Le lycée Jules Froment pointé par Charlie Hebdo

AUBENAS Dans un article du 9 octobre, le journal satirique Charlie Hebdo fait état d’un climat de tensions dans les murs du lycée privé sous contrat. Le diocèse et le rectorat réagissent.

 Carla Fournet  22 octobre 2026 Article La Tribune



Dans la bouche de « Charlie Hebdo », le harcèlement, le racisme et les temps religieux obligatoires sont réunis au lycée privé sous contrat Jules Froment d’Aubenas. Dans un article publié le 9 octobre, le journaliste dépeint, en s’appuyant sur les témoignages de plusieurs personnes d’anciens personnels de l’établissement, un lycée catholique ayant fait l’objet de plusieurs signalements au rectorat depuis 2022, pointant du doigt la gestion managériale du directeur de l’établissement.

Sans réfuter les informations divulguées par le journal satirique, le directeur diocésain de Viviers, François Papin, a accepté de répondre aux questions de La Tribune. Il se dit « bousculé par cet article » et avoue avoir été étonné que l’établissement ait été pointé du doigt seul : « Je me suis dit que pour un journal à diffusion nationale, on serait sur quelque chose de global à l’enseignement catholique. » Le diocèse déplore un « article qui jette totalement le trouble sur le fond et retournant sur la vérité ».

Racisme, harcèlement, travail dissimulé…

L’article du 9 octobre révèle plusieurs faits remontant, pour le plus récent, à la présente rentrée 2025. En août, une membre de l’équipe éducative a été victime de propos racistes, émanant d’un membre du personnel de l’établissement. À ce propos, François Papin confirme avoir été informé par le proviseur de l’établissement de cet incident le jour même et avoir conseillé d’en référer au rectorat. Chose faite, le chef d’établissement a ensuite déposé une main courante pour dénoncer ce délit connu au sein de son établissement. Le rectorat affirme de son côté : « La DSDEN a pris acte avec l’enseignante afin de lui proposer un accompagnement adapté et de lui apporter les informations nécessaires sur les démarches à sa disposition » et précise « Une alerte a également été transmise au niveau national. »

Le délégué syndical de l’établissement indique lui, Charlie avoir été destinataire d’une note s’apparentant à une menace de mort. Celle-ci n’a pas saisi la justice « étant déjà vu reconnaître une “moralité professionnelle impeccable” au service et porté plainte contre le directeur de l’établissement pour harcèlement moral ». À ce sujet, François Papin laisse la justice donner ses conclusions.

« L’établissement a aussi été pointé du doigt par l’inspection du travail lorsque la direction adjointe a continué de travailler alors qu’elle était en arrêt maladie » pointe Charlie Hebdo. Ici, François Papin tempère : « Elle avait parfaitement des dossiers à envoyer. Elle l’a fait de chez elle, naturellement […] On devrait féliciter les personnels là-dessus que c’est formidable de voir un engagement comme ça. »

Par ailleurs, le directeur diocésain reconnaît le manquement de l’établissement sur l’absence de la devise de la République et l’affichage des drapeaux français et européen devant l’établissement : « C’est une erreur, leur affichage est obligatoire. »

La religion catholique trop présente ?

« L’établissement privé sous contrat assume une identité catholique, celui-ci est né de l’Assomption qui respecte la liberté de conscience de ses élèves et de ses agents. Les temps religieux ne peuvent donc pas être rendus obligatoires ni aux lycéens ni au personnel. Pourtant, certains temps de culte ont été révélés par Charlie Hebdo comme cette invitation à la prière après le discours de rentrée du chef d’établissement, la visite de l’archevêque de Viviers rendue obligatoire pour les élèves de terminale, ou encore la dévotion du père durant les calculs ou qui serait en classe pour y sélectionner des élèves afin d’aller prier. »

Le directeur diocésain tient à rectifier cette dernière information : « On a un prêtre qui peine déjà à venir car il n’a pas le temps. Jamais il n’est venu chercher des élèves en classe. » D’autre part, le représentant de l’enseignement catholique souligne le caractère maladroit de la prière dite par le directeur devant un auditoire : « Peut-être que ça aurait été mieux compris si pendant la première demi-heure, par exemple, ceux qui se disent chrétiens s’étaient réunis pour prier et qu’il n’y avait invité ensuite les autres à rejoindre le groupe. »

François Papin rappelle que l’enseignement est réglementé par des obligations et que les temps religieux ne peuvent en aucun cas être rendus obligatoires. La prière en classe a été révélée par Charlie Hebdo comme cette invitation à la prière après le discours de rentrée du chef d’établissement, la visite de l’archevêque de Viviers rendue obligatoire pour les élèves de terminale, ou encore la dévotion du père durant les calculs ou qui serait en classe pour y sélectionner des élèves afin d’aller prier.

Le directeur diocésain tient à rectifier cette dernière information : « On a un prêtre qui peine déjà à venir car il n’a pas le temps. Jamais il n’est venu chercher des élèves en classe. » D’autre part, le représentant de l’enseignement catholique souligne le caractère maladroit de la prière dite par le directeur devant un auditoire : « Peut-être que ça aurait été mieux compris si pendant la première demi-heure, par exemple, ceux qui se disent chrétiens s’étaient réunis pour prier et qu’il n’y avait invité ensuite les autres à rejoindre le groupe. »

François Papin rappelle que l’enseignement catholique est réglementé par des obligations et que les temps religieux ne peuvent en aucun cas être rendus obligatoires. La prière en classe a été révélée par Charlie Hebdo comme cette invitation à la prière après le discours de rentrée du chef d’établissement, la visite de l’archevêque de Viviers rendue obligatoire pour les élèves de terminale, ou encore la dévotion du père durant les calculs ou qui serait en classe pour y sélectionner des élèves afin d’aller prier.

Des contrôles nécessaires

Garants du bon fonctionnement des établissements dont ils ont la responsabilité, le rectorat et le diocèse peuvent être amenés à réaliser des contrôles dans leurs établissements scolaires. Cette visite de l’établissement comme elle est appelée par le rectorat, se déroule tous les trois ans, et a été réalisée l’année dernière, assure le directeur diocésain. À l’issue des conclusions de cette visite de deux jours menées au lycée Jules Froment, François Papin assure n’avoir relevé aucun infraction importante au niveau national pouvant alerter le rectorat. « Je nomme le chef d’établissement, s’il y avait un problème avec sa gestion, je serais en partie responsable. » explique le délégué épiscopal.

Le rectorat confirme multiplier les contrôles des établissements scolaires privés sous contrat. Ceux-ci ont été au nombre de 80 en Drôme-Ardèche de Grenoble pour l’année scolaire 2025-2026, dont 1 à 9 seront contrôlés 2026-2027 assurent les services du rectorat.

François Papin indique avoir sollicité du rectorat pour que le lycée Jules Froment soit contrôlé prochainement par les services de l’Éducation nationale.

Carla Fournet


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