Visite du pape Léon XIV à Paris : la « journée banalisée » dans les écoles catholiques sous contrat fait polémique
Nina Bracciali
Ce rendez-vous « revêt un caractère obligatoire pour les élèves comme pour l’ensemble des enseignants et des personnels, au même titre que toute autre journée scolaire ».
C’est ce qu’affirme le secrétariat général de l’enseignement catholique (Sgec)dans une lettre interne adressée à tous les établissements privés catholiques de France, que Libération a pu consulter.
Dans celle-ci, il est également demandé aux établissements de banaliser une journée entière de cours pour la venue du Pape Léon XIV à Paris, ce vendredi 25 septembre.
Au programme suggéré par l’organisme : découverte du Vatican dès le CP, analyse du discours papal à l’Unesco pour les lycéens, ateliers autour de la paix ou de l’intelligence artificielle, mais aussi temps de prière et chants présentés comme facultatifs.
Fronde des profs et rétropédalage
Sur le terrain, la directive passe mal auprès d’une partie de la communauté éducative.
Interrogés par RMC , plusieurs chefs d’établissements affirment n’avoir rien prévu pour cette journée.
Les syndicats et professeurs rappellent quant à eux que les enseignants du privé sous contrat sont rémunérés par des fonds publics.
« Qu’est-ce qu’on a à faire là-dedans ? […] Nous sommes des établissements sous contrat et l’État ne finance pas le culte », s’insurge Franck Pécot, secrétaire général du Snep-Unsa, auprès de Libération.
Une enseignante confie également au micro de RMC son incompréhension : « On n’a pas uniquement des élèves de confession catholique en cours. »
Face aux polémiques, le Sgec a amorcé un rétropédalage en précisant auprès de RMC qu’il n’y avait « aucune obligation » formelle et qu’il appartenait à chaque chef d’établissement d’en définir l’organisation.
Un précédent local qui fait écho à Nice
Dans les Alpes-Maritimes, cette situation rappelle un épisode récent survenu le 6 mai dernier.
26 établissements privés sous contrat avaient été réunis au Palais Nikaïa, à Nice, sur le temps scolaire, à l’occasion d’un « rassemblement des communautés éducatives ».
La journée, qui associait spectacles d’élèves, prises de parole politiques et messe présidée par l’évêque sous le statut d’une journée pédagogique, avait déjà provoqué les protestations de plusieurs professeurs et syndicats du département.
Alors que le Sgec justifie la mobilisation de ce vendredi en affirmant décaler une « journée des communautés éducatives » habituelle, les syndicats réclament des comptes sur le respect des volumes horaires d’enseignement obligatoires.

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