Violences dans les écoles privées : ils envoient une lettre et un coton-tige à l’enseignement catholique
Ils veulent être entendus. D’anciens élèves du collège
Saint-Pierre du Relecq-Kerhuon et du Kreisker Sainte-Ursule de
Saint-Pol-de-Léon (Finistère), ont adressé une lettre et un cotçon-tige à la direction de l’enseignement catholique, afin de faire entendre
leur revendication, à savoir l’installation de plaques commémoratives.
Nous sommes profondément indignés et en colère par une situation que nous peinons à comprendre. C’est ainsi que débute le communiqué de presse commun rédigé pour les collectifs des anciens élèves du collège Saint-Pierre du Relecq-Kerhuon et du Kreisker Sainte-Ursule de Saint-Pol-de-Léon. Dans ces deux établissements catholiques, de nombreux élèves disent avoir été victimes de violences psychologiques, physiques voire sexuelles. Pour le premier établissement, les faits remontent aux années 1960 à 1980 et pour le second, 1960 jusqu’aux années 2000.
« Reconnaître publiquement l’existence de violences graves »
De nombreux anciens élèves ont été entendus par les forces de l’ordre et des plaintes ont été déposées. Les ex-écoliers ont même été reçus par le diocèse en janvier 2026. Ils ont formulé la demande, au Relecq-Kerhuon comme à Saint-Pol-de-Léon, de voir des plaques commémorant violences dont ils ont été victimes, être apposées au sein des établissements. Mais depuis plusieurs semaines, la situation n’avance pas, alors que cette demande avait reçu un accueil favorable de la part de l’évêque de Quimper, note les anciens élèves. Le blocage, selon les collectifs, viendrait de la direction diocésaine de l’enseignement catholique. Ils pointent : Les difficultés actuelles […] interrogent aussi les mécanismes de silence qui, durant des décennies, ont permis à ces violences de perdurer.
Les collectifs précisent : Il ne s’agit ni de stigmatiser les établissements actuels, ni de raviver les divisions, mais simplement de reconnaître publiquement l’existence de violences graves — parfois criminelles — qui ont marqué durablement des générations d’enfants, soulignent-ils.
Un appel aux élus locaux
Les collectifs ont donc adressé une lettre accompagnée d’un coton-tige à la direction diocésaine, afin d’exprimer, de manière pacifique mais déterminée, leur sentiment de ne pas être suffisamment entendus. Les collectifs concluent : Si l’Église devait renoncer à assumer pleinement ses responsabilités dans ce travail de mémoire, nous appelons les élus locaux à prendre le relais et à soutenir l’installation de plaques mémorielles sur la voie publique, à proximité des établissements concernés.
Du côté de la direction diocésaine de l’enseignement catholique, déjà contactée au début du mois, les arguments restent les mêmes : Nous attendons que l’enquête soit menée à son terme avant d’envisager des actions. C’est entre les mains de la justice. Il y a le temps de cette dernière, et celui de la reconnaissance, pose le directeur diocésain, Christophe Geffard.
Contacté, l’évêché devrait communiquer prochainement.

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