Notre collectif a reçu cette semaine - de manière anonyme par peur des représailles - plusieurs courriels avec la copie d'un communiqué affiché la semaine dernière en salle des enseignants dans l'établissement privé d'enseignement catholique de Montrouge (92), au niveau du secondaire. Pour rappel, cet établissement a fait l'objet d'un article du Parisien en Février 2022 et un article Actu 92 en Mai 2022. Le contenu du communiqué est choquant et inquiétant, tant pour les personnels et que les élèves !
Voici quelques extraits de ce communiqué de 4 pages qui reprend les termes d'un rapport écrit par un cabinet indépendant concernant les conditions de travail dans l'établissement, au niveau de secondaire :
"Ce rapport confirme l'existence de risques psycho sociaux avérés et nombreux."
"Le rapport signale page 41 qu’une proportion non négligeable des participants aux entretiens non déclarés en accident du travail a témoigné d’effets sur la santé de situations de travail et relations sociales dégradées : « malaises, angoisses, cauchemars, harcèlements, signes d’épuisements professionnels ( pleurs pendant le sommeil, réveils difficiles, peur de perdre la tête, souvent triste, augmentation des consommations de tabac et/ou alcool, s’écrouler de fatigue le soir, impression de ne rien faire en profondeur et mésestime professionnelle de soi, peur de ce qui va tomber dessus."
"Le rapport fait également état d’une sensation d’humiliation et de trahison, de symptôme anxiodépressif consécutif au syndrome de stress post traumatique. Certains collègues sont en souffrance parce qu’il » leur est impossible de voir une issue à une situation difficile qui dure ». « Afin de permettre à certains de continuer à vivre de leur travail, certains ont besoin d’un suivi psychologique et psychiatrique. »
"La peur au travail de certains salariés est également présente dans l'établissement et le rapport indique page 42 que : "Cette peur se manifeste sur une échelle s'étalant de la timidité à la frayeur et l'angoisse, voire la panique dans le cas le plus extrême."
"Le rapport indique page 48 que : "dans un contexte de changements, de départs volontaires (ou non) et de licenciement pour faute, les menaces de sanction génèrent surtout la peur, la crainte de retombées négatives et l’angoisse. Rappeler que le dialogue est préférable et dans le même temps menacer de sanction est vécu comme une injonction paradoxale, qui du point de vue psychosocial peut générer des effets néfastes pour la santé. »
Il est également écrit : « Comment les enfants accueillis dans l’établissement peuvent-ils être instruits correctement et s’approprier des règles de vie sociale saines lorsque des professionnels de l’enseignement sont eux-mêmes souffrants, dans la peur, voire absents ? Nous pensons que cette mission est humainement impossible. »
Selon les témoignages reçus, la situation est connue par les différentes instances depuis deux ans, et malgré les nombreuses alertes et courriers depuis plusieurs années, la situation s'est détériorée.
Les personnels et les parents alerteraient depuis 2 ans les différentes instances (Diocèse de Nanterre, , OGEC (et notamment la direction diocésaine), le Secrétariat Général de l'Enseignement Catholique ...). Plusieurs procédures Prud'hommales seraient en cours (on peut d'ailleurs s'interroger sur la prise en charge du coût de ces prud'hommes : les parents indirectement ?). Le Rectorat de l'Académie de Versailles aurait également été alerté depuis 2 ans.
Durant l'année scolaire 2021-2022, un Collectif de 150 parents aurait également alerté ces mêmes instances, ainsi que l'Evêque, l'APEL et le Maire de Montrouge et son équipe.
La situation alarmante dans laquelle se trouve l'établissement a également fait l'objet de deux articles de Presse au printemps 2022 sur le Parisien et Actu 92.
Toujours selon nos sources, les violences psychologiques continuent au sein de l'établissement et le turnover devenu vertigineux continue d'exploser ("plus de 50% depuis 4 ans, le COVID n'explique pas tout "...).
A la lecture de ce communiqué, nous sommes en droit de nous poser les questions suivantes :
- Comment un tel turnover en si peu de temps peut-il passer inaperçu ?
- Comment une situation aussi grave peut-elle perdurer ?
- Comment une telle terreur peut régner dans un établissement scolaire depuis longtemps et sans que cela n'inquiète personne ?
- A qui bénéficie la mise sous silence et l'inaction ?
Est ce que, comme l'église pour les abus sexuels, l'enseignement catholique choisit de fermer les yeux et laisser les victimes continuer à se faire maltraiter? Contrairement à ce que M.Delorme disait dans une interview accordée à La Croix le 06/10/2021, dans l'enseignement catholique, n'y aurait-il pas vraisemblablement une volonté d'étouffer ce qu'il se passe dans cet établissement ?
Commentaires
A la suite de l'intervention d'un cabinet dit "indépendant" (à dire vrai, on est jamais indépendant, notamment lorsque l'intervention est diligentée par la direction) qu'en est-il alors de la mise en œuvre d'actions planifiées ; d'évaluation et du suivi de ces actions ?
La conclusion du rapport d'intervention vise t-elle alors à transformer le travail et pas seulement comme on l'observe fréquemment à la suite d'actions de diagnostics de cabinets d'audits, la mise en œuvre d'actions favorisant l'adaptation des individus au travail ?
En l'absence de trace écrite d'actions à mener, on peut considérer sans risque que cette intervention du cabinet d'audits se ramène à un "coup" d'épée dans l'eau.
Nicolas Paratore
Psychologue du travail et des organisations
Président de l'association Cognition
J'ai donc décidé d'enlever ma fille de l'établissement en juin 2022 car elle subissait des pressions injustifiées et des remarques désobligeante sur sa tenue vestimentaire, alors qu'elle était habillée normalement (je suis particulièrement vigilent).
Tant que des personnes malveillantes sont là, le meilleur cadeau que vous pouvez faire à votre enfant est de ne pas l'y inscrire. #Papaencolère
https://www.mesopinions.com/petition/social/venue-mme-mathelon-directrice-institut-montalembert/230031