L’Immaculée Conception de Pau, un établissement scolaire sous le joug de l’évêque ultraconservateur Marc Aillet
L’Immaculée Conception de Pau, un établissement scolaire sous le joug de l’évêque ultraconservateur Marc Aillet
Cours
de catéchisme obligatoires et évalués, intervenants réactionnaires,
entraves à la liberté de conscience… Professeurs et élèves témoignent
auprès de «Libé» des dérives qui se multiplient au sein du plus grand
établissement privé sous contrat du Béarn et pointent sa «métamorphose»
depuis le changement de direction voulu par le diocèse de Bayonne,
Lescar et Oloron en 2013.
par Cécile Bourgneuf
Un article Libération
Non, ils ne vont pas oser quand même ?» se demandaient quelques professeurs de l’Immaculée Conception, le plus gros établissement scolaire privé sous contrat du Béarn, situé dans le centre de Pau, en apprenant, le 12 janvier, la visite prochaine de monseigneur Marc Aillet, l’évêque ultraconservateur de Bayonne, Lescar et Oloron (Pyrénées-Atlantiques). Une question taraudait ces enseignants : la conférence prévue devant les terminales du lycée général et technologique, mardi 30 janvier, allait-elle être obligatoire ? Seuls les programmes de l’enseignement public peuvent l’être dans les établissements privés sous contrat, comme le prévoit le code de l’éducation. Tout ce qui relève du «caractère propre» de ces écoles, en résumé tout ce qui concerne la vie confessionnelle, doit rester facultatif et en dehors des heures de cours.
Pourtant,
la conférence s’est bien déroulée mardi 30 janvier à 15 h 30, à la
place d’une heure de cours. Et le chef d’établissement de «l’Immac» a
pris soin de passer la veille dans toutes les classes de terminales pour
prévenir les élèves qu’ils ne pouvaient s’y dérober, rapportent
plusieurs professeurs et familles à Libération. «Il ne l’a dit qu’à
l’oral, on n’a aucune trace écrite du caractère obligatoire de cet
événement, c’est malin de leur part», précise un enseignant.
L’évêque ne s’est effectivement pas retenu pour prêcher sa vision conservatrice de la société. Dans un discours tout en circonlocutions que Libération a pu écouter, Mgr Marc Aillet estime qu’il y a deux façons de concevoir la liberté. La première, «une liberté d’indifférence», qui se serait imposée selon lui à partir du XIVe siècle et qui serait «indifférente au bien et au mal». Une introduction habile pour dérouler plus loin sa pensée anti-transgenre : «On finit par dire ; il n’y a aucun donnée de nature qui me déterminerait d’une certaine manière ou qui orienterait mon existence, qui soit à la base de ma liberté parce que ça risquerait, dit-on, de contraindre ma liberté. Et s’il se donnait une nature contrariée, je décide de changer moi-même. Par exemple, je suis apparemment un homme. Je décide d’être une femme, comme ça, j’exerce ma liberté. […] Quand je suis né, j’ai reçu une nature humaine, pas animale, humaine, avec un corps et une âme spirituelle. […] Je ne peux pas faire de mon corps seulement une espèce d’instrument ou une sorte de vêtement que je pose au vestiaire quand j’en ai assez.»
Uniforme imposé
Dans la grande salle circulaire vitrée de la Rotonde, le foyer des élèves, Marc Aillet poursuit son intervention en répondant aux questions des quelque 180 élèves rassemblés. L’un d’eux lui demande alors si la récente décision du pape François d’autoriser les prêtres à bénir les couples homosexuels va dans le bon sens. Marc Aillet répond : «Ce [que le Christ] a dit dans l’Evangile il y a 2 000 ans, c’est toujours valable aujourd’hui. […] Je n’ai pas l’autorité de prétendre que ce message du Christ puisse être adapté à l’évolution des mœurs quand elle est en contradiction avec ce que me dit l’Evangile. C’est clair ?»
