Enseignement Catholique à Montrouge : des personnels et élèves en danger selon un rapport d'enquête, omerta et mépris des autorités - 10/01/2023






Notre collectif a reçu cette semaine - de manière anonyme par peur des représailles - plusieurs courriels avec la copie d'un communiqué affiché la semaine dernière en salle des enseignants dans l'établissement privé d'enseignement catholique de Montrouge (92), au niveau du secondaire. Pour rappel, cet établissement a fait l'objet d'un article du Parisien en Février 2022 et un article Actu 92 en Mai 2022.

Le contenu du communiqué est choquant et inquiétant, tant pour les personnels et que les élèves !

Voici quelques extraits de ce communiqué de 4 pages qui reprend les termes d'un rapport écrit par un cabinet indépendant concernant les conditions de travail dans l'établissement, au niveau de secondaire :

"Ce rapport confirme l'existence de risques psycho sociaux avérés et nombreux."

"Le rapport signale page 41 qu’une proportion non négligeable des participants aux entretiens non déclarés en accident du travail a témoigné d’effets sur la santé de situations de travail et relations sociales dégradées : «  malaises, angoisses, cauchemars, harcèlements, signes d’épuisements professionnels ( pleurs pendant le sommeil, réveils difficiles, peur de perdre la tête, souvent triste, augmentation des consommations de tabac et/ou alcool, s’écrouler de fatigue le soir, impression de ne rien faire en profondeur et mésestime professionnelle de soi, peur de ce qui va tomber dessus." 

"Le rapport fait également état d’une sensation d’humiliation et de trahison, de symptôme anxiodépressif consécutif au syndrome de stress post traumatique. Certains collègues sont en souffrance parce qu’il » leur est impossible de voir une issue à une situation difficile qui dure ». « Afin de permettre à certains de continuer à vivre de leur travail, certains ont besoin d’un suivi psychologique et psychiatrique. »

"La peur au travail de certains salariés est également présente dans l'établissement et le rapport indique page 42 que : "Cette peur se manifeste sur une échelle s'étalant de la timidité à la frayeur et l'angoisse, voire la panique dans le cas le plus extrême."
"Le rapport indique page 48 que : "dans un contexte de changements, de départs volontaires (ou non) et de licenciement pour faute, les menaces de sanction génèrent surtout la peur, la crainte de retombées négatives et l’angoisse. Rappeler que le dialogue est préférable et dans le même temps menacer de sanction est vécu comme une injonction paradoxale, qui du point de vue psychosocial peut générer des effets néfastes pour la santé. »

Il est également écrit : «  Comment les enfants accueillis dans l’établissement peuvent-ils être instruits correctement et s’approprier des règles de vie sociale saines lorsque des professionnels de l’enseignement sont eux-mêmes souffrants, dans la peur, voire absents ? Nous pensons que cette mission est humainement impossible. »

Selon les témoignages reçus, la situation est connue par les différentes instances depuis deux ans, et malgré les nombreuses alertes et courriers depuis plusieurs années, la situation s'est détériorée.

Les personnels et les parents alerteraient depuis 2 ans les différentes instances (Diocèse de Nanterre, , OGEC (et notamment la direction diocésaine), le Secrétariat Général de l'Enseignement Catholique ...). Plusieurs procédures Prud'hommales seraient en cours (on peut d'ailleurs s'interroger sur la prise en charge du coût de ces prud'hommes : les parents indirectement ?). Le Rectorat de l'Académie de Versailles aurait également été alerté depuis 2 ans. 

Durant l'année scolaire 2021-2022, un Collectif de 150 parents aurait également alerté ces mêmes instances, ainsi que l'Evêque, l'APEL et le Maire de Montrouge et son équipe.

La situation alarmante dans laquelle se trouve l'établissement a également fait l'objet de deux articles de Presse au printemps 2022 sur le Parisien et Actu 92

Toujours selon nos sources, les violences psychologiques continuent au sein de l'établissement et le turnover devenu vertigineux continue d'exploser ("plus de 50% depuis 4 ans, le COVID n'explique pas tout "...). 

A la lecture de ce communiqué, nous sommes en droit de nous poser les questions suivantes :

  • Comment un tel turnover en si peu de temps peut-il passer inaperçu ?
  • Comment une situation aussi grave peut-elle perdurer ? 
  • Comment une telle terreur peut régner dans un établissement scolaire depuis longtemps et sans que cela n'inquiète personne ?
  • A qui bénéficie la mise sous silence et l'inaction ?


