Public-Privé : l’ancien directeur de Saint-Paul démonte les hypocrisies

 

Public-Privé : l’ancien directeur de Saint-Paul démonte les hypocrisies

 Par François CONSTANTIN, publié le .   Article Charente Libre
 

François Constantin, qui a longtemps dirigé le lycée privé Saint-Paul à Angoulême, nous a écrit pour réagir à la polémique déclenchée par la nouvelle Ministre de l’Éducation Nationale.

Madame la Ministre assurément a répondu de travers à la question de ses enfants à Stanislas. C’est la mère qui a parlé. Et pas n’importe laquelle. Elle a seulement dit n’importe quoi. Sa réponse devrait moins choquer et plus éclairer les opinions. Pourquoi les représentants syndicaux de l’enseignement public se sont-ils vexés? Quand bon nombre d’enseignants du public choisissent le privé pour leurs enfants. Et d’autres responsables de l'enseignement public. Quand tant de ministres ont choisi le privé pour leurs enfants.

La représentation sociale de l’École, habillée des multiples tâches qu’on veut lui donner (vaccins, sécurité routière, éducation à la sexualité, empathie, lutte contre la drogue, délinquance et invasion numérique, éducation civique, détection des maltraitances, etc.), s’est brouillée jusqu’à la caricature. Au sommet du podium, la mixité sociale, pour laquelle on stigmatise l’Enseignement privé. Ses détracteurs veulent-ils faire croire que le top 50 des lycées publics reflète moins l’entre-soi que Stanislas? Quelle blague. Depuis des décennies, les pouvoirs publics ont organisé l’entre-soi, riche ou moins riche, des quartiers dans les villes. Depuis des décennies, l’Éducation nationale attribue à certains établissements publics des options ou des langues rares, dont l’effet immédiat est de générer une stratégie des familles pour choisir l’établissement qui leur semble le plus fréquentable. Dans le même temps, la même Éducation


nationale affecte de lutter contre les concentrations en publiant des indices qui scannent, in fine, le résultat de ses propres choix.

Cependant, concernant les établissements privés comme Stanislas, le fond du sujet est que des familles imposent à leurs enfants, des années durant, un établissement aux options éducatives plus que contestables au motif qu’ils feraient ainsi partie d’une élite. Pendant que d’autres concevraient la rancœur de ne pas avoir les moyens d’offrir ce formatage à leurs enfants. Quelle tristesse.

François CONSTANTIN

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