« Sans école depuis deux mois » : en Finistère, pas de lycée général pour cet élève, ses parents montent au créneau
Un élève en situation de handicap scolarisé au collège Saint-Joseph-La Salle de Landivisiau (Finistère) a obtenu son brevet et a fini l’année avec une moyenne générale satisfaisante. Malgré son souhait d’accéder en lycée général, le conseil de classe l’a orienté vers la seconde professionnelle. Ses parents s’y opposent fermement et mobilisent tous les leviers pour changer cette décision, jusqu’au judiciaire. Sans succès. Il est déscolarisé depuis deux mois.
On ne comprend pas. Les parents de Mattéo (1), 15 ans, n’en démordent pas. Pourquoi leur fils, qui a terminé son année avec 11,5 de moyenne et le diplôme national du brevet , se voit refuser l’accès en seconde générale ? Alors, depuis juin 2026, ils multiplient les voies de recours. Sans succès. Ainsi, l’adolescent est déscolarisé depuis la rentrée de septembre 2026 : Il est sans école depuis deux mois.
Il rêve de devenir journaliste
Cette situation se déroule à Landivisiau , dans le Finistère. Mattéo était scolarisé au collège privé catholique sous contrat Saint-Joseph-La Salle. Il est reconnu comme étant en situation de handicap : une dyspraxie (un trouble de la coordination des mouvements) et un TDAH (trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) impliquent un accompagnement et une aide spécifique. Il bénéficie notamment d’un ordinateur personnel.
Or, selon les parents, il n’aurait pas eu accès à son ordinateur lors d’un brevet blanc, un examen qui prépare à l’épreuve officielle. Conséquence : Ce non-respect de ses droits a fait baisser artificiellement ses notes sur ses bulletins, prétendent-ils. Lors du passage du brevet, il a bénéficié d’un ordinateur : le diplôme est validé.
Malgré tout, le conseil de classe décide de lui proposer une orientation vers un lycée professionnel à la rentrée de 2026. Je pensais qu’avec 11,5 de moyenne je pouvais aller en générale, confie-t-il. L’adolescent craint de voir son rêve s’évaporer : devenir journaliste. Le seul moyen est d’aller en générale.
Le brevet, pas un sésame pour le lycée général
Ses parents contestent aussitôt la décision du conseil de classe. La commission d’appel réexamine son dossier, mais rend la même conclusion. Pour le justifier, la direction diocésaine met en avant ses résultats scolaires et attitudes en classe, comme cela arrive à de nombreux élèves, explique Maryline Abéguilé, adjointe au directeur diocésain.
Elle tient à rappeler que le brevet des collèges n’est pas un gage d’accès en seconde générale. Et concernant l’orientation des élèves après la 3 e, ce sont le conseil de classe et les enseignants qui décident depuis une réforme menée par Gabriel Attal quand il était ministre de l’Éducation nationale. Comme la seconde professionnelle a été refusée par la famille, le redoublement a été acté.
« Il a le niveau pour la seconde »
Le père et la mère prennent les services d’une avocate et mènent le dossier devant la justice. Ils estiment notamment que leur fils en situation de handicap aurait été victime de discrimination, ce que conteste la direction diocésaine. Là encore, le tribunal judiciaire de Brest rejette leur demande. Dernière tentative en date : le tribunal administratif de Rennes, devant le juge des référés, qui rejette la requête ce vendredi 30 octobre 2026.
Ainsi, depuis septembre 2026, Mattéo n’est pas scolarisé. La DSDEN (Direction des services départementaux de l’Éducation nationale) l’avait affecté au collège public de Kerzourat. Les parents seraient-ils prêts à accepter le redoublement ? C’est hors de question, il a le niveau pour la seconde !, manifeste le père. L’enfant suit des cours à distance via la plateforme Nomad éducation, sur laquelle il a de très bons résultats.
(1) le prénom a été modifié.

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