Pour Marie-Pierre Adrillon du Fep-CFDT Béarn (syndicat majoritaire dans le privé au niveau national), «c’est une atteinte à la liberté de conscience des élèves et un discours prosélyte porté par l’un des représentants de la frange la plus conservatrice et réactionnaire de l’Eglise catholique».
Car derrière les épais murs de cette institution datant de 1884, la silhouette surmontée d’une calotte violette de Mgr Aillet plane en réalité depuis longtemps. C’est en 2013 qu’il a nommé, sur lettre de mission comme il en a le pouvoir, le chef d’établissement Christian Espeso, à la tête de cette cité scolaire de 2 600 élèves et 250 professeurs, qui va de la maternelle jusqu’au lycée général et professionnel, en passant par le BTS. La cité scolaire jouit d’une bonne réputation, avec plus de demandes que d’offres. L’Immaculée Conception est première au classement des résultats au bac dans le département, et est aussi la plus sélective. Le chef d’établissement a aussi imposé l’uniforme, porté depuis janvier par les sixièmes, cinquièmes et quatrièmes et qui sera généralisé au collège en septembre. «Les évêques comme Mgr Aillet cherchent à contrôler ces nominations parce qu’ils se pensent comme les restaurateurs de l’Eglise catholique, puisqu’ils estiment que le catholicisme français est entré en décadence», éclaire Yann Raison du Cleuziou, professeur des universités en science politique à l’université de Bordeaux.
La bénédiction des cartables imposée à des élèves
Depuis ce changement de direction, l’Immac s’est métamorphosée, racontent plusieurs professeurs, anciens et actuels, joints par Libération et qui tiennent à rester anonymes. Terminé le libre choix des familles de suivre l’aumônerie en dehors du temps scolaire, comme doivent le respecter les écoles privées sous contrat, financées à plus de 75 % par les fonds publics. Désormais, ce que les familles décrivent comme du catéchisme, et non de l’instruction religieuse, est obligatoire pour les élèves de primaire, de sixième et de seconde, en pleine journée, sans aménagement possible. «Il s’agit d’instruction religieuse, infirme Christian Espeso à Libération. Le catéchisme, c’est pour les élèves qui demandent des sacrements. Pour les cours d’instruction religieuse, on apprend les fondamentaux du christianisme, du catholicisme. On n’est pas dans le domaine de la foi mais de la connaissance.»
Les évaluations de ces cours prouvent le contraire. Ces tests, qui comptaient même un temps dans la moyenne des élèves avec un coefficient 1, apparaissent toujours sur les bulletins de notes. Parmi les questions posées à une classe de seconde et consultées par Libération, on peut ainsi lire : «L’existence de Dieu peut-elle être démontrée par la raison humaine ?» ou «Quelle est la science qui parvient avec certitude à l’existence de Dieu ?», avec six réponses au choix dont «la philosophie» ou «les mathématiques». Confronté, le chef d’établissement marque un silence, tousse puis répond : «Je reconnais le prêtre qui les a rédigées, il met la barre un peu haut mais je peux vous dire que dans tous les cas, le débat va être engagé et accepté.»
Car derrière les épais murs de cette institution datant de 1884, la silhouette surmontée d’une calotte violette de Mgr Aillet plane en réalité depuis longtemps. C’est en 2013 qu’il a nommé, sur lettre de mission comme il en a le pouvoir, le chef d’établissement Christian Espeso, à la tête de cette cité scolaire de 2 600 élèves et 250 professeurs, qui va de la maternelle jusqu’au lycée général et professionnel, en passant par le BTS. La cité scolaire jouit d’une bonne réputation, avec plus de demandes que d’offres. L’Immaculée Conception est première au classement des résultats au bac dans le département, et est aussi la plus sélective. Le chef d’établissement a aussi imposé l’uniforme, porté depuis janvier par les sixièmes, cinquièmes et quatrièmes et qui sera généralisé au collège en septembre. «Les évêques comme Mgr Aillet cherchent à contrôler ces nominations parce qu’ils se pensent comme les restaurateurs de l’Eglise catholique, puisqu’ils estiment que le catholicisme français est entré en décadence», éclaire Yann Raison du Cleuziou, professeur des universités en science politique à l’université de Bordeaux.
