Bressuire : le lycée privé Saint-Joseph condamné pour harcèlement moral

 

Bressuire : le lycée privé Saint-Joseph condamné pour harcèlement moral

 Publié le 13/02/2020 à 06:25 | Mis à jour le 13/02/2020 à 09:42
 
 Bressuire. Quatre employées du lycée Saint-Joseph ont été reconnues victimes de harcèlement moral de la part de leur directeur, entre 2013 et 2017.

Intimidation, propos déplacés, sexistes et dégradants… C’est la liste des griefs de quatre employées administratives à l’encontre de leur ancien directeur du lycée privé Saint-Joseph à Bressuire. Griefs reconnus dans un jugement du conseil de prud’hommes de Thouars, en date du mardi 21 janvier dernier, après une procédure dont les plaidoiries ont eu lieu le mercredi 6 novembre 2019. Le conseil de prud’hommes retenant, notamment, la notion de « risques psycho-sociaux avérés » pour les victimes.

« Prononciation de paroles dégradantes »

Le jugement relate, entre autres, que l’ancien directeur de l’établissement pouvait « passer d’un état calme à un état d’énervement soudain avec prononciation de paroles dégradantes » à l’encontre de ses victimes.
Les faits se sont déroulés entre 2013 et 2017 au sein de l’établissement privé, géré par l’association de l’enseignement catholique de Bressuire (AECB) qui regroupe également une école élémentaire et un collège. En avril 2017, alertée par les représentants du personnel, l’inspection du travail avait diligenté une enquête au sein de l’établissement. Coïncidence ou pas, le directeur visé pour ces faits de harcèlement moral avait présenté sa démission à la veille de la rentrée suivante, en août 2017, à la surprise générale du conseil d’administration et du corps enseignant.

Selon nos informations, il a depuis quitté la région et n’exerce plus dans le monde de l’éducation.
Quatre plaignantes Les quatre plaignantes, respectivement secrétaire, secrétaire pédagogique, responsable des ressources humaines et assistante de direction, défendues par Me Sandrine Gaboriaud-Cailleau, avocate au barreau des Deux-Sèvres, ont réclamé dans un premier temps : 10.000 € au titre du préjudice subi pour harcèlement moral, 5.000 € au titre des dommages et intérêts pour manquement à l’obligation de prévention en matière de harcèlement moral et 1.500 € pour les frais liés à la procédure. L’AECB est défendue par Me Estelle Godard, avocate au barreau d’Angers.

Le jugement du conseil de prud’hommes de Thouars n’a finalement accordé que 2.000 € à chacune des plaignantes au titre du préjudice subi, 2.000 € au titre du manquement de prévention, à seulement deux des quatre plaignantes, et 150 € pour les frais liés à la procédure à trois des quatre plaignantes. Selon nos informations, une secrétaire plaignante dans l’affaire vient tout juste de donner sa démission professionnelle.

Chacune des deux parties a jusqu’au vendredi 21 février pour faire appel de cette décision. Contacté hier, le président du conseil d’administration du lycée, qui n’était pas élu au moment des faits, n’envisageait pas de le faire (1).

(1) Contactée à plusieurs reprises, l’avocate de la partie plaignante n’a pas répondu à nos sollicitations.
 

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