Est ce que, comme l'église pour les abus sexuels, l'enseignement catholique choisit de fermer les yeux et laisser les victimes continuer à se faire maltraiter? Contrairement à ce que M.Delorme disait dans une interview accordée à La Croix le 06/10/2021, dans l'enseignement catholique, n'y aurait-il pas vraisemblablement une volonté d'étouffer ce qu'il se passe dans cet établissement ?




Commentaires

Anonyme a dit…
Je n'arrive pas à trouver la réponse à ma question: comment après autant d'alertes à différents niveaux, les personnes qui ont connaissance de la situation peuvent -être continuer à nier la gravité de la situation? Peut-être qu'avant cette enquête, ils n'y croyaient pas? A la lecture de ces extraits, on ne peut plus nier la souffrance immense, les effets terribles sur la santé, la détresse de certains... Pourquoi une telle inertie?
Anonyme a dit…
Je suis saisi à la lecture de ces témoignages de constater qu'au 21éme siècle de telles pratiques subsistent. Je ne peux m’empêcher de me poser une question : qui se soucie de l'impact sur les enfants de ces comportements ? ayant été dans une institution catholique j'en mesure l'effet dévastateur sur la construction psychique de l'enfant et de sa vision du modèle social qui lui est proposé ! Qui pourrait se saisir de ces témoignages et leur donner une suite, y mettre fin une fois pour toute, que la société évolue, qu'elle préserve ses professeurs pour préserver ses enfants !
Anonyme a dit…
Je me retrouve totalement dans ce que vous partagez ! J'ai été salarié(e) dans cet établissement privé de Montrouge. Le climat de travail s’est détérioré .Certains collègues ont été détruits. J'ai vu des collègues maigrir, faire des crises d'angoisses, pleurer. Je les ai entendus parler de leurs cauchemars, de leur incapacité de déconnecter en dehors du travail (week-end et vacances) et de la façon dont ils avaient été méprisés ou humiliés. J’ai quitté l’établissement car ma propre santé était de plus en plus affectée. Je suis triste de voir que cela ne s’est pas amélioré et que tant de collègues souffrent encore, dans l’indifférence de tous !
Anonyme a dit…
Les informations qui m'ont été transmises concernant le rapport de l'enquête RPS montrent la présence de nombreuses situations présentant des risques psycho sociaux ainsi que l'existence de nombreux témoignages de manifestation de souffrance psychique au travail. Je n'ai pas observé le signalement de situations conflictuelles (conflits ouverts) impliquant la direction et les personnels enseignants et OGEC comme cela est le cas ici.
A la suite de l'intervention d'un cabinet dit "indépendant" (à dire vrai, on est jamais indépendant, notamment lorsque l'intervention est diligentée par la direction) qu'en est-il alors de la mise en œuvre d'actions planifiées ; d'évaluation et du suivi de ces actions ?
La conclusion du rapport d'intervention vise t-elle alors à transformer le travail et pas seulement comme on l'observe fréquemment à la suite d'actions de diagnostics de cabinets d'audits, la mise en œuvre d'actions favorisant l'adaptation des individus au travail ?
En l'absence de trace écrite d'actions à mener, on peut considérer sans risque que cette intervention du cabinet d'audits se ramène à un "coup" d'épée dans l'eau.