La bénédiction des cartables imposée à des élèves
Depuis ce changement de direction, l’Immac s’est métamorphosée, racontent plusieurs professeurs, anciens et actuels, joints par Libération et qui tiennent à rester anonymes. Terminé le libre choix des familles de suivre l’aumônerie en dehors du temps scolaire, comme doivent le respecter les écoles privées sous contrat, financées à plus de 75 % par les fonds publics. Désormais, ce que les familles décrivent comme du catéchisme, et non de l’instruction religieuse, est obligatoire pour les élèves de primaire, de sixième et de seconde, en pleine journée, sans aménagement possible. «Il s’agit d’instruction religieuse, infirme Christian Espeso à Libération. Le catéchisme, c’est pour les élèves qui demandent des sacrements. Pour les cours d’instruction religieuse, on apprend les fondamentaux du christianisme, du catholicisme. On n’est pas dans le domaine de la foi mais de la connaissance.»
Les évaluations de ces cours prouvent le contraire. Ces tests, qui comptaient même un temps dans la moyenne des élèves avec un coefficient 1, apparaissent toujours sur les bulletins de notes. Parmi les questions posées à une classe de seconde et consultées par Libération, on peut ainsi lire : «L’existence de Dieu peut-elle être démontrée par la raison humaine ?» ou «Quelle est la science qui parvient avec certitude à l’existence de Dieu ?», avec six réponses au choix dont «la philosophie» ou «les mathématiques». Confronté, le chef d’établissement marque un silence, tousse puis répond : «Je reconnais le prêtre qui les a rédigées, il met la barre un peu haut mais je peux vous dire que dans tous les cas, le débat va être engagé et accepté.»
Marie-Pierre Adrillon, du Fep-CFDT Béarn, alerte aussi sur la mise en place de la bénédiction des cartables, imposée à des élèves de sixième – l’élue affirme par ailleurs que cette pratique a cours dans d’autres établissements béarnais. «Lors de ces bénédictions, les élèves sont réunis et un prêtre asperge d’eau bénite les cartables dans la cour lors d’une cérémonie religieuse avec prière», explique-t-elle. A l’Immaculée Conception, une parent d’élève nous a écrit avoir aussitôt retiré ses deux enfants après avoir assisté à cette scène dans l’établissement où les jeunes côtoient chaque jour des religieuses voilées, des chanoines en soutane blanche et des prêtres en noir et col blanc. Des confessions ont également été organisées pendant des heures de cours – c’est pourtant interdit sur le temps scolaire. Un CPE propose ainsi, dans un mail envoyé aux familles et consulté par Libération, un créneau de 8 heures à 11 heures pour la confession, «très vivement recommandée avant de recevoir un sacrement !» et ce «pendant les cours s’il le faut».
Fin décembre 2020, 19 signalements pour atteintes à la laïcité ont été remontés par les professeurs, appuyés par une lettre intersyndicale Fep-CFDT et Spelc envoyée le 14 janvier 2021 au rectorat de Bordeaux, listant toutes les dérives constatées. Le lendemain, les inspecteurs du rectorat se rendent à l’Immac, avec l’appui de la cellule académique «valeurs de la République», en place depuis 2017. Les syndicats ont demandé ce rapport et ne l’ont pas obtenu. Depuis, le chef d’établissement a retiré la note des cours de caté des bulletins scolaires. Six mois plus tard, le 29 juin 2021, la rectrice de Bordeaux, Anne Bisagni-Faure, répond aux syndicats par un courrier laconique consulté par Libération, les invitant à se rapprocher du chef d’établissement. Le jour de la conférence obligatoire de Mgr Aillet, une alerte a été immédiatement lancée à la cellule «valeurs de la République», sous l’autorité de la rectrice. Laquelle indique à Libération, le lendemain, par la voix de son cabinet : «La rectrice adresse à ce jour une demande d’explication à l’établissement afin d’objectiver les faits. Nous veillons à ce que les établissements scolaires privés sous contrat d’association avec l’Etat se conforment au code de l’éducation.»
