À l'occasion de la visite de Léon XIV à Paris, les écoles catholiques peuvent-elles supprimer les cours vendredi ?

 


Pour la venue du pape en France du 25 au 28 septembre 2026, l'enseignement catholique a proposé à ses établissements d'organiser une journée de réflexion et de débats avec ses élèves à la place des heures de cours.

Alors que le pape Léon XIV s'apprête à rejoindre la France, du 25 au 28 septembre, l'enseignement catholique invite ses établissements à s'associer à cet événement. « Cette visite constitue un événement exceptionnel par sa portée spirituelle, mais aussi historique, culturelle et internationale », écrit le Secrétariat général de l'enseignement catholique (Sgec) dans une note du 10 septembre envoyée aux directeurs diocésains, à charge pour eux de la diffuser aux chefs d'établissement. Dans ce document, le Sgec relevait le souhait « de nombreux chefs d'établissement, directeurs diocésains, équipes éducatives et représentants de parents » de faire de cet événement « un véritable temps éducatif, en lien avec le caractère propre de nos établissements ».

Pour cette journée du 25 septembre, le Sgec propose plusieurs ressources (dont certaines en partenariat avec Bayard, éditeur de La Croix), et suggère un certain nombre d'activités, thèmes de réflexions et de débats et actions de solidarité à mettre en place à cette occasion. Cette proposition « s'inscrit dans sa mission chrétienne et dans le projet éducatif porté par ses établissements, précise le Sgec dans un communiqué publié mardi 22 septembre. Cette journée permettra de répondre à l'invitation du Saint-Siège à dialoguer sur la façon dont l'éducation construit l'avenir ».

« Chaque établissement est libre de saisir cette initiative »Dans ce communiqué, le Secrétariat général précise que « chaque établissement est libre de se saisir de cette initiative ; s'il l'organise, tous les élèves sont tenus d'y participer et les enseignants d'y apporter leur concours dans le strict respect de la liberté de conscience de chacun ».

« Il n'est pas dans le pouvoir du Sgec (qui n'a pas autorité sur les chefs d'établissement, NDLR) d'imposer une journée banalisée, c'est au choix de l'établissement, explicite Jean-François Canteneur, directeur diocésain de l'enseignement catholique à Paris. En revanche, une journée banalisée, qui est consacrée à autre chose que des cours ordinaires, n'est pas une journée facultative pour les élèves. »

De fait, si aucun texte national ne définit précisément la notion de « journée banalisée », le Code de l'éducation permet aux établissements, dans le cadre de leur projet d'établissement et de leur autonomie pédagogique, d'organiser des activités scolaires se substituant ponctuellement aux cours habituels. Des établissements publics organisent ainsi de temps à autre des cross solidaires, des journées de sensibilisation au handicap, de lutte contre les discriminations, ou d'action pour le développement durable, sans obligation de rattraper les cours et sans que ces activités soient facultatives pour les élèves. Le caractère propre colorant le projet d'établissement des écoles de l'enseignement privé sous contrat peut ainsi justifier la « banalisation » d'une journée de classe autour du voyage du pape.

« Il ne s'agit pas d'imposer une démarche religieuse »« Cette obligation de présence ne s'accompagne d'aucune obligation de conviction : il ne s'agit pas d'imposer une démarche religieuse, mais de permettre à chaque élève de comprendre l'événement, d'en débattre et, s'il le souhaite, d'y prendre part individuellement », précise le Sgec dans sa note du 10 septembre. De fait, la loi Debré de 1959 qui encadre le contrat d'association avec l'État prévoit le strict respect de la liberté de conscience des élèves. Un point souvent scruté lors des contrôles effectués par les rectorats dans les établissements catholiques.

Dans les faits, les établissements scolaires s'associent de manière très disparate à cette invitation du secrétariat général. À Paris, première étape du voyage papal, si certains établissements catholiques n'ont rien organisé, d'autres autorisent leurs élèves à ne pas assister aux cours vendredi après-midi pour pouvoir accueillir Léon XIV lors de sa déambulation dans les rues de la capitale. Avec une nuance précisée par certains collèges : « Les cours n'étant pas supprimés, vos enfants devront rattraper auprès de leurs camarades les cours manqués. »

Une poignée d'établissements parisiens ont carrément décidé de fermer leurs portes vendredi après-midi, notamment lorsqu'ils se situent dans un secteur proche du trajet du pape, leurs équipes éducatives et enseignantes prévoyant d'assister à la déambulation papale et invitant les familles à se joindre à elle. À noter que certaines écoles publiques du secteur seront elles aussi fermées ce vendredi après-midi, sur décision du rectorat, cette fois pour des raisons de difficultés de circulation.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

«On ne sait pas ce que va devenir l’École» : une guerre de succession plonge l’École alsacienne dans la crise

Suspecté d’avoir violé une ancienne élève alors mineure, un professeur mis en examen en Vendée

VOS TÉMOIGNAGES