« Puisqu'il ne nous entend pas, envoyons-lui de quoi se nettoyer les oreilles » : les anciens élèves victimes de violences en Finistère lancent une « opération coton-tige »
Le collectif Saint-Pierre, qui regroupe des anciens élèves victimes de violences au lycée privé du Relecq-Kerhuon, lance une campagne pour accélérer la reconnaissance de leur statut de victime.
« Puisqu'il ne nous entend pas, envoyons-lui de quoi se nettoyer les oreilles. » Tel est le mot d'ordre lancé, samedi 20 juin, par le collectif Saint-Pierre à ses 197 adhérents, qui se sont tous déclarés victimes de violences subies au sein du collège Saint-Pierre du Relecq-Kerhuon (29), ainsi qu'à leurs proches. L'idée : submerger le directeur diocésain de l'enseignement catholique (DDEC) du Finistère de courriers accompagnés d'un coton-tige, pour l'inviter à entendre leur demande de reconnaissance de statut de victime. Le collectif du Kreisker et Sainte-Ursule, à Saint-Pol-de-Léon (29), a entrepris la même démarche.
« On demande l'installation d'une plaque commémorative à l'entrée ou au sein des collèges et lycées concernés, pour symboliser la reconnaissance institutionnelle des souffrances vécues par plusieurs générations d'élèves. Ça ne coûte rien, et c'est essentiel pour les victimes », rappelle Frédéric Bénédite, coordinateur du collectif Saint-Pierre. « Mais le directeur de la DDEC s'y refuse, tant que l'enquête du parquet de Brest n'est pas close. C'est incompréhensible, alors que l'évêque de Quimper a déjà fait un pardon aux victimes et donc implicitement reconnu ce statut de victime. »
L'une des lettres expédiées à la DDEC du Finistère, en ce début de semaine. (Photo Le Télégramme/Pierre Chapin)Le diocèse souhaite « une concertation »
Sollicité ce mardi, Christophe Geffard, directeur de la DDEC du Finistère, nous a répondu par un communiqué, cosigné avec l'évêque de Quimper, Mgr Laurent Dognin. « La question, aujourd'hui, n'est pas celle du principe d'un acte mémoriel mais celle de la forme la plus juste qu'il pourrait prendre », écrivent-ils, appelant à une concertation associant « les chefs d'établissement, la DDEC, les victimes et les autres parties concernées ». « Il convient de respecter pleinement le travail de la justice et de ne pas veiller à l'entraver », affirment-ils encore.
Une prudence qui n'est pas du goût du collectif Saint-Pierre. « Parmi les victimes, certains traînent ça derrière elles depuis 70 ans, sont au bout de leur vie. On ne va pas attendre qu'elles soient mortes pour qu'il y ait cette reconnaissance », appuie encore Frédéric Bénédite. Qui prévient : « On ne lâchera pas. On a déjà sollicité l'appui des présidents du Département et de la Région. Et si la DDEC ne bouge pas, on demandera au maire du Relecq-Kerhuon de poser cette plaque devant le collège, sur l'espace public ».
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