Petit drapeau LGBT «déchiré et brûlé»
D’anciens élèves pointent d’autres atteintes à la laïcité et des dérives en tous genres. Julia (1), 17 ans, scolarisée dans l’établissement en primaire et au collège avant d’en partir en 2021, se rappelle que, «pendant les cours de caté obligatoires, on nous poussait à nous baptiser, on nous avait donné un papier pour s’inscrire. Et on était obligé de nous confesser, on attendait chacun notre tour pour y aller». Depuis la rentrée de septembre, ces cours sont notamment assurés par des chanoines traditionalistes de l’abbaye de Lagrasse, dans l’Aude, qui célèbrent la messe en latin et de dos, et dont une petite congrégation vient d’être installée à Pau, sur décision de Mgr Aillet. Au moins l’un de ces chanoines donne aussi à l’Immaculée Conception des cours d’un nouveau module hebdomadaire intitulé «abrégé d’histoire des idées». Selon le chef d’établissement, ces séances abordent l’histoire de la philosophie «pour mettre en perspective les grands courants philosophiques littéraires». Christian Espeso a finalement renoncé à les rendre obligatoires. Cette année en tout cas, précise-t-il à Libération.
Julia se souvient aussi d’«une femme qui intervenait en cathé et qui disait que l’avortement c’était mal, qu’on tuait l’enfant de Dieu». Elle n’en a jamais parlé à ses parents. Louise (1), 22 ans, reste marquée par les cours de cathé : «Un jour, deux intervenants sont venus nous présenter l’exemple de ce qu’ils considéraient comme un couple modèle. Il était militaire, elle femme au foyer et avaient ensemble sept enfants. Ils nous ont dit que c’était normal que la femme ne puisse pas avoir de relations sexuelles si elle n’est pas amoureuse, qu’elle n’était pas faite pour ça, alors que l’homme devait au contraire travailler et avoir d’autres relations sexuelles.» Le chef d’établissement indique aussi à Libération vouloir faire prochainement intervenir, pour des «cours d’éducation affective», Inès de Franclieu, professeure au lycée Stanislas à Paris, qui explique notamment aux élèves que «la contraception naturelle marche très bien» et que «le préservatif ne sert à rien», avait révélé l’Express en juin 2022.
Louise a aussi été choquée par les propos tenus par un prêtre lors d’un groupe de parole, facultatif cette fois, entre lycéens. «On disait qu’on ne comprenait pas la position de l’Eglise qui refusait l’avortement, même en cas de viol. Le prêtre a répondu : “Un acte sexuel vient de Dieu donc c’est l’œuvre de Dieu.” C’était choquant parce qu’il voulait dire par là que le viol était l’œuvre de Dieu.» Une autre ancienne élève raconte aussi avoir préféré taire son orientation sexuelle parce qu’elle avait «l’impression que c’était dangereux de parler de [s]on homosexualité». Elle prend pour exemple ce prof d’histoire-géo en terminale qui aurait dit «qu’aujourd’hui on faisait vraiment n’importe quoi, limite qu’on laissait les animaux se marier». Elle évoque également un petit drapeau LGBT imprimé et collé sur un mur lors du mois des fiertés, en juin, «déchiré et brûlé par des élèves». «Et à côté, les adultes ont un jour laissé un élève brandir dans la cour un drapeau royaliste et napoléoniste sans rien dire et d’autres élèves se sont rassemblés autour.»
