comme tous, veut garder l’anonymat, de peur des répercussions« Il faut le voir pour le croire », ajoute une autre. « Toute forme de violence est banalisée ».


Harcèlement, bagarres, injures…

Au-delà du jet de pierre lors d’un cours en décembre 2023, plusieurs témoignent de faits « qui n’ont pas leur place dans un établissement scolaire ».

Il y a ces bagarres en classe entre élèves où les chaises volent et ces actes de harcèlement sexuel qui ne sont même plus cachés.

"Les filles en prennent plein la tête. Je vous laisse imaginer le langage fleuri utilisé. Il y a des pleurs, des cris… On sait qu’il y a du mal-être chez les jeunes, même de la maltraitance institutionnelle. L’autre jour, un élève a commencé à se taillader." Un membre d’un personnel qui n’est pas épargné.

S’il n’est quand même pas violenté physiquement, il fait lui aussi l’objet d’une pluie d’injures.

"Salope, sale pute, va sucer des ours, ferme ta gueule… sont monnaie courante. Tout comme les menaces comme quoi leur famille va venir nous frapper, les hurlements pour nous impressionner."Plusieurs enseignants.


Leur tort : les punir ou les exclure du cours.


"Quand ils boivent délibérément du Coca pendant la classe, qu’ils se promènent et chahutent la classe pendant un devoir, quand ils se lèvent pour aller frapper un camarade… on ne peut pas faire autrement. 
 Nous sommes totalement dépassés. Voire résignés cette année. On craque les uns après les autres. On fait des crises d’angoisse. Nos médecins le voient bien », confie une professeure.


« La boule au ventre »

L’équipe reste soudée via un groupe What’s App où chaque débordement est rapporté. Les angoissesboules au ventre et autres insomnies du dimanche soir y sont aussi légion. Les éducateurs sont aussi épuisés : 6 manquent à l’appel.

"On arrive à les remplacer." - La directrice.

Ce qui n’est pas le cas pour les enseignants, dont la pénurie de remplaçants est connue.

Mais à chaque absence, c’est autant de travail qui retombe sur ceux qui restent. « Les heures de permanence ne sont pas ce qu’il y a de mieux pour les élèves », reconnait Sandra Dufour. Les enseignants déplorent aussi que leurs alertes restent sans réponse. Ils aimeraient que « leurs idées et initiatives de projets avec les élèves puissent voir le jour »« A une certaine époque, il y en avait plein. Progressivement, ils ont diminué. On nous a freinés », relate un professeur aujourd’hui à la retraite.

La plupart des enseignants ont demandé leur mutation pour la rentrée prochaine. S’ils croient encore dans les vertus de leur métier, ils veulent l’exercer ailleurs. Même s’ils avaient choisi, au départ, de venir ici. Pour aider des jeunes en difficulté.


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