Nicolas Paratore
Psychologue du travail et des organisations
Président de l'association Cognition
Anonyme a dit…
Je souhaite apporter mon témoignage en tant que témoin de nombreux personnels en souffrance depuis plusieurs années dans ce collège/ lycée privé sous contrat à Montrouge. J’ai vu des collègues en pleurs, en surmenage, ne pouvant plus déconnecter ni le soir ni le week end, faisant des cauchemars la nuit, pris d’angoisses, ayant besoin de prendre des médicaments pour certains et d’être aidés à l’extérieur pour tenir. Tout ca dans un établissement catholique…J’ai vu des collègues maltraités parfois sous le regard de parents ou d’élèves. Je sais que plusieurs alertes ont été lancées et que l’inspection du travail a été saisie. La direction ne semble pas se préoccuper de la situation de façon sérieuse. La souffrance dans un établissement catholique n’intéresse personne ? la tutelle ? le diocèse ? Comment peut-on d’un côté afficher des valeurs catholiques fortes et défendre la dignité de l’homme, l’intégrité, la bientraitance et laisser faire à ce point, mettre la poussière sous le tapis et faire comme si la souffrance n’existait pas ? Est- ce la même loi du silence que pour les violences sexuelles ?
Anonyme a dit…
L’Église , ou comme toujours dans son aveuglement ou son refus de se remettre en question, préfère choisir une fois encore , s'en remettant à sa prétendue infaillibilité , le déni de réalité , comme cela a été sa ligne de conduite, ces toutes dernières décennies avec les pervers ecclésiastiques qui ont fait tant de mal et qui seront condamnés, ou , encore la triste affaire des Sœurs de la Congrégation du Bon Pasteur du Mans , qui ont fait subir leur terribles sévices à des adolescentes dont elles avaient la charge de l’éducation et qui exigent réparation aujourd’hui ...
Anonyme a dit…
Institution Jeanne d'Arc de Montrouge : ma fille y était scolarisée depuis des années, j'étais ravi de l'établissement jusqu’à il y a 4 ans. Un vrai climat de peur chez les élèves, enseignants et personnels désormais. Exclusions abusives d'élèves, licenciements, mutations forcées, nombreux départs d'excellents professeurs qui ne supportaient plus la pression, arrêts maladie, absentéisme record. Ce management va à l'encontre même des valeurs affichées de l'école, pour lesquelles j'y avais inscrite ma fille. L'année 2021-2022 fut un vrai cauchemar ! Bien que différentes instances aient été alertées par un Collectif de parents (150 parents), 2 articles dans la Presse (Le Parisien 92, Actu 92) en 2022 : rien n'a bougé ! Aucun soutien de l’APEL du fait du copinage pour protéger leurs enfants ! La Mairie de Montrouge a été alertée plusieurs fois. En vain.
J'ai donc décidé d'enlever ma fille de l'établissement en juin 2022 car elle subissait des pressions injustifiées et des remarques désobligeante sur sa tenue vestimentaire, alors qu'elle était habillée normalement (je suis particulièrement vigilent).
Tant que des personnes malveillantes sont là, le meilleur cadeau que vous pouvez faire à votre enfant est de ne pas l'y inscrire. #Papaencolère
Anonyme a dit…
Comment garder l'espérance face à tant de mépris vis à vis de la souffrance de plusieurs ( nombreux) personnels de l'institution Jeanne d'Arc de Montrouge, avec par ricochet, la souffrance d'enfants, témoins de cette situation ?? La responsabilité est partagée entre les auteurs de ces violences psychologiques et veux qui préfèrent fermer les yeux et qui encouragent indirectement ces abus psychologiques. Sommes-nous à la recherche de la vérité ?
Anonyme a dit…
Je suis choquée lorsque je lis les extraits de ce rapport. Comment de telles choses peuvent se passer dans un établissement catholique? est-ce trop naïf de penser que la bienveillance et le respect de chacun devraient être de mise? à la place, humiliations, trahisons, menaces, climat de peur voire de terreur, les personnes qui font des cauchemars, qui pleurent dans leur sommeil, qui ont des angoisses, qui prennent des médicaments et la liste est longue...aurais-je loupé quelque chose? comment est-ce possible surtout après autant d'alertes venant de différentes personnes? je suis outrée.
Anonyme a dit…
Je me questionne: est ce que les personnes qui ont été alertées et qui ont choisi de mettre le couvercle le font parce qu'elles manquent cruellement de courage ou parce qu'elles ne croient pas du tout à la souffrance dénoncée?? Est ce que ces personnes croient vraiment que les personnes qui n'ont de cesse d'alerter le font juste pour le plaisir de nuire à l'établissement? REACTION!!! SOULEVEZ le couvercle, vous verrez que ce n'est pas si beau que certains aimeraient le faire croire..
Anonyme a dit…
La directive-cadre 89/391/CEE de 1989 soutient qu’il faut « adapter le travail à l’homme » et non le contraire. Dans cette institution, c'est au personnel de s'adapter aux conditions de travail et s'il n'y arrive pas, qu'il s'en aille. Vous comprenez pourquoi la rotation du personnel est si vertigineuse?! pressions, menaces, peur...
Anonyme a dit…
“Le pire péché envers nos semblables, ce n’est pas de les haïr, mais de les traiter avec indifférence; c’est là l’essence de l’inhumanité.“ Ignorer la souffrance de personnels équivaut à les mépriser.
Anonyme a dit…
Il faut savoir que ce chef d’établissement va être déplace dans un autre diocèse pour « apaiser » les choses. Vaste plaisanterie dans ce système complètement pourri et hypocrite
Anonyme a dit…
C'est ça la solution trouvée par l'enseignement catholique pour essayer déteindre l'incendie? Il va falloir trouver une autre stratégie alors parce qu'il a provoqué un nouven incendie!!!
https://www.mesopinions.com/petition/social/venue-mme-mathelon-directrice-institut-montalembert/230031

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