«Climat de terreur»
Christian Espeso, décrit comme un homme «réactionnaire» et «autoritaire» par les professeurs contactés, ferait régner dans la cité scolaire «un climat de terreur» envers celles et ceux qui ne partageraient pas ses convictions de «droite nationaliste identitaire catholique». Dans un mail professionnel consulté par Libération, envoyé à un autre chef d’établissement à l’automne 2021, Christian Espeso écrit à la fin de son message : «ZOZZ !», le cri de ralliement des partisans d’Eric Zemmour, le polémiste d’extrême droite et ex-candidat à la présidentielle.
Une semaine avant la venue de Mgr Aillet, le chef d’établissement organisait le 22 janvier une autre conférence obligatoire de Reynald Secher, sur heure de cours, pour les élèves de première et de terminale en spécialité histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques. Ce grand défenseur de la notion historiquement contestée de «génocide vendéen» a défendu seul sa thèse «face à des enfants qui n’ont pas la capacité intellectuelle ou argumentaire de répondre. Il aurait fallu une autre figure en face pour le contredire, pour avoir un vrai débat. Mais ce n’était pas l’objectif», rapporte un professeur. Les élèves ont aussi eu l’obligation, toujours pendant les heures de cours, de regarder Vaincre ou Mourir, premier film du Puy du Fou, la boîte de production du parc tenu par Philippe De Villiers, et qui revisite la guerre de Vendée, en mettant en scène les bons royalistes contre les méchants républicains. De son côté, la direction de l’Immaculée Conception assure que le contradictoire a été respecté avec la tenue, un an plus tôt, d’une conférence sur le même sujet d’un universitaire de Pau opposé à cette mythologie politique centrale du catholicisme conservateur.
Des personnels assurent que les récents recrutements d’enseignants seraient «de la même mouvance». Sans compter l’influence grandissante de familles intégristes. «Les familles d’élèves modérées n’imaginent pas tout ce qui se passe ici. Beaucoup de collègues sont emmerdés sur les choix de leurs contenus d’enseignement, rapporte une ancienne professeure. Il ne faut surtout pas étudier des articles d’une certaine presse, comme Libé ou le Monde, sinon vous êtes suspectés de propagande. Pareil si vous choisissez des œuvres contemporaines.»
«C’est un parti pris idéologique très important»
Un autre témoignage évoque ces «cartons de livres reçus au CDI et à chaque fois épurés s’il y a un rapport avec le féminisme ou la moindre connotation sexuelle». «On m’a convoquée parce que j’avais fait étudier Simone Veil à mes élèves mais aussi pour des textes de rap, rapporte une ancienne enseignante. On m’a traitée de cathophobe.» Un autre prof raconte que les élèves de quatrième travaillent encore sur un manuel de 2008 «parce que, selon le chef, les nouveaux livres seraient trop orientés». «Les seules choses que je veux pas voir, ce sont des BD ou des livres mal écrits ou qui montrent des partouzes ou des orgies, se défend Christian Espeso. Et Simone Veil, on peut être amenés à parler d’elle comme figure politique ou pour son passé de déportée.»
Tout le monde garde en tête la censure de l’album Putain de guerre ! de l’auteur de bandes dessinées Jacques Tardi, que le chef d’établissement avait demandé de ne plus utiliser en cours d’histoire-géo pour aborder la Première Guerre mondiale. «C’est un parti pris idéologique très important, je ne suis pas le contrebandier d’un discours préparé, balaye Christian Espeso. Ici, on étudie la Première Guerre mondiale de façon classique.» Et on respecte comme il se doit les soldats de l’armée française tombés au combat avec, à chaque fois, un rassemblement de tous les élèves devant le monument aux morts de l’établissement avec prières, chants religieux, levée du drapeau. Car, indique Christian Espeso, «l’école est un lieu où on apprend à aimer la France».
Tous les professeurs contactés par Libération s’inquiètent de voir leur chef d’établissement «se sentir intouchable parce qu’il est protégé par l’évêque et que le rectorat ne dit rien alors que c’est une démonstration de force». Et d’ajouter : «Si on était un établissement musulman, ça ferait belle lurette qu’on aurait fermé.»
(1) Les prénoms ont été modifiés.

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