Tensions, manque de communication, autorité excessive... des parents dénoncent le climat de ce collège près de Nantes
À quelques jours de la fin d’année scolaire, des familles dénoncent un
climat très tendu au sein de cet établissement privé, à Bouaye, en
Loire-Atlantique. La direction diocésaine annonce un « accompagnement »
pour la prochaine rentrée.
Chez ces familles, la colère est montée tout au long de l’année. Jusqu’à déborder en cette fin juin. Depuis plusieurs années, de nombreux parents dénoncent un climat de tension particulièrement élevé au sein de l’établissement, résume un père de famille. Difficultés de dialogue avec la direction, procédures disciplinaires jugées excessives, humiliations et intimidations : il faut dire stop à tous ces faits, inadmissibles en 2026.
À Bouaye, le collège privé Saint-Hermeland compte un effectif de 530 élèves en cette fin juin. Ouest-France a pu échanger avec une demi-douzaine de parents, dont les enfants sont scolarisés dans différents niveaux. Tous évoquent des dysfonctionnements, tant du côté de la direction, que de la vie scolaire et de la part de certains enseignants.
Lors d’un voyage scolaire à Paris, lors de la vague de chaleur en mai, une enseignante a demandé à des élèves de porter ses sacs en guise de punition », s’étouffe un père de famille. Ce que je reproche, c’est l’excès d’autorité, dénonce cette maman d’un élève de 6e. Certains enseignants mettent des croix pour des broutilles, or, trois croix, c’est une colle. Mon fils en a une pour avoir écrit un exercice au stylo plutôt qu’au crayon de bois. Il était à fleur de peau quand il partait le matin : je craignais qu’il développe une phobie scolaire.
Un établissement « old school » ?
Globalement, le climat est très autoritaire, acquiesce cette maman de trois enfants, dont le dernier est encore au collège. Sans parler du fait que les élèves ayant des notes un peu moyennes sont très fortement incités à partir en filière technologique. J’ai demandé quatre fois à rencontrer le professeur principal de mon fils, qui bénéficie d’un plan d’accompagnement personnalisé et qui a beaucoup perdu confiance en lui cette année : j’attends toujours une réponse », poursuit une autre maman.
Ces nombreux témoignages sont-ils le signe d’un dysfonctionnement profond dans cet établissement que plusieurs familles décrivent comme old school ? Ou est-ce le reflet d’un changement des attentes des parents, notamment en termes de communication ? Pour la direction diocésaine, cette situation pose la question de la manière dont on associe les parents à la communauté, les attentes des familles ayant évolué en la matière.
Concrètement, l’enseignement catholique indique qu’il mettra en place, dès la rentrée prochaine, un accompagnement plus en proximité de l’établissement. Le ressenti relayé par ces parents est réel, il faut donc le prendre au sérieux, poursuit cette porte-parole de la direction diocésaine. Nous allons travailler sur ce qui a pu faire naître ce malaise.
Du côté de la direction, la principale assure toujours prendre au sérieux les ressentis exprimés par les familles. Sur la question du tri des élèves, elle fournit des chiffres : en 2025, 75 % de nos élèves ont poursuivi en seconde générale et technologique contre 69,5 % au collège public de Bouaye ; 20,3 % rejoignent la voie professionnelle, contre 22,4 % à Bellestre.
Plus globalement, elle évoque un dialogue régulier avec les familles mais indique : si certaines familles estiment ne pas avoir obtenu les réponses attendues, je resterai ouverte à l’analyse de situations précises afin d’améliorer encore nos pratiques.

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